Municipales 2020 à Lyon : Promesses de 2014, on fait le bilan des réalisations de Gérard Collomb

PROGRAMME (1/7) « 20 Minutes » dresse le bilan des réalisations des promesses 2014 les plus emblématiques de Gérard Collomb, le maire sortant de Lyon

Elisa Frisullo

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Gérard Collomb, maire sortant de Lyon.
Gérard Collomb, maire sortant de Lyon. — R. Lafabrègue/AFP
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, le bilan des promesses tenues par Gérard Collomb en 2014.
  • Si plusieurs projets promis par le maire de Lyon il y a six ans ont vu le jour entre Rhône et Saône, certaines réalisations sont restées au stade des promesses.
  • La Cité du cinéma, la nouvelle Maison de la danse et la navette électrique rue Terme font partie des projets abandonnés

 

Dans deux mois, au soir du 22 mars, les Lyonnais connaîtront le nom de leur futur maire. Après trois mandats et dix-neuf ans à la tête de la troisième ville de France, Gérard Collomb cédera sa place. L’élu a en effet décidé de ne pas se représenter à la mairie préférant candidater à la présidence de la métropole de Lyon, à laquelle il avait une nouvelle fois été élu en 2014 à l’issue des municipales.

A l’aube de son départ de la municipalité, 20 Minutes s’est replongé dans les promesses faites à l'époque aux électeurs par Gérard Collomb. Un programme de campagne impliquant Lyon mais également l’agglomération, puisque à l’époque la nouvelle métropole n’avait pas encore été créée. Ce bilan n’est donc pas à porter par Gérard Collomb seul, mais aussi par David Kimelfeld et Georges Képénékian. Le premier, son ancien protégé, lui a succédé à la métropole depuis son départ au ministère de l’Intérieur, et espère bien y être réélu face à Collomb. Le second, qui assuré l’intérim à la tête de l’hôtel de Ville entre juillet 2017 et novembre 2018 jusqu’à son retour de la place Beauvau, présente aussi une candidature dissidente aux municipales.

De lourds investissements pour les écoles

En 2014, Gérard Collomb avait prévu un plan initial d’investissement de 107 millions d’euros sur six ans pour rénover et construire de nouvelles écoles à Lyon, marqué par une forte hausse démographique. Il avait ainsi promis la construction de trois nouveaux établissements dans les 7e, le 8e et le 9e, qui ont été livrés depuis dans des quartiers où les besoins étaient les plus forts. Mais en 2018, le maire a dû revoir son plan à la hausse et engager 25 millions d’euros supplémentaires pour la construction de deux nouveaux groupes scolaires. Le temps qu’une nouvelle école sorte de terre d’ici à 2022, dans le 7e, une école provisoire en préfabriqués a ouvert à la dernière rentrée au sein du parc Blandan. Un second établissement, le groupe scolaire Julien-Duret, doit ouvrir à la rentrée 2020 dans le secteur très dynamique Grand Trou-Moulin à Vent, dans le 8e. Malgré ces constructions, de nouveaux projets devraient voir le jour lors du prochain mandat, les besoins étant toujours marqués dans d’autres quartiers de la ville.

Un bilan culturel en demi-teinte

Comme promis il y a six ans, le mandat de Gérard Collomb a été marqué par l’ouverture de trois bibliothèques de proximité à Gerland, et dans les 3e et 6e arrondissements. Dans les musées, l’engagement de la municipalité a également été notable, avec, notamment, la restructuration des Musées Gadagne et de son département consacré à Guignol et à l’art de la marionnette. La mairie a également mis la main à la poche pour sauver du naufrage les fresques du musée urbain Tony Garnier et à bien sûr porté à bout de bras la Cité de la gastronomie, ouverte depuis peu dans le Grand Hôtel-Dieu.

Mais plusieurs grandes promesses de campagne n’ont pas été tenues. La nouvelle Maison de la danse, imaginée au Confluent, a très vite été abandonnée. Le projet a été remplacé par la création des Ateliers de la danse dans les bâtiments de l’ancien Musée Guimet. Entre laboratoire de créations et lieu de diffusion, ce nouvel espace doit être livré fin 2021. Autre projet culturel phare de Collomb en 2014, la Cité du cinéma, censée venir agrandir l’Institut Lumière. Ce projet dont rêve Thierry Frémaux est resté aux oubliettes pour l’heure. Le patron de l’Institut qui a présenté la Cité du Cinéma en 2018 lors du festival Lumière n’a pas obtenu les financements pour l’heure.

