Municipales 2020 à Bordeaux : Pistes cyclables, barges, minibus, tunnel... Comment LREM veut mettre fin aux bouchons sur la métropole ?

TRANSPORT Les 22 candidats macronistes ont présenté leurs propositions sur la mobilité

Clément Carpentier

— 

Les 22 candidats LREM sur la métropole bordelaise.
Les 22 candidats LREM sur la métropole bordelaise. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Ils souhaitent atteindre les 200 kilomètres de pistes cyclables d’ici 10 ans.
  • Pas de rocade payante mais une interdiction de celle-ci aux poids lourds aux heures de pointe.
  • Ils veulent développer le réseau de bus, installer des barges sur la Garonne et réfléchissent à l’idée d’un tunnel pour contourner le sud de Bordeaux.

La photo de famille est belle. Tout le monde a le sourire chez les 22 candidats LREM (La République en marche) sur la métropole bordelaise à cinq mois des élections municipales. Pourtant, le sujet du jour ne fait pas vraiment rire les métropolitains depuis quelques années. On parle bien sûr de la mobilité. Ces derniers passent notamment en moyenne 223 heures par an dans les bouchons selon Thomas Cazenave, le candidat macroniste à Bordeaux : « La métropole est complètement congestionnée aujourd’hui, c’est pour ça qu’on propose une politique commune sur ce sujet et pas chacun de son côté. »

Vélo, tramway, bus, bateau, rocade, pont… Ils affirment avoir réfléchi à tout pendant des mois pour répondre à l’explosion démographique depuis trente ans (+24 %). Alors pour faire « gagner du temps » à tout un chacun comme ils le répètent, ils proposent une série de mesures. S’ils apportent leur soutien à certains projets en cours (RER Girondin, tramway jusqu’à Saint-Médard-en-Jalles et Gradignan), ils ont bien sûr leurs propres idées.

  • 200 kilomètres de piste cyclable

C’est peut-être la mesure phare de leur programme. Atteindre les 200 kilomètres d’autoroute à vélo sur la métropole ce qui en ferait la première de France selon le projet LREM. D’ailleurs sur toutes les propositions présentées ce lundi midi, c’est la seule qui est aujourd’hui déjà chiffrée : 200 millions d’euros sur 10 ans.

Une première carte des autoroutes à vélo voulus par LREM.
Une première carte des autoroutes à vélo voulus par LREM. - Capture écran / LREM
  • Interdire la rocade aux poids lourds aux heures de pointe

C’est une idée qui commence à faire son chemin dans le monde politique girondin et les candidats LREM la valident. Celle d’une rocade bordelaise à quatre voies avec deux voies pour les voitures, une pour les camions et une autre pour les transports en commun ou le covoiturage. Mais La République en marche veut aller plus loin pour mettre fin aux bouchons.

Si le mouvement n’est pas pour une rocade payante, il est pour interdire celle-ci aux poids lourds aux heures de pointe. « Il faudra discuter avec l’Etat (propriétaire des lieux) et agrandir les parkings de rétention », prévient tout de même Thomas Cazenave.

  • 100 minibus à disposition avec trajet à la demande

Sur la question des transports en commun, les macronistes ne veulent pas de nouvelles lignes de tramway ou d’autres extensions. Leur objectif numéro 1 est de développer le réseau de bus avec trois propositions : des bus express sans arrêt d’un point très fréquenté à un autre, une centaine de minibus déployés avec des trajets à la demande et enfin deux nouveaux bus à haut niveau de service qui rouleraient de façon circulaire sur la métropole.

Un minibus à Bordeaux (illustration).
Un minibus à Bordeaux (illustration). - Mickael Bosredon / 20 Minutes
  • Des barges sur la Garonne

Pour répondre à l’une des plus importantes problématiques du moment (70 % des habitants de la rive droite travaillent rive gauche), les candidats LREM veulent installer des barges (en plus des Batcub) à plusieurs endroits pour traverser la Garonne à pied ou à vélo. Ils seraient mobiles selon la demande : « C’est une mesure que l’on peut mettre rapidement en place contrairement à la construction de ponts qui peut prendre des années et des années à l’image du pont Simone Veil », explique Sophie Marvaud, candidate à Floirac.

  • Une seule et même application

Le projet n’oublie pas non plus la tarification et le numérique. Sans surprise, il ne prévoit pas la gratuité des transports. En revanche, il annonce une baisse des tarifs notamment pour les familles et les jeunes (- 40 % sur l’abonnement annuel pour les 11-19 ans et les étudiants).

Le chef de file du mouvement annonce aussi la création d’une application, qui regrouperait toutes celles qui existent aujourd’hui (c’est-à-dire une dizaine) pour simplifier la vie de l’utilisateur.

  • Un mystérieux projet de tunnel à l’étude

Comme s’amuse à le dire lui-même le porteur du projet, Alain Turby, maire de Carbon-Blanc, sa proposition fait le « buzz » depuis quelques jours. Vendredi dernier chez nos confrères de Sud Ouest, il a en effet relancé l’idée d'un tunnel de 22.5 kilomètres pour contourner le sud de Bordeaux. Un tunnel entre le pont de la Dordogne et l’entrée des autoroutes A 62 et A 63 pour limiter notamment l’impact des poids lourds. « Il faut poursuivre les études mais pourquoi pas », conclut Thomas Cazenave. Coût estimé de l’opération : 3.5 milliards d’euros.