Municipales à Nice : Le PS choisit son leader, mais la gauche reste divisée

MUNICIPALES Patrick Allemand a été désigné par une primaire pour être candidat PS à Nice. Mais d’autres auraient préféré une union plus large

Mathilde Frénois
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Patrick Allemand
Patrick Allemand — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« C’est maintenant que tout commence. » Patrick Allemand a écrit ces mots sur Twitter après sa désignation vendredi pour être le candidat du Parti socialiste (PS) pour l’élection municipale à Nice. Il doit en effet plancher sur le programme, les tractages, les meetings. Et surtout, il ne lui reste que quatre mois pour tenter de rassembler autour de lui une gauche niçoise divisée.

« Qu’est-ce qui m’attend ? Tout, affirme Patrick Allemand, élu niçois qui se représente pour la troisième fois dans la capitale azuréenne. On a pris beaucoup de retard avec les péripéties. Maintenant, je vais travailler à élargir la composition des forces de cette liste. » Par « péripéties », le conseiller municipal entend les velléités de certains de présenter un candidat nouveau. Il entend aussi les échecs de rassemblement, d’autres partis souhaitant faire la course seuls : une liste 100 % écologistes d’un côté, la France insoumise (LFI), le Parti communiste (PCF) et des associations de l’autre. A Nice, la gauche sera présente dans au moins trois listes.

« Tout part à vau-l’eau »

« Tout est parti en live. Ça ressemble à un suicide organisé de la gauche, raille la conseillère municipale du Parti radical de gauche (PRG) Dominique Boy-Mottard. On a l’impression d’être sur des logiques de gens qui veulent leur petit pré carré. Au final, on risque de n’avoir personne représenté en conseil municipal. » L’élue rêve d’une « union large » de toutes les gauches et des écologistes, permettant de rassembler les voix. « C’est désespérant parce qu’il existe un noyau de gauche dans cette ville, mais avec ce système de listes dispersées, on ne peut espérer aucun résultat, poursuit-elle. Tout part à vau-l’eau. »

L’union ne se fera pas à la gauche de la gauche. Lors d’un vote interne il y a dix jours, les sympathisants La France Insoumise (LFI) et le Parti communiste (PC) ont rejeté l’alliance avec Patrick Allemand. « Moins de 5 % des gens souhaitaient cette option, compte Robert Injey, leader niçois du PC. Patrick Allemand est pro-Macron, les Verts s’allient avec l’écologie de droite. À l’arrivée, la liste clairement à gauche sera peut-être la nôtre. C’est la seule qui porte les valeurs de la gauche. » Et du côté d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), on pointe… LFI et le PC. Juliette Chesnel : « C’est du côté de l’extrême gauche que ça a bloqué. Il y a des freins idéologiques certains, explique l’élue EELV. Je pense qu’on fera plus de 10 % au premier tour. Ça ne veut pas dire qu’on restera seuls au deuxième. Des alliances sont possibles dans l’entre-deux tours. » Patrick Allemand aussi, sans donner de noms, affirme « travailler à élargir la composition des forces de la liste ». Les tractations sont loin d’être terminées. C’est maintenant que tout commence.

Philippe Vardon, Cédric Roussel, Jean-Marc Chipot sont également officiellement candidats. Le maire sortant Christian Estrosi devrait bientôt annoncer le lancement de sa campagne.