Municipales 2020 à Toulouse: La stratégie de Quentin Lamotte pour faire percer le Rassemblement national

POLITIQUE En insistant sur la sécurité et le développement des transports en commun, Quentin Lamotte, le jeune candidat RN aux Municipales, veut se qualifier pour le second tour et rouvrir le Capitole aux thèses de son parti

Hélène Menal

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Quentin Lamotte, 32 ans, est le candidat du RN dans la course au Capitole de Toulouse.
Quentin Lamotte, 32 ans, est le candidat du RN dans la course au Capitole de Toulouse. — Rassemblement national
  • A 32 ans, Quentin Lamotte livre la bataille du Capitole sous les couleurs du Rassemblement national.
  • Il veut embaucher 120 municipaux supplémentaires pour mieux sécuriser les transports en commun et les HLM.
  • Son objectif est de signer le retour du parti dans les murs du Capitole.

« Notre objectif c’est de rentrer au Capitole », pose sans détour Quentin Lamotte, le candidat du Rassemblement national à Toulouse. Autrement dit de réussir là où son parti fait chou blanc depuis plus de deux décennies.

Comme dans la plupart des grandes métropoles, la Ville rose se montre pour l’heure assez réfractaire aux thèses de l’ex-Front national. En 2014, son candidat Serge Laroze a fait 8 %, la fois précédente le FN avait jeté l’éponge faute de colistiers. « Mais si l’on regarde toutes les élections depuis les municipales de 2014, on franchit le seuil [10 %] qui nous permettrait de nous maintenir au second tour », souligne le trentenaire, courtier en crédits immobiliers. En fait Marine Le Pen a fait 9,41 % à la dernière présidentielle et le RN 11,43 % aux Européennes de 2019.

De quoi laisser espérer à Quentin Lamotte de jouer les trouble-fêtes en provoquant une triangulaire, « voire une quadrangulaire ». Celui qui trouve « inutile d’avoir au local de campagne » et préfère s’appuyer sur les nouvelles technologies, assure avoir réuni les 69 noms de sa liste, qui sera dévoilée « fin janvier », sans que ce soit « si compliqué que ça ». Il sera probablement le seul de l’équipe à détenir un mandat puisqu’il est depuis 2015 conseiller régional d’Occitanie.

Un policier municipal pour mille habitants

Sans surprise, le candidat fait de la sécurité quotidienne un axe de campagne. « Le maire sortant a fait des efforts [vidéosurveillance et doublement des effectifs de la police municipale], concède-t-il, mais il n’a obtenu aucun résultat ». Lui veut embaucher 120 policiers municipaux de plus pour qu’il y en ait « un pour mille habitants ». Les nouveaux seraient répartis dans deux brigades, l’une chargée de la sécurité dans les transports en commun, l’autre au pied des HLM. Quentin Lamotte considère en effet que « la sécurité ne doit pas être le rôle des bailleurs sociaux ni de milices privées ». Il veut aussi que les policiers soient plus fréquemment entraînés au tir dans un contexte de terrorisme low cost.

Quentin Lamotte est bien conscient aussi qu’il faut « donner aux Toulousains et métropolitains des alternatives à la voiture ». Il ne s’opposera donc pas à la 3e ligne de métro même s’il aurait infléchi son tracé « davantage vers le centre-ville ». Il veut aussi rallonger la ligne A et B vers Tournefeuille et l’Union. « Un programme à 10 milliards » a récemment ironisé le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (LR).

La touche verte de Quentin Lamotte, ce sera de réactiver l’idée de prolonger le tram du Palais de Justice à Matabiau, pour relier la gare à l’aéroport. Et de recouvrir pour cela les voies SNCF, de Camille-Pujol à Matabiau, « en libérant 3 hectares d’espaces verts ».