Municipales 2020 à Nantes: Ce qu'il faut retenir du premier grand oral de quatre candidates

POLITIQUE Jeudi soir, quatre candidates à la mairie de Nantes ont été questionnées sur leur projet devant plus de 200 personnes réunies au Warehouse

Julie Urbach

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Laurence Garnier, Margot Medkour, Valérie Oppelt et Johanna Rolland sont candidates à la mairie de Nantes
Laurence Garnier, Margot Medkour, Valérie Oppelt et Johanna Rolland sont candidates à la mairie de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Johanna Rolland (PS), Margot Medkour (Nantes en Commun), Laurence Garnier (LR) et Valérie Oppelt (LREM) font partie des postulantes à la mairie de Nantes.
  • Jeudi soir, pendant deux heures, elles se sont tour à tour exprimées sur des thèmes de campagne variés.

La campagne des municipales à​ Nantes a passé la deuxième ce jeudi soir. A l’initiative du think tank citoyen Trajectoires Nantaises (qui n’exclut pas de présenter une liste au premier tour), quatre candidates à la mairie ont passé leur grand oral, devant un public de plus de 200 personnes rassemblées au Warehouse dès 19h.

Si l’on espérait un vrai débat, Johanna Rolland (PS), Margot Medkour (Nantes en Commun), Laurence Garnier (LR) et Valérie Oppelt (LREM) ont en fait été interrogées, chacune leur tour, sur une dizaine de propositions formulées par Trajectoires Nantaises. Une prise de parole (trop ?) cadrée par le timing un peu serré pour les nombreux thèmes choisis : sport, sécurité, urbanisme, transports et culture. Voici ce qu’il faut retenir de la soirée.

La sécurité, un thème central de la campagne

Pendant les deux heures de l’exercice, et malgré les différentes couleurs politiques, c’est clairement le thème de la sécurité, qui continue de se dégager. « Essentiel » pour Johanna Rolland qui appelle de nouveau à ce que l’État prenne ses responsabilités, le sujet n’est « pas à mettre sous le tapis » pour Margot Medkour, qui se montre très critique envers la vidéoprotection. Si la candidate souhaite la création d’un corps de médiateurs relié à la police municipale et une « maison refuge » à Commerce, Laurence Garnier tape plus fort avec la proposition d’une enveloppe de 7 millions d’euros pour « le doublement des effectifs de la police municipale, et atteindre 230 agents ». Valérie Oppelt, elle, s’engage sur 85 postes supplémentaires si elle est élue. Toutes, sauf la candidate LREM, se montrent intéressées quant à l’idée de Trajectoires nantaises de créer un poste mobile de prise de plaintes quartier Bouffay.

Des points de convergence

Parmi les propositions soumises au débat par le think tank, plusieurs sont validées par toutes les candidates, notamment autour du thème du sport. L’actionnariat populaire dans les clubs est vue d’un bon œil. Si Johanna Rolland indique que le maire ne peut rien faire sans l’aval du club, en l’occurrence le président Kita pour le FC Nantes, les autres candidates s'engagent à peser davantage dans la balance à ce sujet, si l’une d’entre elle accédait à la mairie. Pour développer la pratique du sport « pour tous », toutes les quatre se disent séduites par le principe du « libre accès à tous les terrains sportifs, toute l’année ».

Avant les programmes, des prises de position

S’il faudra encore attendre pour les programmes, les projets se dessinent peu à peu. Margot Medkour voudrait par exemple reconfigurer le Voyage à Nantes « afin que la culture s’adresse réellement aux Nantais, et non aux Parisiens des classes sociales supérieures ». Elle lance aussi l’idée d’un « fournisseur d’énergie renouvelable à l’échelle locale ». Critiquant « la difficulté d’accès de la gare », Laurence Garnier insiste sur sa volonté que « Nantes ne soit plus construite sur elle-même », mais davantage en cohérence avec les territoires. Valérie Oppelt, qui « prend le temps de construire son programme », prévient que la thématique du handicap y sera très présente.

Johanna Rolland, qui a saupoudré son allocution d’éléments de bilan, rappelle sa volonté d’une police métropolitaine des transports, et la gratuité le week-end. A noter qu’aucune des trois autres candidates n’a repris cette proposition, préférant l’élargissement de la tarification sociale, « et notamment vers les scolaires et les seniors », complète Valérie Oppelt.

Des attaques dans le public

Si le format de ce rendez-vous visait à éviter les prises de bec, quelques petites attaques ont été sagement glissées par les unes et les autres. Mais c’est finalement le public, composé en partie de soutiens, qui se montre le plus virulent. « