Municipales 2020 à Nîmes : Faute d’accord, la gauche partira en ordre dispersé

ELECTIONS Le PCF, qui a longtemps dirigé la ville, voulait la tête de liste. Comme EELV, le PS va se ranger derrière l'ex-président de WWF France, Daniel Richard

Jérôme Diesnis

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La fontaine Pradier à Nîmes, veille sur les arènes.
La fontaine Pradier à Nîmes, veille sur les arènes. — Franck Lodi / Sipa
  • Le PCF réclamait un « clair enracinement à gauche » porté par leur tête de liste Vincent Bouget. Le PS, Génération(s) et La France insoumise leur ont refusé.
  • Le PS se rallie derrière la candidature de l’ancien président de WWF France, Daniel Richard, déjà soutenu par EELV.
  • Gauche et droite se présenteront en ordre dispersée aux municipales. Une situation dont espère profiter le Rassemblement national, deuxième de la quadrangulaire en 2014.

Le Parti communiste d’un côté, le Parti socialiste de l’autre. Les partis politiques traditionnels de gauche avaient annoncé leur souhait de présenter une liste commune aux élections municipales de Nîmes, en mars. Ils partiront finalement à l’assaut de la mairie en ordre dispersé.

Le point d’achoppement ? La tête de liste. Les communistes qui réclament un « clair enracinement à gauche », estiment que seul leur secrétaire départemental Vincent Bouget « apparaît comme très rassembleur » et peut représenter fidèlement leurs idées, « en responsabilité partagée avec les représentants des autres composantes du mouvement ».

« Ça fait neuf ans que le PS est devant le PCF aux élections »

Une proposition rejetée par le Parti socialiste : « Ça fait neuf ans que le PS est devant le PCF aux élections », rappelle Jérôme Puech, son leader. Les communistes sont aussi devancés par la France insoumise et Génération(s). Ces deux derniers partis n’ont pas participé, dimanche, à l’ultime assemblée organisée par le collectif Nîmes nouvelle page, « pour montrer [leur] désaccord » avec le choix des communistes, explique Karine Voinchet de La France insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon réclame une tête de liste « non adhérente à un parti ».

Sans surprise, lundi soir, les militants socialistes ont appelé à un rapprochement avec Daniel Richard, ancien président de WWF France, le candidat soutenu par EELV. La France insoumise devrait rapidement faire de même.

Gauche divisée, droite fracturée, le RN veut y croire

Le Parti communiste a longtemps dirigé la préfecture du Gard. De 1965 à 1983 avec Emile Jourdan, puis entre 1995 et 2001 par l’intermédiaire d’Alain Clary. Mais les trois dernières élections ont été remportées par Jean-Paul Fournier (LR). Lequel brigue, à 74 ans, un quatrième mandat. Dans ce scrutin, la droite s’avance, elle aussi, divisée : le maire Jean-Paul Fournier doit faire face à son ancien premier adjoint devenu président de l’agglomération, Yvan Lachaud, soutenu par LREM.

Gauche divisée, droite fracturée : un paysage politique morcelé dont espère profiter le Rassemblement national et Yoann Gillet, deuxième de la quadrangulaire remportée en 2014 par Jean-Paul Fournier.