Municipales 2020 à Rennes : « Le pouvoir est un moyen d’agir » et les écologistes veulent s’en emparer

POLITQUE Présente au sein de la majorité de Nathalie Appéré depuis 2014, la liste écologiste ambitionne de remporter l’élection municipale

Camille Allain

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La tête de la liste écologiste Matthieu Theurier, candidat aux élections municipales à Rennes. Ici le 13 décembre 2019 aux côtés de Priscilla Zamord.
La tête de la liste écologiste Matthieu Theurier, candidat aux élections municipales à Rennes. Ici le 13 décembre 2019 aux côtés de Priscilla Zamord. — C. Allain / 20 Minutes
  • La liste « Choisir l’écologie pour Rennes » a présenté les 20 premiers noms de ses candidats aux municipales.
  • Emmené par Matthieu Theurier, le groupe ambitionne de détrôner la maire socialiste de la ville Nathalie Appéré.
  • Aux élections européennes, les écologistes avaient obtenu 23 % des suffrages, juste derrière La République en marche.

Ils ont présenté les vingt premiers noms de leur liste. Combien seront élus en mars ? « Ils le seront tous. Je pense même que nous pourrons avoir 35 élus ». Le candidat écologiste Matthieu Theurier affiche ses ambitions pour les municipales. Présent dans la majorité de la socialiste Nathalie Appéré depuis la fusion de leurs listes respectives en 2014, son groupe politique s’est lancé dans la campagne des municipales 2020. Sûr de sa force, il ambitionne même de rafler le fauteuil de maire. « Notre ambition, c’est de transformer ce territoire. Et le meilleur moyen de le faire, c’est d’avoir un écologiste à la tête de la mairie et de la métropole », assure la tête de liste.

Encouragés par leur score aux élections européennes (24 %), les Verts ont clairement ciblé Rennes comme une ville prenable. Lors de sa venue dans la capitale bretonne fin octobre, le député européen Yannick Jadot l’avait fait savoir. Mais les écologistes peuvent-ils renverser l’inamovible parti socialiste, qui tient les rênes depuis 1977 ? « Le pouvoir nous intéresse uniquement parce qu’il permet d’agir et qu’il y a urgence à se saisir de l’enjeu écologique », assume Matthieu Theurier.

« On voit que toutes les listes reprennent nos propositions »

Sont-ils inquiets de voir Nathalie Appéré marcher sur leurs vertes plates-bandes avec ses propositions de végétaliser le centre-ville, de valoriser l’agriculture urbaine ou d’encourager le recours aux matériaux naturels pour la construction ? « Au contraire ! On voit que toutes les listes reprennent nos propositions. C’est déjà une petite victoire, même si ce n’est pas suffisant », embraye Priscilla Zamord, qui partage la tête de la liste. « On n’a pas de copyright sur nos idées, elles sont toutes en open source et on n’est pas aigris qu’elles soient reprises », assure Laurent Hamon, conseiller municipal sortant et numéro 3 de la liste.

Si les écologistes sont tellement décidés à s’emparer du pouvoir, c’est qu’ils craignent que leurs propositions « ne finissent sous le tapis » en cas d’un éventuel rassemblement de la gauche entre les deux tours. En 2014, leurs 15 % de voix leur avaient permis de négocier la création d’un budget participatif ou l’accroissement de la part du bio dans les cantines. Leur élue à la mobilité Sylviane Rault a également beaucoup fait en faveur du vélo, un thème dont se sont saisis la plupart des candidats déclarés aux municipales. « Nous souhaitons aménager un réseau express cyclable de 100 km d’ici 2024. Et nous, nous nous y tiendrons. Ne comptez pas sur nous pour être dans la surenchère », prévient Matthieu Theurier.

Les anciens élus restent, des novices arrivent

A 90 jours du premier tour de l’élection, la liste écologiste a déjà désigné ses 20 premiers noms. La grande majorité de leurs élus sortants (Benoît Careil, Nadège Noisette, Valérie Faucheux, Gaëlle Rougier, Laurent Hamon et Jean-Marie Goater) figurent en bonne position, aux côtés de novices de la politique. « Nous avons voulu allier l’expérience et la nouveauté. Nous sommes prêts à prendre les rênes, y compris sur les questions de finance ou de sécurité, qui peuvent paraître plus loin de nos préoccupations. Nous serons en capacité de les porter », promet Matthieu Theurier. Verdict attendu courant mars.