Plus d’activités sportives accessibles mais pas de nouvelle piscine

L’un des enjeux de la municipalité il y a six ans était de développer l’accès aux activités sportives du plus grand nombre. Ces dernières années, des parcours santé ont ainsi vu le jour dans plusieurs parcs et sur les berges du Rhône. Depuis 2015, le festival Re Lyon Nous offre aux Lyonnais l’occasion de s’essayer à différentes activités physiques gratuitement, une fois par an le temps d’une journée. Mais le bilan en la matière de Gérard Collomb, marqué aussi par l’ouverture du Grand Stade à Décines et l’arrivée du Lou Rugby à Gerland, reste terni par une fausse promesse. Le plan piscine et ses 3.000 m2 de bassins supplémentaires, a coulé. Aux dernières nouvelles, GL Events a bien prévu la construction d’une piscine à Gerland dans l’antre du LOU, mais il est fort possible que cet équipement ne bénéficie pas à un large public. Malgré la rénovation du centre nautique Tony-Bertrand, réalisée sous le mandat précédent, l’offre en bassins reste très insuffisante à Lyon au regard de la population.

Du mieux pour les modes doux et les usagers TCL

Dans la ville, où les trajets à vélo augmentent de 10 % chaque année, l’un des objectifs était de développer le réseau de pistes cyclables. Une promesse tenue puisque les 1.000 km de pistes que s’était engagé à aménager Gérard Collomb sur ce mandat, auront été réalisés en 2020. Mais pour les associations et les collectifs de promotion du vélo en ville, beaucoup reste à faire pour mailler l’agglomération, sécuriser les trajets et favoriser l’utilisation du deux-roues. La municipalité a également contribué à renforcer l’offre Vélo’V et les bicyclettes en libre-service électriques devraient débarquer très prochainement à Lyon. En revanche, la promesse d’un Vélo’V pour enfant n’a pas été tenue.

En termes de développement des transports en commun aussi, le bilan pour le maire sortant est bon. Parmi les projets menés par le Sytral en lien avec les collectivités, on peut noter la réalisation d’un double site propre entre Lyon et Villeurbanne pour améliorer la circulation de la ligne de trolleybus C3, le prolongement du T3 jusqu’au grand stade et la création du T6 jusqu’aux hôpitaux Est. Le projet de prolongement du métro B d’Oullins aux Hôpitaux sud, largement porté par Gérard Collomb, est en cours. Quant au métro E, imaginé dès 2014 par les équipes de Collomb, il en est toujours au stade des études pour préciser le tracé. La cinquième ligne de métro ne devrait pas être mise en service avant 2030. Attendu de pied ferme par les usagers TCL, la circulation du métro jusqu’à 2 heures du matin en fin de semaine et le déploiement de la 4G dans les stations et souterrains sont devenus réalité depuis peu. Dans la case des projets non aboutis, à noter l’abandon de la navette électrique rue Terme (1er), censée permettre aux piétons et cyclistes de gagner facilement le plateau de la Croix-Rousse.

Une ville plus verte et embellit, un peu à la dernière minute

Comme il s’y était engagé, Gérard Collomb a inauguré au fil de ce mandat de nouveaux espaces verts. Ainsi, la transformation du parc Blandan s’est poursuivie avec la livraison de quatre hectares d’espaces verts supplémentaires. Le parc du Vallon (9e), du Clos Layat ou encore le parc du Zenith (3e) ont également été créés ou réaménagés. Imaginé dans la continuité des Rives de Saône, le projet des Terrasses de la Presqu’Ile a en revanche pris un important retard. Si bien que ce nouvel espace de balade et de farniente aux abords de la place Saint-Nizier et du parking Saint-Antoine (toujours en construction) ne devrait pas être achevé avant 2022.

Comme promis en 2014, la rénovation des places principales de la ville et des grandes artères (Victor-Hugo) ont été réalisées, avec des prétentions architecturales revues à la baisse et des travaux menés en toute fin de mandat et encore en cours en plusieurs points de la Presqu’Ile. Pour apaiser la ville, la mairie a amorcé avec l’accord du gouvernement, le déclassement de l'A6/A7 même si on est encore loin du boulevard urbain « végétalisé et apaisé » promis par Collomb il y a six ans.

Plus de caméras de vidéosurveillance mais plusieurs quartiers sous tension

La mairie a continué de développer le nombre de caméras de vidéosurveillance sur ce mandat, avec 530 appareils en service et des projets d’installation à Vaise et route de Vienne. La police municipale compte 335 agents. Une trentaine de postes en plus étaient annoncés pour la fin de l’année 2019 après la mobilisation des riverains de plusieurs quartiers de Lyon. En Presqu’Ile et à la Guillotière, où les habitants se sont plaints durant des mois de nuisances et de délinquance nocturnes, la mairie a mis en place la vidéo verbalisation fin 2019 pour sanctionner les conduites dangereuses et les irrespectueuses et le stationnement gênant, la nuit notamment.