Municipales 2020 à Nantes : Promesses de 2014, on fait le bilan des réalisations de Johanna Rolland

POLITIQUE « 20 Minutes » dresse le bilan des réalisations des promesses 2014 les plus emblématiques de Johanna Rolland

Frédéric Brenon et Julie Urbach

— 

La maire de Nantes Johanna Rolland
La maire de Nantes Johanna Rolland — F. Perry/ AFP
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd'hui, le bilan des promesses tenues de Johanna Rolland (PS) à Nantes.
  •  Plus de 90 % des engagements sont aujourd’hui tenus », assure celle qui se présente pour un second mandat. Qu’en est-il vraiment ?

En mars 2014, après l’ère Ayrault, la candidate socialiste Johanna Rolland accédait au fauteuil de maire de Nantes. L’édile, alors âgée de 34 ans, avait formulé devant les électeurs « un projet d’avenir » pour la ville à travers un copieux programme de plus de 200 propositions. « Plus de 90 % des engagements sont aujourd’hui tenus », assure celle qui se présente pour un second mandat. Qu’en est-il vraiment ?

Ce qui a été fait

Il suffit de se promener à Nantes pour constater les changements : passage Pommeraye agrandi, Musée d’arts rouvert et métamorphosé, palais des sports de Beaulieu rénové, busways plus grands, nouvelles lignes de Chronobus… Mais le programme de Johanna Rolland contenait d’autres idées moins visibles, qui ont été bel et bien réalisées : ouverture d’un lieu pour les femmes victimes de violences, création d’un conseil nantais de la nuit…

On a aussi comparé quelques chiffres : l’objectif de la construction de 3.000 logements par an est rempli, tout comme la création de 400 nouvelles places en crèche, aujourd’hui dépassé. S’il est plus difficile à le prouver, on peut dire que le souhait de « faire de Nantes une grande place du numérique » est atteint, tout comme celui de « soutenir l’économie sociale et solidaire ». La question de la desserte du futur CHU est elle aussi sur les rails puisqu’elle constituait l’une des dernières grosses annonces de Johanna Rolland : la création de trois nouvelles lignes de tram d’ici à 2026.

Ce qui a été lancé, mais n’est pas terminé

En parlant de l’hôpital, « l’accompagnement de la construction d’un grand CHU » est en bonne voie même s’il a été reporté de 2023 à 2026 et est source de critiques. Au niveau des transports, plusieurs engagements ont également été lancés sans atteindre les objectifs fixés en 2014 : sur les 5.000 vélos en location longue durée promis, on n’en compte finalement que 2.000.

Idem pour les 3.000 places de parking relais qui devraient être atteintes, mais seulement après la livraison des P + R de Vertou et de la Neustrie, encore en travaux. Pas de nouvelle de l’« étude de la tarification à la minute dans les parkings », même si les tranches ont été abaissées à dix minutes. Sur d’autres thématiques, le compte n’y est pas non plus quant à la « création d’un grand parcours des parcs nantais », la plateforme de e-commerce pour les magasins nantais, ou encore la réalisation de gymnases et salles festives supplémentaires. Un appel à projet a été lancé pour améliorer le parcours de livraison en centre-ville, mais les résultats se font attendre.

Ce qui a été lancé, mais ne fait pas l’unanimité

En six ans, la thématique de la sécurité a pris de l’ampleur dans les préoccupations des Nantais. Malgré l’ouverture de la maison de la tranquillité publique, l’augmentation du nombre de policiers municipaux et le déploiement de la vidéosurveillance, beaucoup estiment que la candidate n’avait tout simplement pas prévu assez de moyens pour lutter contre la délinquance.

Autre thème cher à la maire de Nantes qui n’a pas complètement convaincu, celui du dialogue citoyen. La dizaine de propositions prévues ont été mises en œuvre mais dans un sondage publié l’an dernier, seuls 44 % des Nantais interrogés définissaient la maire de Nantes comme « à l’écoute des préoccupations des habitants ». L’expérience de So Nantes, la monnaie locale, est loin d’être réussie.

Ce qui n’a pas été fait

En comparant case par case le programme et le bilan des réalisations (consultable sur Internet dans un tableau franchement peu lisible) peu de promesses semblent avoir été laissées de côté. La maire de Nantes reconnaît que la mise en place d’un « conseil de la médiation » n’est plus d’actualité, tout comme son « outil de caution solidaire ». Le soutien à l’actionnariat populaire au FCN, engagement de 2014, est encore à lancer.

Surtout, la promesse de « conforter l’accessibilité de la métropole » est encore incertaine : la question de l’aéroport et de son accessibilité peine à avancer après l’abandon du transfert à Notre-Dame-des-Landes. Pas d’améliorations non plus pour liaisons ferroviaires Nantes-Rennes et Nantes-Angers… La question d’un nouveau franchissement de Loire et de la saturation du périphérique reste entière. Finalement, seul le projet de nouvelle gare SNCF, livrée en juin, sera finalement respecté sur ce point.

Ce qui n’était pas prévu

Le bilan du mandat est aussi composé de mesures qui n’étaient pas au programme de 2014. Le plan de construction de nouvelles écoles, l’ouverture du Jardin extraordinaire, ou encore la création de nouveaux marchés en font partie. La mise à l’abri des migrants de Daviais, la mise en place de tarification sociale de l’eau ou le projet de nouveau stade à la Beaujoire, finalement abandonné, n’étaient pas non plus inscrites dans le programme.