Municipales 2020 à Bordeaux : Promesses de 2014, on fait le bilan du tandem Alain Juppé-Nicolas Florian

POLITIQUE  « 20 Minutes » dresse le bilan des promesses de 2014 les plus emblématiques d'Alain Juppé, et de Nicolas Florian qui lui a succédé en cours de mandat

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé, suivi par son adjoint aux finances Nicolas Florian descend le grand escalier de l'hôtel de ville.
Alain Juppé, suivi par son adjoint aux finances Nicolas Florian descend le grand escalier de l'hôtel de ville. — GEORGES GOBET / AFP
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd'hui, le bilan des promesses tenues – ou pas – par Alain Juppé et Nicolas Florian en 2014.
  • Une des grandes promesses qui n’a pas été réalisée, est l’aménagement des boulevards de Bordeaux.
  • Sur le logement et le stationnement, des efforts ont été faits, mais insuffisants pour totalement atteindre les objectifs fixés.
  • En revanche, l’équipe sortante peut mettre en avant un bilan économique satisfaisant, en termes de créations d’entreprises et d’emplois.

Le bilan, c’est celui d’Alain Juppé et de Nicolas Florian, martèle-t-on dans les rangs du nouveau maire élu depuis un an. Quand bien même ce dernier n’est entré fonction qu’en mars 2019, il tient à assumer les six années passées, d’autant qu’auparavant il était l’adjoint aux finances d’Alain Juppé. 20Minutes dresse un état des lieux de ce qui a été réalisé, ou pas, depuis les promesses de 2014…

L’aménagement des boulevards : un projet qui émerge tout juste des cartons

Alain Juppé avait été très clair au moment de l’annonce de son programme : il souhaitait s’attaquer aux boulevards, et pas de manière anecdotique. « Il va falloir lancer un grand projet, et je ne me contenterai pas d’une simple diminution du nombre de files de circulation, promettait-il en janvier 2014. Il faudra prévoir des circulations pour les vélos, s’attaquer aux trottoirs, installer des parkings relais… Cela va nous occuper toute la mandature ! », promettait-il alors.

Résultat ? Bordeaux Métropole a tout juste lancé une concertation publique le 1er octobre dernier, avec une réunion publique dans la foulée… On est donc bien loin des promesses de campagne. L’avantage, c’est que Nicolas Florian, candidat à sa succession, va ainsi pouvoir reprendre ce sujet à son compte, pour en faire sans doute un des principaux éléments de son programme… Mais, clairement, l’objectif n’a pas été atteint.

Atteindre la part de 20 % de logements sociaux : du progrès, mais

Concernant les logements sociaux, Alain Juppé estimait début 2014 que Bordeaux « pourra atteindre 20 % de logements sociaux en 2020, et 25 % en 2025, grâce à la construction de 35 % de logements sociaux par an, et de 20 % de logements en accession sociale à la propriété, sur 3.000 réalisations annuelles. »

Résultat ? C’est mieux, il faut le reconnaître. Sur les 13.000 nouveaux logements construits sous la mandature (grâce notamment aux nouveaux quartiers Ginko, Bassins à flot et Euratlantique), on recense 5.500 logements sociaux, dont 35 % de logements très sociaux. Mais Bordeaux se situe entre 18 % et 19% de logements sociaux à ce jour, contre 16,6 % en 2014. Elle n’a donc pas atteint le quota de 20 % promis. De surcroît le déséquilibre reste fort entre les quartiers et parallèlement les prix dans le privé se sont envolés ces cinq dernières années. Enfin, à ce rythme, il paraît difficile de pouvoir arriver aux 25 % en 2025… L’objectif n’a donc pas été atteint.

La réforme du stationnement payant en ville : un projet délicat qui n’a pu être mené à son terme

Alain Juppé avait aussi l’ambition de s’attaquer à cette problématique, ô combien sensible. Outre un objectif de constructions de parkings qui a permis de passer de 5.000 places en parking relais à 8.800, il souhaitait surtout réformer la politique du stationnement payant.

Résultat ? La généralisation du stationnement payant à l'intérieur des boulevards, comme il le souhaitait, n'a pas été possible. Que ce soit dans des quartiers comme Grand-Parc ou la Bastide, elle n'est pas encore entrée en vigueur, ou partiellement, et des situations anarchiques se sont créées, comme dans le quartier du Grand-Parc. Alain Juppé a aussi voulu tenter d'étendre le stationnement payant au-delà des boulevards durant la mandature, mais a dû reculer face à la gronde de certains habitants . Début 2019, il annonçait que l’extension du stationnement payant se ferait finalement au cas par cas, après concertation avec les habitants des secteurs concernés.

Parallèlement, plusieurs nouveaux abonnements et tarifs spécifiques, notamment à destination des associations, ont été créés. L’objectif global a donc été partiellement atteint.

Rendre la ville économiquement attractive : la vitalité retrouvée de Bordeaux

Anticipant la mise en place de la LGV, entrée en service en 2017, Alain Juppé avait compris dès 2014 que l’attractivité grandissante de Bordeaux, devait s’accompagner d’installations de nouvelles entreprises.  L'arrivée de Virginie Calmels comme première adjointe, et la création d’un conseil des entrepreneurs, devaient participer à la réussite de ce programme.

Résultat ? Selon des chiffres de l’Urssaf, il a été créé 13.000 emplois nets à Bordeaux entre 2014 et 2019, avec une pointe à 4.000 emplois créés en 2017.Des retombées qui ont concerné toute la métropole , avec notamment 9.100 emplois nets créés en 2016, puis 11.000 en 2017, alors qu’il s’en créait 1.200 en 2014. Et avec, au passage, quelques jolis coups réalisés, comme les arrivées d'Ubisoft et de Betclic. Clairement, l’objectif dans ce domaine a été atteint.

Développer la culture : une offre qui s’est diversifiée

C’était un enjeu « clivant » de la campagne de 2014, a récemment rappelé l’adjoint à la culture Fabien Robert, faisant référence aux traditionnelles critiques de l’opposition sur la supposée « pauvreté » de l’offre culturelle à Bordeaux à l’époque.

Résultat ? Sans même parler des nouveaux grands équipements tels la Cité du vin (financé à 38 % par la ville) ou le Musée Mer Marine (un projet privé), il y a eu la réouverture du muséum d’histoire naturelle, en mars 2019. La salle des fêtes du Grand Parc a aussi été rénovée et rouverte au public. Parallèlement, les bibliothèques ont été rendues gratuites et ouvertes le dimanche, tandis qu’un deuxième dimanche gratuit sera bientôt proposé pour les musées municipaux. L’objectif a donc été atteint.