Municipales 2020 à Toulouse : L'emploi et la rémunération de haut fonctionnaire de Jean-Luc Moudenc en question

POLEMIQUE Dans un livre sorti jeudi, un journaliste de « L’Obs » étrille les élus qui cumulent leur mandat avec, entre autres, des postes de haut fonctionnaire comme le maire sortant de Toulouse

Béatrice Colin

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Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse.
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse. — Fred. Scheiber / 20 Minutes
  • Vincent Jauvert a sorti jeudi Les Voraces : Les élites et l’argent sous Macron, un livre dans lequel ils dénoncent notamment les cumuls de fonctions et de salaires de certains élus.
  • Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et président de la métropole, est aussi haut fonctionnaire en plus de ses mandats.
  • Le principal intéressé assume son statut de haut fonctionnaire et indique se consacrer « autant qu’il le faut » à son mandat d’élu.

Comment est-il possible de concilier un mandat politique qui prend beaucoup de temps et un poste de haut fonctionnaire ? C’est la question que pose le journaliste Vincent Jauvert dans son dernier livre baptisé Les Voraces, les élites et l'argent sous Macron. Au fil des pages, il dénonce les dérives de certains élus ayant une double casquette et cumulant les rémunérations.

Parmi eux, Pierre Fond, maire de Sartrouville, président de la communauté d’agglomération et vice-président du conseil départemental des Yvelines tout en étant « agent comptable principal » du Cnes, ou encore Jean-François Debat, qui en plus de ses mandats d’élus dans l’Ain est aussi membre du Conseil d’Etat. Le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) est aussi épinglé.

Pas pour ses indemnités de maire et président de la métropole, plafonné à 6.097 euros après prélèvement à la source, comme indiqué sur le site Internet de la mairie. Mais pour sa rémunération en sa qualité de contrôleur général économique et financier, rattaché au ministère de l’Economie et des Finances.

Critiques à gauche

Un poste de haut fontionnaire qu’il occupe depuis 2008 après sa nomination par Nicolas Sarkozy. Qui vient s’ajouter à sa charge de président de l’association France Urbaine. Un emploi qu’il n’a pas occupé durant deux ans, au moment où il était député.

De retour au Capitole en 2014, il a laissé son mandat à l’Assemblée nationale mais a réintégré son poste. Un poste pour lequel il était rémunéré près 99.000 euros en 2011 dans une déclaration qu'il avait faite à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique en 2014.

Depuis sa réélection, en sa qualité d’élu, il bénéficie d’aménagements horaires. « La mission de contrôleur général économique et financier, que j’exerce depuis 2008, est connue de tous. Conformément à la réglementation en vigueur, j’exerce mes fonctions de maire de Toulouse et de président de Toulouse Métropole en parallèle de ma mission professionnelle, grâce à des autorisations d’absence et des crédits d’heures non rémunérés, ce qui ampute d’autant la rémunération que je perçois », indique-t-il aujourd’hui.

Pour le maire sortant, « cela a toujours été parfaitement assumé ». Reste que certains se posent la question de la possibilité d’être à 100 % maire de Toulouse tout en assumant un travail, même à temps partiel, à côté. Interrogé par France 3 Occitanie l’an dernier alors que la question avait été posée en conseil municipal, le principal intéressé avait indiqué pratiquer le télétravail et les horaires décalés, lui permettant ainsi de remplir son « quota d’heures annuels et l’ensemble des missions qui me sont confiés par ma hiérarchie ».

Un cumul que lui reprochent aujourd’hui des candidats aux municipales, notamment de la liste Archipel citoyen​. Ses membres lui demandent « la publication de ses feuilles d’impositions des 6 dernières années ainsi que ses bulletins de salaires ».

A deux mois du scrutin, le maire sortant regrette pour sa part que « certains remettent ce sujet sur la scène médiatique de manière opportuniste » et indique que « quant à l’exercice de mon mandat d’élu, je m’y consacre autant qu’il le faut, conformément à mes engagements pris auprès des Toulousains ».