Municipales 2020 à Nîmes : Le duel des anciens alliés Jean-Paul Fournier (LR) et Yvan Lachaud (LREM)

ELECTIONS Parmi les sept candidats déclarés, le maire et le président de l’agglomération, anciens alliés lors des trois précédentes élections, sont aujourd’hui inconciliables

Jérôme Diesnis

— 

A Nîmes, ils devraient être au moins sept candidats dans l'arène.
A Nîmes, ils devraient être au moins sept candidats dans l'arène. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Elu en 2001 après avoir pris la ville aux communistes, Jean-Paul Fournier (LR) se lance en quête d’un quatrième mandat.
  • Son principal adversaire politique est aussi celui qui fut son principal allié : Yvan Lachaud (soutenu par LREM) fut son premier adjoint et depuis 2014 le président de l’agglomération.
  • Régulièrement battue depuis 2001, la gauche devrait partir unie, à l’exception d’EELV qui soutient l’ancien président de WWF, Daniel Richard, qui se lance en politique à 75 ans.

Les histoires d’amour finissent mal en général. Il en va aussi parfois des histoires d’amitié. Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes, et Yvan Lachaud, président de l’agglomération, ont longtemps marché main dans la main vers le même avenir. Partis ensemble à la conquête de Nîmes en 2001 (Lachaud dans les pas de Fournier), les deux hommes s’y sont depuis partagé le pouvoir. A Fournier la mairie, à Lachaud, ex-premier adjoint pendant deux mandats, l’agglomération.

Ils se sont tant aimés... jusqu’à ce que leurs divisions éclatent au grand jour lors d’un conseil municipal en novembre 2017, le maire retirant ses fonctions à celui qui était alors encore son adjoint aux finances. Deux ans plus tard, les deux hommes se retrouvent face à face. Investi par Les Républicains, Jean-Paul Fournier estime « avoir fait trois mandats forts avec beaucoup de réalisations. Mais il me reste encore beaucoup à faire. »

En 2017, les divergences entre les deux hommes éclatent au grand jour

Face à lui, Yvan Lachaud, soutenu par le Modem et surtout LREM. « J’ai la conviction que Nîmes a tout pour être une ville idéale, et que sa taille humaine, sa qualité de vie, seront dans les prochaines années des atouts », note le président de l’agglo. Il a été épinglé pour sa participation à la Manif pour tous en 2013. « Je me suis trompé. De toute évidence, le mariage gay a contribué à plus d’égalité dans la société », reconnaît-il. Lachaud tend la main à David Tebib. Le président de l’Usam, le club de hand local, pensait avoir obtenu l’investiture du parti présidentiel, avant un changement de cap de dernière minute. Il a pour le moment décidé d’y aller sur son nom.

Quatre candidats rêvent de s’immiscer dans ce duel. Yoann Gillet (RN) s’était hissé au second tour en 2014 pour terminer deuxième de la quadrangulaire (24,41 % des voix). Le directeur de cabinet de Julien Sanchez, maire (RN) de Beaucaire, espère surfer sur l’ancrage du parti dans le département. Même si une part de ses électeurs pourrait être captée par Jacques Armando (Debout la France).

Une terre longtemps communiste où la gauche est en souffrance depuis 2001

Sur cette terre longtemps communiste, la gauche se cherche un avenir depuis 2001. « Nous travaillons ensemble à la possibilité de construire un projet commun et une liste de rassemblement de la gauche politique, écologiste et citoyenne », précisent dans un même communiqué différentes sensibilités (Assemblée locale nîmoise, Nîmes nouvelles page, Ensemble !, Génération.s, LFI, PCF, PS).

Une gauche unie, ou presque : EELV a investi Daniel Richard. L’ancien président de WWF et cogérant de la marque provençale Souleiado se lance en politique à 75 ans. Soit un an de plus que Jean-Paul Fournier.