Municipales 2020 à Montpellier : « C’est fou ! », s’exclame la favorite Clothilde Ollier, lâchée par EELV

POLITIQUE La candidate s'est exprimée ce lundi soir pour la première fois depuis l'annonce du retrait de son étiquette

Nicolas Bonzom

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Clothilde Ollier.
Clothilde Ollier. — Xavier Malafosse/SIPA
  • EELV a retiré son soutien à Clothilde Ollier, pourtant favorite des sondages des municipales à Montpellier.
  • Ce lundi, la candidate a indiqué qu’elle n’abandonnerait pas, malgré ce revers.
  • Chez EELV, on indique que Clothilde Ollier avait tourné le dos à ses engagements.

A Montpellier, la campagne des municipales aurait (presque) des airs de série Netflix. Tandis que que le maire sortant Philippe Saurel (divers gauche), en rééducation après une opération, cultive le suspense sur son éventuelle candidature, et que Rémi Gaillard a réaffirmé son intention de ne pas lâcher l’affaire, voilà que Clothilde Ollier, la favorite des sondages, s'est vu retirer l'étiquette de son parti, EELV.

Muette depuis samedi, l’ancienne maire de Murles a annoncé ce lundi, en début de soirée, qu’elle n’avait aucune intention d’abandonner, malgré ce revers inattendu.

« Je n’arrive pas à comprendre »

« C’est complètement fou ! », s’est exclamée dans son discours la candidate, dans une brasserie bondée de militants écologistes, d’extrême-gauche, et même de « gilets jaunes », où les journalistes ont eu de la peine à trouver leur place. « Je n’arrive pas à comprendre les raisons obscures de la sanction qui me frappe. Que me reproche-t-on ? D’avoir réuni autour de ma candidature un large rassemblement ? », a grondé Clothilde Ollier, qui a rassemblé autour de sa démarche des écologistes, des militants de la France insoumise, Virginie Rozière, cheffe de file du Parti radical de gauche, et Christian Dupraz, militant EELV de la première heure et conseiller régional.

« Aurait-on osé s’attaquer à moi, de cette manière, si je n’étais pas une femme, mère célibataire et infirmière aux urgences ? Ces méthodes, ces tripatouillages, cette tambouille sont d’un autre âge. Ils discréditent la politique (…) Ils ont peur de notre force et du rassemblement que j’ai construit avec l’ensemble des forces de gauche. »

« Il ne s’agit pas de gagner à tout prix »

« Nous n’avons jamais vu un parti politique retirer le logo à son candidat alors qu’il est en tête des sondages, qu’il est sur le point de gagner la septième ville de France, avec dix points d’avance, sans donner aucune raison, gronde le nouveau directeur de campagne de Clothilde Ollier, Jean-Yves Dormagen, politologue à l’université de Montpellier. Le dossier est totalement vide (…) Nous attendons les raisons de cette suspension. »

Dimanche, Julien Bayou (EELV), membre du bureau national du parti écologiste, avait donné quelques pistes pour justifier l’éviction de la candidate montpelliéraine. « La tête de liste avait tourné le dos à tous les engagements vis-à-vis du collectif, y compris sur des propositions écologistes phares (diesel, place de la voiture en ville, qualité de l’air…), a écrit le conseiller régional d’Ile de France. Il n’y avait quasi plus de candidats écologistes sur la liste. Les demandes n’étaient pas énormes : partager la direction de campagne avec des écologistes, remettre candidats et propositions écologistes en avant. Même cela n’a pas été accepté. (…) C’est aussi un message envoyé aux électeurs et électrices : il ne s’agit pas de gagner des élections à n’importe quel prix. »

Une assemblée générale doit être prochainement organisée pour décider à qui EELV donnera son soutien pour les municipales à Montpellier. « Peu importe, nous allons faire campagne contre les appareils, glisse, un brin dépité, un soutien de Clothilde Ollier. Exactement comme l’avait fait [Philippe] Saurel en 2014. Et il avait gagné. »