Municipales 2020 à Paris : Promesses de 2014, on fait le bilan des réalisations d’Anne Hidalgo

POLITIQUE (1/7) « 20 Minutes » dresse le bilan des réalisations des promesses 2014 les plus emblématiques d’Anne Hidalgo, la maire sortante de Paris

Romain Lescurieux

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Anne Hidalgo, le 13 janvier 2020, dans son QG, lors de son lancement de campagne.
Anne Hidalgo, le 13 janvier 2020, dans son QG, lors de son lancement de campagne. — R.LESCURIEUX / 20Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, le bilan des promesses d’Anne Hidalgo de 2014.
  • Logement, mobilité, impôts et grands travaux… 20 Minutes décortique ses propositions de 2014 quand elle était candidate avec le slogan « Oser Paris ».

Anne Hidalgo est officiellement candidate pour un second mandat à Paris. Engagée dans une campagne éclair, la maire sortante compte monopoliser l’attention à gros coups de sorties sur le terrain, quasi quotidiennes, accompagnées de propositions « puissantes », selon son entourage. Si lors de ce scrutin, c’est avec la bannière « Paris en Commun » qu’elle se lance, il y a six ans, c’était avec « Oser Paris ».

Dans son programme de 2014, on y trouvait des promesses de logement, l’arrivée du budget participatif, des solutions de déplacements ou encore des transformations urbaines. 20 Minutes a réépluché les 200 pages de Mon projet pour Paris 2014-2020 pour voir si oui ou non les promesses ont été tenues.

Le logement

Ce qu’elle a promis. Elle l’a longuement affirmé durant sa précédente campagne, le logement est sa « priorité ». Plus précisément « le logement pour tous ». Anne Hidaglo avait promis la création dans le parc privé de 10.000 nouveaux logements par an, dont 7.500 logements sociaux, afin d’atteindre l’objectif de 25 % de logements sociaux en 2025 dans la capitale et 30 % en 2030. Elle s’est également engagée à transformer 200.000 m² de bureaux obsolètes en habitations. « Je veux qu’en 2020, les Parisiens puissent plus facilement se loger selon leurs besoins, entrer dans un logement plus grand quand leur famille s’agrandit, quitter un logement trop grand et trop cher quand les enfants sont partis ».

Ce qui a été fait. Durant sa mandature, 40.000 logements sociaux ont été créés. La part de logements sociaux dans le parc de la capitale est désormais de 23 %. Et l’objectif concernant la transformation de bureaux en habitations a été atteint. Mais sa mandature a été également été marquée par le boom de Airbnb que la ville tente de réguler, le franchissement du cap symbolique du 10.000 euros le m² et un parc locatif saturé. Pour éviter que les prix à la location s’enflamment, Anne Hidalgo a mis en place lors de cette mandature l’encadrement des loyers qu’elle assure aujourd’hui vouloir maintenir.

Mobilité et écologie

Ce qu’elle a promis. « Il faudra faire de Paris le leader de la mobilité électrique. Une partie des Vélib’deviendront électriques, permettant l’extension de son périmètre, Autolib’ s’étendra à toute la métropole, et le parc automobile municipal sera électrique ou hybride », relit-on dans le programme de campagne d’Anne Hidalgo dans la rubrique « développer la mobilité douce et électrique ». Un plan vélo était également dévoilé à l’époque avec pour objectif de doubler le nombre de kilomètres de pistes cyclables (de 700 à 1.400 km). « Enjeu de santé publique majeur », la lutte contre la pollution aux particules fines était un engagement de la campagne d’Anne Hidalgo. « La diminution de 25 % des gaz à effet de serre en 2020 sera atteinte », promettait la candidate tout en s’engageant à « diviser par deux la place du diesel, en transformant les bus, et en réglementant l’accès des autocars et des camions ».

