Municipales 2020 à Bordeaux : « Gilets jaunes », étudiants… Poutou veut être « la voix de ceux qui payent cher la crise »

POLITIQUE La liste « Bordeaux en luttes » emmenée par Philippe Poutou milite pour les transports gratuits et la réquisition des logements vacants. On y trouve des étudiants, des associatifs et un « gilet jaune » mutilé

Elsa Provenzano

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Philippe Poutou à Bordeaux. Archives.
Philippe Poutou à Bordeaux. Archives. — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Philippe Poutou a lancé ce vendredi la campagne de « Bordeaux en luttes » qui rassemble le collectif citoyen « Bordeaux Debout » lancé par la France Insoumise et le NPA Bordeaux.
  • Se présentant comme la réunion « des forces contestataires révoltées », la liste écarte tout accord avec d’autres formations politiques à l’entre-deux-tours.
  • Le programme, en cours d’élaboration, proposera par exemple la gratuité des transports et la réquisition des logements vacants.
Philippe Poutou, entouré de cinq membres de la liste

Cinq membres de la future liste de gauche « Bordeaux en luttes » étaient ce vendredi matin aux côtés de Philippe Poutou au cinéma Utopia pour lancer la campagne des municipales. Parmi eux, des étudiants, des militants écologistes, féministes et un gilet jaune mutilé pendant une manifestation de décembre 2018. Il s’agit d’Antoine Boudinet, cet étudiant bordelais qui  a eu la main arrachée par une grenade GLI-F4.  

Le leader CGT qui a mené une lutte acharnée pour la survie de l’usine Ford de Blanquefort a été désigné il y a quelques jours à la tête de cette liste née d’un accord entre le collectif citoyen Bordeaux Debout, initié par la France Insoumise, et le  nouveau parti anticapitaliste (NPA) Bordeaux. A ceux qui les accuseraient de morceler le paysage politique à la veille des municipales, Philippe Poutou rétorque que cette liste est au contraire la preuve de leur « capacité à regrouper une partie des forces contestataires révoltées ». Renvoyant l’ensemble des candidats déjà déclarés au même camp libéral, « Bordeaux en luttes », veut porter la voix de « ceux qui payent cher la crise » et sont invisibilisés.

Aucune alliance à l’entre deux-tours

Interrogé sur une alliance possible avec le camp écologiste de Pierre Hurmic au deuxième tour, « Bordeaux en luttes » a balayé cette hypothèse sans ambiguïté. « Il n’y aura pas de négociations avec d’autres listes, précise Hugo. Si on se lance c’est qu’on pense que fondamentalement on peut représenter des personnes, notamment issues des quartiers populaires, qui sinon seraient dans l’abstention ». « On rappelle que Pierre Hurmic a participé à la cogestion, qui se résume à un deal pour des vice-présidences en échange du vote du budget, ajoute Sylvie et qu’il a par exemple voté l’augmentation du ticket de tram alors que nous sommes favorables à une gratuité ».

Ces militants veulent incarner « une vraie opposition » à la droite bordelaise et fustigent un Pierre Hurmic peu critique envers Alain Juppé. « Il a dit que le bilan de Juppé était globalement bon alors que c’est sa politique qui est responsable du fait que les étudiants n’arrivent pas à se loger », pointe Elisa.

Décidée à se distinguer de cette gauche qui a cogéré, la liste promet des solutions radicales, encore en cours d’élaboration, comme la gratuité des transports en commun, la réquisition des logements vacants et la mise en place de régies municipales.