Municipales 2020 à Bordeaux : Le candidat LREM Thomas Cazenave assure se démarquer avec sa « vision progressiste et centriste »

POLITIQUE Après le retrait de la course aux municipales de Vincent Feltesse, Thomas Cazenave (La République en marche) estime que « l’offre politique » s’est clarifiée en vue des élections de mars prochain

Mickaël Bosredon

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Le candidat LREM à la mairie de Bordeaux, Thomas Cazenave
Le candidat LREM à la mairie de Bordeaux, Thomas Cazenave — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Même si le MoDem s’est engagé avec le maire sortant Nicolas Florian, le candidat LREM Thomas Cazenave est convaincu d’incarner la vision du centre dans cette campagne.
  • Il en veut pour preuve ses positions en matière de logement, de transition écologique ou de sécurité.
  • Thomas Cazenave refuse par ailleurs d’être le candidat des grands projets, estimant notamment que les contraintes budgétaires seront trop fortes dans les prochaines années.

Une vision « différente, progressiste, et du centre. » Ce sera donc le leitmotiv du candidat LREM à Bordeaux, Thomas Cazenave, qui a martelé ce message ce mardi, lors d’une conférence de presse de rentrée. « Le paysage politique local s’est simplifié, notamment avec le retrait de Vincent Feltesse de la course aux municipales, analyse-t-il. Nous avons maintenant trois offres : un projet très à gauche, qui va jusqu’au Parti communiste, porté par Pierre Hurmic, un projet à droite porté par Nicolas Florian, et le projet que nous souhaitons porter, au centre, progressiste. »

Quand bien même le MoDem a fait le choix de partir avec le maire sortant, le candidat LREM veut ainsi persuader que c’est lui qui incarne désormais la vision du centre. « Je me fiche des étiquettes, regardez les propositions », insiste le candidat LREM, qui a continué de dévoiler un peu plus son programme.

« Pas dans le laisser-faire » sur la question du logement

Sur la question du logement, Thomas Cazenave estime se distinguer « en n’étant pas dans le laisser-faire ». « Il faut reprendre en mains cette question, et notre proposition est de mettre à disposition 7.000 logements à prix réduit [environ 2.500 euros du m2 à l’achat, et 30 à 40 % moins cher à la location] dans les six prochaines années, en permettant à la puissance publique de se porter acquéreur du foncier. »

Le candidat En Marche pense aussi être plus original que ses concurrents sur la transition écologique, se situant, dit-il, « entre une vision qui ne semble pas prendre très au sérieux le sujet, et d’un autre côté une vision coercitive, contraignante, tributaire d’une approche de la décroissance. »

Une grande cité de la transition écologique sur la rive droite

Son analyse ? « Il nous faut réconcilier la ville de pierre, avec l’exigence de revégétalisation, et mettre en place un projet qui rime avec économie et incitation. » Il veut ainsi « multiplier par deux les espaces verts, intégrer 75 % d’alimentation d’origine bio et locale dans les restaurations collectives, et organiser une collecte différente de nos déchets pour mieux les valoriser. »

Il veut aussi créer sur la rive droite une « grande cité de la transition écologique, où nous mettrons nos chercheurs, nos créateurs d’entreprises, nos associations pour en faire un axe de développement économique majeur pour notre ville. Après, le vin, l’aéronautique et le tourisme, nous allons faire de Bordeaux la grande ville de la transition écologique. »

Il refuse d’être le candidat de grands projets « qui ne verront pas le jour »

Sur la sécurité, « entre une vision qui considère que la réponse au problème serait une surenchère par l’armement, par les drones et des brigades canines, et une autre qui considère qu’il n’y a pas de sujet, je pense avoir la position la plus progressiste et centrale… » Se positionnant contre l’armement de la police municipale, il pense pouvoir répondre à cette question « en portant ses effectifs à 200 personnes, et surtout en changeant son organisation à la maille de 16 quartiers, et non plus 8 comme c’est le cas actuellement. »

Refusant d’être le candidat de grands projets « qui ne verront pas le jour », Thomas Cazenave se trouve de fait plus contraint sur la question de la mobilité. Certes, il y a bien sa proposition de 200 km de pistes cyclables sécurisées en site propre, mais vous ne trouverez pas dans son programme de nouvelle extension de tram ou un quelconque téléphérique. En raison des contraintes budgétaires à venir, « toutes celles et ceux qui vous promettent des trams et des téléphériques partout ne sont pas sérieux, s’agace le candidat. Et parfois un bon bus en site propre c’est cent fois moins cher [sic] qu’un tramway et plus efficace. »

« Rendre le palais Rohan aux Bordelais »

Par ailleurs, sa proposition de reprendre la gestion de la rocade à l’Etat et d’y intégrer une quatrième voie pour le covoiturage, est en fait un sujet déjà programmé actuellement par la métropole, tout comme le RER girondin (ou métropolitain).

Et puis, il y a quelques propositions plus symboliques, comme celle de « transformer le palais Rohan [l’actuel hôtel de ville] pour le rendre aux Bordelais en en faisant un lieu ouvert à la création, à la culture, aux associations » même s’il y organiserait encore les conseils municipaux. Ou celle d’inscrire un sujet à l’ordre du jour du conseil quand 10 % de Bordelais en expriment le souhait.

Convaincu enfin de pouvoir ringardiser ses concurrents, le jeune candidat LREM répète en boucle que « nous, ne sommes pas là depuis 25 ou 30 ans… » Et assure que lui, saura se limiter « à deux mandats » s'il est élu.