Municipales 2020 à Bordeaux : « La ville est une terre de mission pour le Rassemblement national », estime Bruno Paluteau

INTERVIEW Bruno Paluteau, tête de liste du Rassemblement national pour les municipales bordelaises, espère recueillir 10 % des suffrages au premier tour, le 15 mars

Propos recueillis par Elsa Provenzano

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Bruno Paluteau est tête de liste pour le RN à Bordeaux.
Bruno Paluteau est tête de liste pour le RN à Bordeaux. — Rassemblement National 33
  • Bruno Paluteau, chirurgien-dentiste bordelais, est tête de liste pour le Rassemblement national à Bordeaux.
  • Il estime que l’insécurité s’est aggravée à Bordeaux et que les automobilistes sont pointés injustement du doigt en ce qui concerne les problèmes de circulation.
  • Il espère franchir la barre des 10 % pour présenter des élus patriotes au second tour.

A 57 ans, Bruno Paluteau, chirurgien-dentiste bordelais, a été désigné pour mener la liste du Rassemblement national à Bordeaux. Déjà conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine et conseiller municipal de Bègles, il est crédité de 7 % des voix selon le dernier sondage Ipsos réalisé pour Sud Ouest/TV7 et France Bleu Gironde. Il répond aux questions de 20 Minutes à deux mois de l’échéance électorale.

Bordeaux, comme beaucoup de grandes villes, n’est pas une ville facile pour le Rassemblement national. Qu’en pensez-vous ?

C’est une terre de mission pour le parti et un devoir électoral pour ma part afin de répondre à l’appel des électeurs qui ont voté pour Marine le Pen en juin 2017 (7,39 %) et pour Jordan Bardella en mai (9,4 %) aux élections européennes.

La liste RN est une liste d’ouverture qui invite à se rassembler autour des patriotes, des souverainistes et des nationaux. Elle est aussi soutenue par la droite populaire menée par Thierry Mariani  et je lance ainsi un appel vibrant aux électeurs de Nicolas Sarkozy et de François Fillon qui sont orphelins puisque Nicolas Florian a quitté Les Républicains (le maire sortant n’a en effet pas encore renouvelé sa cotisation auprès de LR pour 2020).

Estimez-vous qu’il y a une fenêtre d’opportunité cette année, après le départ d’Alain Juppé pour le Conseil constitutionnel ?

Oui il y a une opportunité de faire fructifier notre base électorale qui s’établit à 6 ou 7 %, car la situation s’est dégradée sur la sécurité, la circulation, l’habitat, le cadre de vie et le mouvement des “gilets jaunes” a aussi signalé la souffrance des zones rurales. Il y a par exemple une insécurité nocturne qui n’existait pas auparavant à Bordeaux. Ainsi, des affrontements de bandes rivales ont eu lieu à Saint Michel cet été. Il faut se donner les moyens pour que les Bordelais ne vivent plus dans l’angoisse et l’insécurité or la sécurité, c’est la première liberté.

Quelles sont vos propositions sur cette thématique de la sécurité ?

A Bordeaux, il faut un redéploiement de la vidéoprotection qui est aujourd’hui concentrée autour de la gare. La police municipale doit être bien équipée, bien armée et travailler en synergie avec la police nationale, de jour comme de nuit, pour des interventions rapides. On est aussi favorables à un éclairage intelligent au LED qui se déclenche au passage d’un piéton, d’un cycliste ou d’un automobiliste, dans les rues les plus sombres.

Que proposez-vous pour lutter contre les problèmes de circulation ?

Les automobilistes ne doivent pas être les boucs émissaires des problèmes de circulation en ville. Nous sommes favorables à un plan d’ensemble qui permettrait une démétropolisation de la ville. Il ne s’agit pas de la vider de ses habitants mais de rendre les périphéries rurales attractives d’un point de vue économique, de rétablir les services publics. Une stratégie qui favoriserait une moindre circulation en ville, ce qui baisserait la fiscalité et permettrait de maîtriser les prix du marché immobilier qui flambent.

L’écologie est l’une des préoccupations principales des Bordelais, que proposez-vous en ce domaine ?

Nous souhaitons une meilleure répartition de la population dans les campagnes oubliées de la région Nouvelle-Aquitaine et que les quartiers (rive droite, les chartrons etc.) deviennent des villages basés sur le localisme (une production de richesses consommées sur place) afin de retrouver cette âme traditionnelle française. Cela éviterait les importations lointaines et diminuerait l’usage de la voiture. Cet objectif serait lié à un enjeu national de démétropolisation.

Quel est votre objectif en menant cette liste aux municipales bordelaises ?

Nous espérons franchir la barre des 10 % pour nous maintenir au second tour. Ce serait une première, car on n’avait pas de second tour lorsqu’Alain Juppé était dans la course.