Municipales 2020 à Bordeaux : Quelles sont les propositions des candidats sur la sécurité ?

ELECTIONS « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Bordeaux. Aujourd’hui, la sécurité

Mickaël Bosredon

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Lancement de la police de sécurité du quotidien dans le quartier Bordeaux Maritime, ici à Bacalan, le 28 février 2018.
Lancement de la police de sécurité du quotidien dans le quartier Bordeaux Maritime, ici à Bacalan, le 28 février 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la sécurité.
  • Tous les candidats sont favorables à une augmentation des effectifs de la police municipale.
  • En revanche, la question de la vidéosurveillance, et surtout de l’armement des municipaux, divise fortement.

Loin derrière la mobilité, le logement et l’ environnement, la sécurité ne montera pas sur le podium des thématiques prioritaires des candidats bordelais. Mais, en 2020, c’est un sujet qu’aucun candidat ne pourra s’épargner, alors qu’il était peu présent dans la campagne de 2014.

Après une série de rodéos urbains, aux Bassins à flot mais aussi en plein centre-ville, des trafics de stupéfiants en plein air et des règlements de compte du côté de Saint-Michel, tous les prétendants à la mairie estiment que c’est un sujet de préoccupation. Voici les principales propositions qu’ils émettent.

Renforcer les effectifs de la police municipale

Quel que soit le candidat élu à la mairie en mars prochain, la police municipale verra ses moyens renforcés. Dotée de 120 personnes à l’heure actuelle, elle verra en effet ses effectifs passer à 200 agents si Thomas Cazenave (LREM) ou Pierre Hurmic (EELV) sont élus. Même le maire sortant Nicolas Florian (LR), qui a déjà recruté une vingtaine d’agents supplémentaires, affiche désormais la même ambition.

« Il y a un manque d’effectifs sur le terrain, et je suis favorable à ce que la police municipale se réapproprie l’espace public, et pas seulement en centre-ville » insiste Pierre Hurmic. Thomas Cazenave souhaite de son côté redéployer ces policiers « à la maille de 16 quartiers, et non plus 8 comme c’est le cas actuellement. »

Le candidat RN Bruno Paluteau envisage pour le moment une augmentation des effectifs « de 15 à 20 %. » Pour Pascal Jarty (sans étiquette) il faudrait une quarantaine de personnes supplémentaires, « à minima. » Ce dernier veut parallèlement créer « une ligne Allô Police Proximité qui reliera les personnes directement au PC sécurité de la ville, pour une plus grande réactivité » et « un poste de police municipale dans chaque quartier. »

Une plus grande complémentarité avec la police nationale

La plupart des candidats réclament également « une plus forte coopération » avec la police nationale. Nicolas Florian envisage ainsi des « hôtels de police communs » et éventuellement des « brigades communes. » « Il faut une complémentarité entre les deux polices, pas une confusion, prévient toutefois Pierre Hurmic. Je ne suis pas d’accord pour qu’il y ait un transfert des responsabilités, chacun ses fonctions, et la sécurité des biens et des personnes est bien de la compétence de la police nationale. »

L’armement, une question qui divise

Nicolas Florian est toujours dans l’attente d’une étude sur le sujet de l’armement de la police municipale, et souhaite lancer ce débat en conseil municipal. Début novembre, il s’inquiétait ainsi de laisser ses agents « sans sécurité » dans les quartiers de Saint-Michel et de Grand-Parc « où la situation se dégrade ». « Mais il souhaite véritablement une discussion préalable sur le sujet, et son idée ne serait pas d’armer toute la police municipale, seulement une partie » nuance désormais son équipe de campagne. Le maire sortant songe aussi à un drone, qui pourrait aller là où on ne peut pas installer de caméras de vidéosurveillance, et à une brigade canine.

Sans surprise, le candidat RN souhaite pour sa part « une police municipale bien armée. » Pierre Hurmic est, lui, « totalement hostile à ce que la police municipale soit armée » parce que ce serait « une banalisation des armes létales qui doit rester l’apanage de la police nationale. » « La police municipale est là pour assurer la tranquillité publique, elle n’a pas besoin d’être armée. » Thomas Cazenave ne souhaite pas non plus cet armement, estimant qu’un redéploiement judicieux des effectifs sur le terrain sera plus efficace.

Pascal Jarty prévient pour sa part qu’il ne compte pas se « transformer en shérif de la ville » et préfère s’attaquer « aux racines du mal, avec des actions envers les jeunes et la stimulation de la vie des quartiers. »

Sus aux caméras de vidéosurveillance

Nicolas Florian a déjà annoncé qu’il ferait passer le nombre de caméras de 120 à 150, « et si cela ne suffit pas on en mettra 200 ». Pour Pascal Jarty, il faut avant tout « renouveler ces caméras de vidéosurveillance, pour la plupart vétustes, et les développer dans les quartiers sensibles, Bassins à flot et Saint-Michel notamment. » Bruno Paluteau souhaite aussi un développement de la vidéoprotection, regrettant qu’elle soit « essentiellement concentrée autour de la gare » à l’heure actuelle.

Thomas Cazenave se dit favorable au développement de « la vidéoprotection » mais constate également qu’un « grand nombre de caméras ne fonctionne pas ».

Pierre Hurmic reste, lui, opposé à la vidéosurveillance, estimant qu’elle ne devrait pas être à la charge des villes. « C’est un transfert des compétences de l’Etat vers les municipalités. »