Municipales 2020 à Nantes : Le Rassemblement national veut être « le caillou dans la chaussure du maire »

POLITIQUE Eléonore Revel, 38 ans, va conduire à Nantes la liste du Rassemblement national

Julie Urbach

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Eleonore Revel, tête de liste Rassemblement national à Nantes
Eleonore Revel, tête de liste Rassemblement national à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A deux mois des élections, le Rassemblement national se lance dans la course des municipales à Nantes.
  • Dans une ville traditionnellement ancrée à gauche, sa tête de liste Eleonore Revel espère gagner des élus grâce aux thématiques de la sécurité et de l'immigration.

Il a bien fallu qu’elle s’y colle. Après un faux départ, le Rassemblement national et sa tête de liste Eléonore Revel se lancent bel et bien dans la course des municipales à Nantes. Après qu’ un premier candidat a été recalé par les instances nationales du parti d’extrême-droite, en raison de son manque de notoriété, la référente départementale (pas forcément plus connue des électeurs) s’est finalement décidée à conduire la liste, faute de trouver quelqu’un d’autre.

« Ne pas se présenter aurait été compliqué, indique la candidate de 38 ans, qui fait monter à six le nombre de femmes prétendantes à la mairie. J’ai donc décidé d’y aller, car il y a une vraie alternative à proposer aux Nantais. C’est aussi le sens du défi qui m’a attiré, sur une terre où l’on ne fait pas de très bons scores… »

Il faut dire qu’à part Pierre Peraldi en 1995, aucun élu FN n’a poussé la porte du conseil municipal de Nantes. En 2014, le parti atteignait 8,14 % des voix. Et malgré plusieurs crises en interne, les scores, bien que très en-deça des résultats nationaux, ont ensuite progressé aux législatives puis aux européennes. « Notre objectif est cette fois de dépasser les 10 % et d’obtenir au minimum trois élus, indique cette mère de quatre enfants, collaboratrice du groupe RN au conseil régional. Nous serons le caillou dans la chaussure du futur maire. Nous interpellerons sur les problèmes et serons force de proposition tant que Nantes n’aura pas retrouvé sa douceur de vivre. »

Sécurité et immigration

Jeudi, Marine Le Pen doit faire le déplacement dans la cité des ducs pour soutenir en personne sa candidate. Il est fort à parier que les deux femmes parleront sécurité, thème de prédilection du parti d’extrême-droite et qui n’a jamais été autant d’actualité à Nantes. En plus de doubler les effectifs de la police municipale, la tête de liste propose d’armer les agents, quitte à ce qu’ils dépassent leurs missions initiales. « Ils doivent nous protéger et pas uniquement verbaliser. Il faut également créer une brigade canine pour que la police municipale s’intéresse aussi aux trafics de drogue, de la place du Commerce par exemple. »

L’immigration fera aussi partie des discussions. « Plus de la moitié des agressions à Nantes est liée à l’immigration clandestine, lance cette diplômée en philosophie, sans citer sa source. Johanna Rolland a créé un appel d’air en faisant savoir partout que Nantes était une terre d’accueil, et en finançant des associations. »

Critiques envers ses adversaires

Si Eléonore Revel cherche encore des noms pour constituer sa liste, elle a ce qu’il faut en termes de critiques vis-à-vis de la maire sortante. Cette dernière a déjà prévenu que son premier tour sera réussi si sa liste arrive en tête et si le Rassemblement national fait moins de 10 %. Mais tout le monde en prend pour son grade.

« Le bilan de Johanna Rolland est catastrophique, mais La République en Marche est coresponsable de la situation qui se dégrade, juge-t-elle. Les Républicains sont trop "light" sur le thème de la sécurité, ils n’ont pas pris la mesure du problème. Quant à EELV, ils font leur petite tambouille politique mais on sait qu’ils se réconcilieront avec ceux qu’ils disent aujourd’hui détester. »