Municipales 2020 à Lille : Martine Aubry a-t-elle tenu ses promesses de la campagne de 2014 ?

POLITIQUE A l’approche des municipales, « 20 Minutes », dresse le bilan des promesses de campagne les plus emblématiques de Martine Aubry, la maire sortante de Lille

Mikaël Libert

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Martine Aubry présente ses vœux à la presse à Lille.
Martine Aubry présente ses vœux à la presse à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne.
  • Aujourd’hui, le bilan des promesses faites par Martine Aubry en 2014.
  • L’actuelle locataire du beffroi avait mené liste commune avec les écologistes au 2e tour.
  • Une quarantaine de mesures figuraient au programme, dont le projet très controversé autour de Saint-Sauveur.

Promesses tenues ? Lors du second tour de l’élection municipale à Lille en 2014, la maire socialiste sortante, Martine Aubry s’était alliée aux écologistes d’EELV. Ils avaient présenté aux Lillois un programme commun comportant une quarantaine d’actions à entreprendre au cours du mandat. Où en est-on à l’aube de l’échéance de mars 2020 ?

La première promesse non tenue ne figurait pas au programme : Martine Aubry avait assuré qu’elle ne briguerait pas un quatrième mandat. Comme les petites lignes au bas d’un contrat, elle avait néanmoins ajouté la mention « sauf circonstances exceptionnelles ». Du coup, la socialiste rempile au grand dam de ses adversaires. La locataire du beffroi justifie notamment sa décision par le fait qu’il lui faut « tenir la barre » face aux inégalités « qui ne se sont pas arrangées ». Et aussi faute de successeur.

Volet éducation

La socialiste promettait « des actions péri-éducatives innovantes et de qualité, adaptées aux nouveaux rythmes scolaires ». Ce dernier point a généré pas mal de remous au cours du mandat, l’élue militant pour une matinée d’école le samedi contre l’avis de nombreux parents d’élèves. Martine Aubry avait finalement plié, revenant, début 2018, à une semaine de quatre jours. Pour autant, la mairie n’a pas supprimé les activités périscolaires mais a adapté les horaires. On a ainsi pu voir apparaître les « clubs » thématiques mis en place sur la pause du midi.

Martine Aubry avait aussi insisté pour poursuivre le déploiement du bio dans les écoles. En août dernier, la ville estimait à 21 % les produits bio servis dans ses cantines scolaires. Outre le Bio, la moitié des repas servis dans les restaurants scolaires sont végétariens. Une première en France qui avait été saluée par Greenpeace.

Economie

Le programme avançait la création de « 15.000 nouveaux emplois d’ici 2020 », notamment au sein des pôles d’excellence. A Euratechnologies, le nombre de salariés a doublé depuis 2014 pour atteindre plus de 4.000 aujourd’hui. Bien, mais loin des 10.000 emplois annoncés pour 2020 à mi-mandat. Les effectifs d’Eurasanté ont gonflé de près de 400 postes en six ans (3.100 salariés). Martine Aubry misait aussi sur l’arrivée, manquée, de l’Agence européenne du médicament et de ses nombreux fonctionnaires. Le compte est-il bon ?  Selon les données de l’Urssaf, la zone de Lille a gagné 23.660 emplois privés entre 2014 et fin 2019.

Cadre de vie et sécurité

Sujet délicat, la nature en ville. En 2014, le programme prévoyait de « nouveaux espaces publics et espaces verts ». En six ans, la ville a ainsi aménagé 12 hectares d’espaces verts et planté 22.000 arbres et arbustes.

Il était aussi question de « rénovation des pavés du Vieux-Lille et des trottoirs ». Pour les pavés, c’est chose faite, du moins en partie, avec par exemple une place Louise-de-Bettignies toute neuve. Côté trottoirs, ça reste par endroits assez compliqué, surtout pour les personnes en fauteuil. Concernant « la refonte du plan de circulation », ça a été fait dès septembre 2016, engendrant son lot de satisfaits et de déçus.

En termes de sécurité, la candidate souhaitait 25 nouveaux policiers municipaux et trois nouvelles brigades. Dans les faits, les effectifs ont augmenté de 20 %, avec plus de 120 agents, et deux brigades canines.

Logement et grands projets

En six ans, 10.000 logements devaient sortir de terre, dont 30 % a caractère social. En 2017, 6.566 étaient construits ou en cours de construction. Pour le solde, dans son bilan de mi-mandat, Martine Aubry comptait sur 2.300 à 2.500 logements à Saint-Sauveur. Sauf qu’à ce jour, le projet est au point mort en raison de plusieurs actions en justice.

Il avait aussi été question de mettre en place des « loyers plafonnés ». Tout était bien parti et la mesure devait entrer en vigueur en février 2017. Mais plusieurs organisations du secteur de l’immobilier avaient saisi le tribunal administratif de Lille contre ce projet. Elles avaient finalement eu gain de cause et l’encadrement des loyers a été abandonné.

Le programme annonçait aussi la « poursuite des grands projets ». Saint-Sauveur est momentanément sur le carreau. Le réaménagement du parc de la Citadelle aura pris quatre ans mais il est aujourd’hui terminé. Le projet de Fives Cail, lui, est en bonne voie. Le lycée hôtelier est ouvert depuis 2016, le gymnase depuis 2017, la Friche gourmande depuis 2018… La phase 2 du projet doit commencer en 2021.