Municipales 2020 à Toulouse : Comment l'écologiste Antoine Maurice a su émerger au sein d'Archipel citoyen ?

POLITIQUE L’élu d’opposition Antoine Maurice a été désigné pour être le leader de la liste Archipel citoyen. L’écologiste pense que son expérience a joué en sa faveur

Béatrice Colin

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Antoine Maurice, élu d'opposition EELV, a été désigné tête de liste Archipel Citoyen pour les municipales 2020 à Toulouse.
Antoine Maurice, élu d'opposition EELV, a été désigné tête de liste Archipel Citoyen pour les municipales 2020 à Toulouse. — Archipel Citoyen
  • L’écologiste Antoine Maurice a été désigné dimanche chef de file de la liste participative Archipel citoyen.
  • A 38 ans, le militant EELV qui siège déjà dans l’opposition au Capitole, veut mettre son expérience au service du collectif.
  • Il prévient que les propositions d’Archipel ne ressembleront pas à « une liste de courses ».

Dimanche dernier, au terme d’un processus démocratique de plusieurs mois, Antoine Maurice a été désigné pour prendre la tête de la liste Archipel citoyen. A 38 ans, cet élu EELV n’était pourtant pas favori pour faire la course en tête.

Il y a un mois les représentants du parti écologiste, premiers à rallier le mouvement citoyen, avaient pourtant menacé de le quitter si la liste n’était pas incarnée par un écologiste.

Un ultimatum qui avait pu apparaître comme un chantage pour certains. Mais qui n’a pas empêché l’élu d’opposition de devancer Maxime Le Texier, un des fondateurs d’Archipel, Claire Dujardin, ex-candidate LFI aux législatives, François Piquemal, ancien porte-parole de Droit au Logement 31 et Michel Kaluszynski, membre du mouvement « Bien Commun ».

« Je pense avoir rassemblé bien au-delà des seuls écologistes. Mon expérience a joué, elle peut être utile pour gagner, pas juste pour témoigner, pour mettre en place aussi les projets. Mon engagement [a compté] aussi, car nous sommes engagés depuis longtemps dans Archipel », plaide celui qui fut élu de la majorité municipale de Pierre Cohen (PS) en 2008.

Il n’en est donc pas à sa première campagne, « mais je ne suis pas non plus dans le paysage depuis plus de 30 ans comme le maire sortant, Jean-Luc Moudenc [LR], je ne vis pas de la politique, j’ai un travail », tacle celui qui siège depuis 2014 dans l’opposition.

Diversité citoyenne et politique

Désormais entouré de sept porte-paroles issus des diverses sensibilités citoyennes et politiques qui composent la liste, Antoine Maurice sait que le chemin qui mène à mars 2020 ne sera pas un long fleuve tranquille. Après sa désignation, Jean-Christophe Sellin, représentant du Parti de gauche, a annoncé qu’il quittait la liste. « C’est une défection personnelle, la diversité de la liste, c’est ce qui fait sa force », assure l’écologiste.

D’ici 15 jours, chaque colistier devrait savoir quelle place il aura sur la liste. En attendant, les idées se mettent en place pour faire des préconisations qui devront être mises au débat courant décembre.

La mise en place d’outils démocratiques pour consulter les Toulousains sera l’un des enjeux de leur campagne. La poursuite du projet de troisième ligne de métro sera aussi centrale. « Cela fait partie des éléments qui ne sont pas encore tranchés, à savoir s’il faut la faire complètement ou en partie. Nous tiendrons compte de la réalité de l’état d’engagement du projet, nous ouvrirons le débat pour voir comment nous répondons aux enjeux de mobilité et de pollution », assure le candidat.

Pas un programme « liste de courses »

Mais pas question pour autant de dresser « une liste de courses, avec l’impression que plus il y en a, plus c’est crédible, annonce ce dernier. On ne va pas avoir un programme ficelé et figé pour six ans et faire des propositions qui ne seront jamais mises en œuvre, cela augmente la décrédibilisation de la politique ».

S’il ne la nomme pas, Nadia Pellefigue est bien visée par ces reproches. La candidate soutenue par le PS, le PRG et le PCF mène tambour battant sa campagne depuis plusieurs mois. Et comme Pierre Cohen, aujourd’hui à Génération-s, chacun y va régulièrement de son laïus sur la nécessité de faire l’union de la gauche face à Jean-Luc Moudenc.

« Nous incarnons ce rassemblement, j’ai été désigné tête de liste, pas autoproclamé, je crois que nous avons réellement fait la démonstration que nous étions dans le collectif », conclut Antoine Maurice, qui assure qu’il ira « jusqu’au bout ».