Municipales 2020 à Strasbourg : Promesses de 2014, on fait le bilan des réalisations de Roland Ries

POLITIQUE « 20 Minutes » dresse le bilan des promesses 2014 les plus emblématiques de Roland Ries, le maire sortant de Strasbourg

Nils Wilcke

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Roland Ries, maire de Strasbourg, le 16 janvier 2020.
Roland Ries, maire de Strasbourg, le 16 janvier 2020. — G.Varela/20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, le bilan des promesses tenues par Roland Ries en 2014.
  • Roland Ries, qui ne se représente pas, a changé le visage de la capitale alsacienne. Notamment en rapprochant Strasbourg de la ville allemande de Kehl et du Rhin, renforçant ainsi l’un de ses volets européens.
  • Le maire a fait de l’emploi et l’urbanisme sa priorité. La ville affiche la création de 10.000 emplois nets depuis 2015 sur l’agglomération.
  • En revanche, son bilan environnemental est en demi-teinte. Avec la construction de plus de 3.300 logements par an, Strasbourg ne s’est-elle pas « bétonisée » ?

Après deux mandats successifs, l’heure du bilan est venue pour le maire de Strasbourg. Depuis 2008, Roland Ries, qui ne se représente pas, a changé le visage de la capitale alsacienne. Notamment en rapprochant Strasbourg de la ville allemande de Kehl et du Rhin, renforçant ainsi l’un de ses volets européens.

Lors de sa seconde réélection en 2014, son programme avait été jugé flou, lui parlait d’un « prolongement » de sa première mandature. 20 Minutes dresse le bilan des réalisations des promesses les plus emblématiques du maire.

10.000 emplois nets créés

Il avait fait de l'emploi la « priorité » de son mandat. Le maire voulait « soutenir les demandeurs d’emploi, notamment les plus jeunes avec le lancement d’un « pacte première expérience » et en soutenant « le développement et les créations d’entreprises locales ».

Au final, la ville annonce la création de 10.000 emplois nets depuis 2015 sur l’ensemble de l’agglomération, ce qui dépasse les objectifs affichés dans le Plan éco 2030.

Un réseau de tram étendu

Roland Ries voulait mener à terme les projets d’extension du tramway, notamment pour une meilleure desserte de Koenigshoffen, Illkirch, Schiltigheim, la Robertsau et Kehl. Mission accomplie pour cette dernière ligne qui permet de rejoindre en tram la mairie de Kehl en une vingtaine de minutes.

Le maire avait également promis de mettre le paquet sur les « mobilités douces ». Là encore, le pari semble réussi avec la création de zones de rencontres, dont la plus visible est celle du Quai des Bateliers. De nombreux box et cerceaux pour les cyclistes ont également été construits, confortant Strasbourg dans son statut de « capitale du vélo ».

Roland Ries avait affiché sa volonté de transformer l’A35 « en boulevard urbain dans un objectif d’apaisement de la circulation et de réduction de la pollution générée par les automobiles et les poids lourds ». Promesse tenue ? Celle-ci était conditionnée à la mise en place du GCO (grand contournement ouest), projet qui a été retardé par des recours administratifs. Le projet, qui dépend essentiellement de l’Eurométropole, a fait l'objet d'une présentation en fin d'année mais n’a pas encore abouti.

Un bilan environnemental en demi-teinte

Roland Ries voulait montrer l’exemple en matière de lutte contre la pollution, notamment en interdisant tous les véhicules diesel à l’horizon 2025. Le maire avait affiché sa volonté de signer un arrêté municipal en ce sens avant la fin de son mandat en octobre 2019. Ce qui n’a toujours pas été fait au moment où cet article est mis en ligne bien qu’une délibération du conseil municipal a été prise.

Subsiste l’épineux dossier de la circulation automobile de la route du Port du Rhin, accentuant une pollution aux particules fines régulièrement pointées par les organisations de défense de l’environnement. En dépit des aménagements apportés à la voie. Un problème dépendant largement de la requalification de l'A35 et du GCO.

Le candidat voulait « donner toute sa place à la nature en ville », notamment en créant davantage d’espaces verts. Un bilan en demi-teinte, compte tenu des nombreux projets d’urbanisme réalisés, au détriment du végétal ? A l’image de l’aménagement du Quai des Bateliers, jugé trop minéral par beaucoup. Reste la création du nouveau parc du Heyritz inauguré en 2015 avec ses 6.000 arbres.

Des logements à la pelle ?

La proposition du maire, qui consistait à maintenir un rythme de construction de nouveaux logements équivalent à celui de la précédente mandature, a-t-elle été atteinte ? Dans le détail, il proposait de construire 1.500 nouveaux logements par an dans le parc social et 1.500 nouveaux logements dans le parc privé.

Objectif largement atteint avec en moyenne 3.300 logements par an, selon la ville, à l’échelle de l’Eurométropole. Le revers de la médaille ? Une urbanisation dense, très décriées par l’opposition, qui parle de « bétonisation » de la ville.

Démocratie locale

Roland Ries avait promis d’impliquer davantage les Strasbourgeois dans les prises de décisions. Le pacte de démocratie locale a permis de mettre en place les pétitions citoyennes et le budget participatif. Les premières ont connu un succès très relatif avec seulement deux pétitions examinées en conseil municipal. Des pétitionnaires ont par ailleurs critiqué la lourdeur de la procédure.

En revanche, le budget participatif a suscité un certain intérêt. 31 projets ont été retenus à hauteur d’un million d’euros en 2018. Moins d’une poignée de projets a déjà été réalisée à ce jour. Mais la ville a renouvelé l’opération  en doublant son financement pour l’année 2019.

Nouveaux espaces artistiques

Roland Ries avait promis la construction de nouveaux espaces artistiques. Le théâtre du Maillon restera probablement comme la réalisation culturelle majeure de son mandat. Le bâtiment noir, inauguré le 1er octobre 2019 par Emmanuel Macron, fait 6.900 m2 de surface avec deux grandes salles de spectacle.

Au-delà des promesses de campagne, Roland Ries a dû également faire face à l’un de ces évènements graves qui ont marqué l’histoire de Strasbourg. L'attentat du 11 décembre 2018 sur le marché de Noël a marqué un tournant sécuritaire dans la ville. Des mesures de sécurité importantes ont été mises en place, au risque de susciter des critiques.