Municipales 2020 à Montpellier : Menaces d'implosion sur EELV

ELECTIONS MUNICIPALES A quatre mois des élections municipales, les menaces de scission sont très fortes à Montpellier à EELV où les battus de la primaire évoquent de nombreuses irrégularités

Jérôme Diesnis

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Clothilde Ollier et Jean-Louis Roumégas, lors du vote pour les primaires à EELV, le 12 octobre.
Clothilde Ollier et Jean-Louis Roumégas, lors du vote pour les primaires à EELV, le 12 octobre. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Le 12 octobre, Clothilde Ollier a remporté la primaire EELV avec 41 voix d’avance.
  • Ce résultat est remis en cause par le battu, Jean-Louis Roumégas, qui pointe des irrégularités dans le scrutin.
  • L’ancien député et ses soutiens menacent de mener une liste dissidente si, d’ici quinze jours, le bureau régional d’EELV n’a pas invalidé ces primaires.

C’était le 12 octobre. Jean-Louis Roumégas et Clothilde Ollier posaient tout sourire pendant la primaire citoyenne d’EELV. Cette union n’est plus de mise. Après un mois de silence, les partisans de l’ancien député ont remis en cause l’issue du scrutin qui a vu la maire de Murles s’imposer avec 41 voix d’écart (413 à 372).

Trente-six militants ont rédigé une tribune pour dénoncer des irrégularités. Parmi eux, Stéphane Herb, qui a saisi les instances régionales pour faire invalider le scrutin. « Nous ne sommes pas des mauvais perdants, souligne l’organisateur des marches pour le climat depuis un an et demi. Ces primaires étaient réservées aux personnes souhaitant un rassemblement citoyen pour l’écologie. Elles devaient cocher une case qui le stipulait. Or, on a découvert que de nombreux proches du candidat socialiste Michaël Delafosse [lequel « ne souhaite pas commenter ce sujet interne à EELV »] se sont inscrits et ont fait basculer le vote. Depuis, tous les sympathisants de Jean-Louis Roumégas ont été mis de côté dans les groupes d’animation. La direction régionale est-elle d’accord pour que le PS choisisse le candidat vert ? »

Jean-Louis Roumégas : « Nous allons prendre nos responsabilités »

Jean-Louis Roumégas a annoncé son intention de « ne pas participer à la liste menée par Clothilde Ollier. C’est une trahison massive et concertée du projet présenté aux citoyens ». Il laisse poindre la menace d’une dissidence. « Nous allons prendre nos responsabilités, explique l’ex-adjoint à l’environnement de Georges Frêche. Si les choses ne s’arrangent pas, il n’est pas exclu que nous proposions une liste écologique et citoyenne. Le choix sera fait collectivement d’ici deux semaines environ. »

Attaquée, Clothilde Ollier précise que « cette élection a été faite dans la régularité. Tout a été carré, contrôlé. Jean-Louis Roumégas a validé le corps électoral. Je comprends sa déception. Mais je lui ai offert la deuxième place sur la liste et lui offre toujours, s’il souhaite nous rejoindre. Pour le reste, le vrai sujet, c’est trouver les solutions pour lutter efficacement contre les problèmes liés au dérèglement climatique et à la pollution à Montpellier. »

La dissidence Thierry Teulade

EELV, vent dans le dos à Montpellier après les 19,53 % de Yannick Jadot aux européennes et un sondage BVA/La Tribune/Public Sénat le plaçant au coude à coude avec le maire Philippe Saurel (divers gauche), est menacé d’implosion.

D’autant que Thierry Teulade, militant hors parti, ne reconnaît pas, lui non plus, le résultat des primaires. N’ayant pas pu s’y présenter, il en a organisé de son côté… et en est largement sorti vainqueur. Pour l’heure, son appel au rassemblement écologiste ne trouve aucun écho. « J’en appelle à Yannick Jadot. Nous avons la chance historique de réaliser à Montpellier la même chose qu’à Grenoble. Si les représentants de l’écologie politique sont incapables de comprendre qu’il y a le feu… »