VIDEO. Municipales 2020 à Lille : « Les Lillois ont-ils envie de rechausser de vieilles pantoufles ? », s'interroge Julien Poix (LFI)

POLITIQUE La France Insoumise mise sur le collectif et a décidé de mettre en place un système original de désignation des têtes de liste

Propos recueillis par Gilles Durand

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Julien Poix, une des deux têtes de liste de La France insoumise, lors des municipales 2020 à Lille.
Julien Poix, une des deux têtes de liste de La France insoumise, lors des municipales 2020 à Lille. — Stéphane Burlot
  • Le Collectif «Décidez pour Lille», soutenu par La France Insoumise (LFI) doit désigner ses têtes de liste en janvier pour les municipales à Lille.
  • Un appel à candidatures publiques vient d’être lancé.
  • Les deux chefs de file actuels du mouvement, Julien Poix et Elodie Cloez, sont favoris pour mener la liste.

La campagne est officiellement lancée pour La France Insoumise (LFI). Le Collectif « Décidez pour Lille » doit désigner ses têtes de liste, en janvier, pour les municipales à Lille. Les deux chefs de file actuels du mouvement, Julien Poix et Elodie Cloez, sont, bien entendu, favoris pour mener la liste. Julien Poix, professeur d’Histoire en collège, nous explique les enjeux de ce processus original de désignation.

Comment allez-vous désigner vos têtes de liste ?

Un appel à candidatures publiques vient d’être lancé. Toute personne intéressée qui partage nos valeurs peut proposer sa candidature pour mener la liste « Décidez pour Lille », soutenue par LFI. Simple formalité, il faut s’engager à signer notre charte et à porter les décisions qui seront prises au sein du collectif. Cette méthode est le meilleur moyen pour remobiliser le peuple des abstentionnistes, notamment dans les faubourgs.

Comment vous allez-vous vous y prendre, concrètement ?

Une assemblée va réunir les adhérents, un week-end en janvier. Un petit comité sera tiré au sort au sein de cette assemblée. Ce comité auditionnera tous les candidats et devra décider de la constitution de la liste et de la nomination de la tête de liste. Car la préfecture, légalement, n'enregistre qu'une seule tête de liste. Je serai, bien sûr, candidat.

Il est donc possible que vous ne soyez pas tête de liste…

Dans l’absolu, oui. Le temps est au collectif. On ne veut plus d’homme providentiel avec une posture christique, jouant le rôle de rédempteur. L’incarnation est importante, mais notre destin doit reposer sur un collectif et non sur une seule personne. Ce qui signifie, par ailleurs, que tous les pouvoirs ne seront pas concentrés sur le maire, si nous l’emportons.

Comment comptez-vous diriger la mairie ?

Le maire doit être un coordonnateur et le porte-parole d’un collectif. Nous proposerons d’ailleurs la commission des finances à l’opposition pour éviter la concentration des pouvoirs. Nous allons mettre sur place le principe de révocation des élus, avec un vote de satisfaction, à mi-mandat. Des référendums d’initiatives populaires pourront être mis en place.

Quelle sera la première mesure ?

La cause du logement sera notre cheval de bataille. Lors d’actions que nous avons déjà menées pour l’auto-organisation de certaines tours, on se rend compte combien le logement peut rendre malade. Nous souhaitons créer une brigade d’inspection municipale pour lutter contre l’insalubrité et les logements et bureaux vides. Ce n’est pas normal d’être obligé de vivre à sept dans un studio, comme nous avons pu le voir lors de porte-à-porte.

Dans un sondage, vos électeurs potentiels considèrent, à une grande majorité, le bilan de Martine Aubry comme positif. Qu’est ce que ça vous inspire ?

Les Lillois ont-ils envie de rechausser de vieilles pantoufles ? Martine Aubry fait partie de l’histoire de Lille. On ne veut pas arracher la page, mais la tourner. Nous ne menons pas une campagne de vengeance ou de revanche.