Municipales 2020 à Nice : Promesses de 2014, on fait le bilan des réalisations de Christian Estrosi

POLITIQUE 1/7 « 20 Minutes » dresse le bilan des réalisations des promesses 2014 les plus emblématiques de Christian Estrosi, le maire sortant de Nice

Fabien Binacchi

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Le maire sortant lors de son premier meeting de campagne, dimanche
Le maire sortant lors de son premier meeting de campagne, dimanche — F. Dides / Sipa
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, le bilan des promesses tenues par Christian Estrosi en 2014.
  • « Elu sur la base de 102 engagements », le sortant LR, qui repart pour le nouveau scrutin, a assuré en avoir « tenu 89 » et en avoir « réalisé 92 qui n’étaient pas prévus ».
  • La réalisation des lignes 2 et 3 du tramway s’est achevée.
  • Les opposants d’Estrosi raillent la création d’un nouvel impôt métropolitain.

Il s’était représenté en 2014 avec un programme de « 100 actions pour plus de vie ». Six ans plus tard, quel bilan pour le second mandat de Christian Estrosi ? « Elu sur la base de 102 engagements », le sortant LR, qui repart pour le nouveau scrutin, a assuré en avoir « tenu 89 » et en avoir « réalisé 92 qui n’étaient pas prévus ». 20 Minutes vous propose une revue non exhaustive de ce qui a marché et des objectifs qui n’ont pas vraiment été réalisés.

Deux nouvelles lignes de tramway qui changent la ville (avec un peu de retard)

C’est sans aucun doute LA réalisation du deuxième mandat de Christian Estrosi. Lancée dès le précédant, la création des lignes 2 et 3 du tramway a indiscutablement changé la cinquième ville de France, séduisant Niçois et touristes. A noter tout de même : l’opération s’est bouclée avec un budget gonflé et du retard. En 2014, le maire-candidat avait promis de « livrer la ligne de tramway ouest-est dès 2017 » aux côtés de « la ligne 3 pour desservir le quartier de Saint-Isidore et l’Allianz Riviera » et de « la voie de 40 m ». La ligne 2 a finalement été mise en service, par tronçons, entre le 30 juin 2018 et le 14 décembre 2019. La partie du chantier en souterrain et des affaissements en surface, parfois très impressionnants, n’étant certainement pas étrangers à ces délais. La note de ces travaux titanesques, estimée d’abord à 700 millions d’euros, a été réévaluée autour des 945 millions d’euros. En cause : des « prestations supplémentaires », avait justifié la municipalité de Christian Estrosi auprès de 20 Minutes.

Du mieux pour la qualité de l’air

Dans son objectif de « faire de Nice la ville verte de la Méditerranée », Christian Estrosi promettait il y a six ans de « faire baisser de 20 % le taux d’oxyde d’azote, l’ozone et les particules ». Et le contrat est aujourd’hui rempli, selon l’équipe du sortant, qui se base sur une étude d’AtmoSud publiée fin novembre 2019. Elle devait évaluer, entre 2014 et 2019, l’impact de la mise en service de la deuxième ligne de tramway sur la promenade des Anglais (Gambetta), la voie Mathis (Saint-Philippe) et l’avenue de la Californie (vallon Barla). L’analyse confirme que le nouveau tracé, la baisse du nombre de véhicules qui en découle et aussi l’évolution technologique du parc automobile, moins polluant, ont permis d’obtenir des baisses significatives sur l’oxyde d’azote (de -18,6 % à -65,3 %) et les particules fines 2.5 (entre - 16.4 % et - 41.6 %) notamment.

Booster le système de vidéosurveillance de la ville

Sur le plan de la sécurité, Christian Estrosi promettait il y a six ans l’installation de « 500 caméras de vidéoprotection supplémentaires ». Même si l’efficacité du dispositif est toujours sujette à caution sur les bancs de l’opposition, l’objectif est atteint haut la main. Selon des chiffres communiqués par la ville, il y avait 949 caméras en 2014 et elles sont aujourd’hui près de 3.000, dont 690 embarquées à bord des trois lignes de tramway. Le maire sortant a aussi enregistré quelques déconvenues quant à sa volonté de faire appel aux nouvelles technologies et notamment à la reconnaissance faciale pour la sécurité. La Cnil avait notamment réclamé l’arrêt d’une expérimentation de l’appli Reporty, permettant des appels vidéo en direct avec la police.

La fiscalité n’a-t-elle vraiment pas augmenté ?

C’était une des mesures phares de son programme présenté en 2014. Christian Estrosi promettait « 0 % d’augmentation de la fiscalité́ locale pour les six prochaines années ». D’après le sortant, aucun problème, le contrat est réalisé. En ce qui concerne la ville de Nice, il est en effet respecté. Le conseil municipal a même entériné en septembre une nouvelle baisse de la taxe foncière pour 2020 après une première diminution décidée en 2018 pour 2019. Le taux communal sur le foncier bâti, de 23,12 % les années précédentes, est passé à 21 % avant d’arriver à 19 %. Sauf que le maire de Nice, sous sa casquette de président de la métropole, a parallèlement fait passer le taux métropolitain sur le foncier bâti de 0 à 6,4 %. Ce que n’a pas manqué de railler l’opposition.

Le parc des expositions attendra un éventuel troisième mandat

En 2014, Christian Estrosi prévoyait de réaliser un nouveau « parc des expositions (de 65.000 m2) à l’horizon 2018 », sur le site du MIN, le marché d’intérêt national, à l’ouest de la ville. Et, parallèlement de transformer l’actuel palais des expositions, au nord de la promenade du Paillon, en un « Palais des sports ». Pas de chantier en vue. L’entourage de mairie sortant indiquait en fin de semaine à 20 Minutes que ces projets n’étaient « pas abandonnés » et qu’ils étaient « toujours à l’étude ». Une partie reste dans les cartons du candidat Estrosi. Lors de son premier meeting de campagne, organisé dimanche, il a à nouveau promis « un parc d’exposition moderne plus proche de l’aéroport » et qui viendrait remplacer le palais Acropolis. Celui-ci serait démoli et le TNN relocaliser dans l’ancienne église des Franciscains pour pouvoir « prolonger la promenade du Paillon vers le nord ».