Municipales 2020 à Nantes : Les candidates roulent pour le vélo

PROGRAMMES (1/10) Le thème du vélo prend une place importante dans la campagne des municipales à Nantes

Julie Urbach

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Un cycliste sur l'île de Nantes (illustration)
Un cycliste sur l'île de Nantes (illustration) — S.Salom-Gomis/SIPA
  • Journée sans voiture, réseau sécurisé... Plusieurs candidates ont déjà formulé des propositions plus ou moins précises pour développer la pratique du vélo à Nantes.
  • Un sujet sur lequel il est possible d'«encore progresser» a reconnu la maire en place Johanna Rolland.

EDIT >> A l'occasion du premier tour des élections municipales, nous vous proposons de redécouvrir cet article du 25 février consacré aux propositions des candidats en matière de vélo

Encore confidentielle en 2014, la thématique du vélo est devenue un enjeu important de la campagne des municipales 2020 à Nantes. Les candidats officiellement déclarés ont au moins prononcé une fois ce mot, si ce n’est plus largement abordé la question.

Considérant que le vélo est une « partie fondamentale de la future ville », l’écologiste Julie Laernoes a déjà avancé ses pions. Elle s’engage à ce que chaque Nantais trouve « un réseau cyclable sécurisé à moins de 500 mètres de son domicile », afin de rallier périphérie au centre, en passant par les quartiers. » Autre mesure forte, la mise en place d’« un dimanche par mois sans voiture » si elle accède à la mairie. « La sécurité pour aller à vélo à l’école est une priorité », ajoute-t-elle.

Des promesses qui roulent

La candidate Les Républicains Laurence Garnier a carrément promis « une révolution », en livrant 12 propositions. La cheffe de file de l’opposition veut mettre 90 millions d’euros sur la table sur six ans (soit près du double du budget de l’actuel mandat) pour développer la pratique. « Cela passe par la création d’un réseau sécurisé, large et continu, d’une signalétique claire, ou encore par la création de véloroutes entre les différentes communes de la métropole. »

La candidate, qui souhaite « développer la culture vélo », propose la création de randonnées le dimanche ou encore la formation de tous les écoliers de la ville à un permis vélo. Si elle n’interdira pas la voiture, plusieurs mesures pourraient quand même chiffonner les automobilistes (ville à 30 km/h sauf axes structurants, passage en sens unique de certaines rues, verbalisation des infractions au Code de la route, pour tous les usagers…)

Un usage «à sécuriser»

La candidate de Nantes en commun Margot Medkour veut aller plus loin « pour faire du vélo un des principaux modes de transports pour tous » : elle suggère un accès interdit aux voitures autour des écoles, parcs, et certaines places nantaises. En dehors des axes structurants, elle imagine des « îlots urbains » où cyclistes et piétons auraient la priorité. Elle souhaite également développer la location longue durée de vélos, ainsi qu’améliorer la question du stationnement. Pour « sécuriser l’usage du vélo », elle prône des pistes plus larges et la réduction des zones de conflit entre piétons et cyclistes.

Valérie Oppelt (LREM), elle, a annoncé qu'elle mettrait en place «un plan piéton et vélo ambitieux : 120 millions d’euros à l’échelle de la métropole». Parmi ses mesures «développer des axes structurants, sécurisés et balisés permettant de circuler à vélo».

Johanna Rolland veut « encore progresser sur le sujet »

Si les candidates mettent le paquet sur la question, au-delà de sa dimension écologique, c’est qu’elles l’ont identifié comme l’une des faiblesses du bilan de l’actuelle maire de Nantes (PS) Johanna Rolland. Cette dernière, qui peine à faire évoluer la part modale (de 3 à 12 % d’ici 2030) et a vu la ville disparaître du top 20 des villes cyclables, a reconnu, lors du lancement de sa campagne, qu’il était possible d’« encore progresser sur le sujet ».

Elle souhaite donc « franchir un nouveau cap » avec un plan appelé Rosam, qui prévoit le développement des axes structurants, sécurisés et balisés permettant de circuler à vélo, la création de 7.000 places de stationnement vélo. Celle qui veut «réserver certaines rues aux piétons et aux vélos le dimanche et le mercredi après-midi» s'engage à doubler le budget vélo par habitant (de 13 à 26 €.

Les cyclistes veulent peser dans les débats

Car les citoyens n’ont pas attendu les prétendantes à la mairie pour se mobiliser. Une pétition pour un véritable réseau express vélo (continu, sécurisé et lisible), lancée par Vélopolitain, frôle déjà le millier de signatures. Le Parti pour un Nantes cyclable n'avait pas exclu pas la possibilité de présenter une liste au premier tour, après analyse des programmes. Quant à l’asso Place au vélo, elle a dévoilé son « plan vélo idéal » et a demandé à chaque tête de liste de s’engager sur tout ou partie des propositions.