Ce qui a été fait. Six ans après, Autolib' n’est plus et les Vélib' patinent et peinent à résister à l’épreuve de la grève. Qualifié régulièrement de « fiasco », le Vélib' a finalement été doublé par les opérateurs de free-floating et principalement les trottinettes sur lesquelles la ville a dû s’adapter en catastrophe. La moitié du plan vélo tel qu’il était prévu en 2014 a été réalisé. Les véhicules les plus polluants ont bien été bannis de la capitale tout comme les véhicules diesel qui vivent leurs dernières heures. Mais difficile d’évaluer une baisse des gaz à effet de serre.

Les impôts

Ce qu’elle a promis. Anne Hidalgo s’était engagée à ne pas « augmenter les impôts des Parisiens » si elle était élue. « Pour la mandature 2014-2020, je prends exactement le même engagement que celui pris par Bertrand Delanoë en 2001, et que nous avons tenu : il n’y aura pas d’augmentation du taux des impôts durant toute la mandature ».

Ce qui a été fait. Il n’y a eu aucune hausse d’impôt. En revanche, quid de la dette de la ville ? La dette de Paris est passée d’un milliard en 2001, année de l’élection de Bertrand Delanoë, à 5,9 milliards fin 2019 et sans doute 6,14 milliards fin 2020, ce qui fait hurler l’opposition. Si certains rappellent régulièrement cette dette qui a explosé, l’équipe d’Anne Hidalgo préfère parler « d’investissement ». « Cette dette est en réalité de l’investissement et uniquement de l’investissement. En effet, les villes, à la différence de l’Etat ou des ménages, n’ont légalement pas la capacité de s’endetter pour des coûts de fonctionnement. Il s’agit donc d’investir pour que Paris s’enrichisse », note-t-on chez Paris en Commun.

Urbanisme et grand travaux

Ce qu’elle a promis. « A l’image des berges de Seine redonnée aux piétons, l’espace public de demain sera flexible, ouvert et appropriable par tous », assurait-elle sans toutefois détailler précisément la future piétonnisation des berges de Seine rive droite. Elle promettait aussi « un plan d’embellissement de toutes les grandes places parisiennes » et des « actions concrètes » pour que « dès demain, des projets innovants permettent d’effacer cette frontière qu’est le périphérique ». Elle évoquait enfin l’arrivée de « nouveaux quartiers comme Bercy-Charenton ».

Ce qui a été fait. Le 26 septembre 2016, le Conseil de Paris vote la piétonnisation des berges de Seine rive droite, au cœur de la capitale, malgré les critiques de la droite et des élus de banlieue. En fin de mandat, elle livre sept nouvelles places emblématiques. En revanche, le périphérique n’a pas bougé d’un iota et le quartier Bercy-Charenton, toujours en projet, est en proie à une véritable bataille avec les écologistes.

Le budget participatif

Ce qu’elle a promis. « Je développerai la pratique des budgets participatifs. » C’était l’outil phare, révolutionnaire. Le projet était alors présenté comme une « innovation démocratique majeure », un moyen de « donner les clefs du budget aux Parisiens ». En juillet 2014, sur une scène ensoleillée installée sur la place de la République, la nouvelle maire Paris, Anne Hidalgo, lance officiellement le budget participatif de la capitale. Une des premières initiatives de ce type en France. « Face à une crise nationale du politique, la maire a voulu donner la possibilité aux Parisiens de s’impliquer dans la mise en œuvre de projets pour améliorer leur quotidien », expliquait alors Pauline Véron adjointe, adjointe à la maire, chargée de toutes les questions relatives à la démocratie locale,

Ce qui a été fait. Près de 2.000 projets issus du budget participatif ont été réalisés, de toutes les tailles, de tous les genres. Mais cet outil de la démocratie participative était-elle suffisant ? Les Parisiennes et Parisiens qui ont connu Nuit Debout, les « gilets jaunes », les revendications de RIC, peuvent-ils se contenter de 5 % du budget général d’investissement de la ville pour s’exprimer et se faire entendre ? Aujourd’hui le référendum local sur des sujets précis est régulièrement évoqué.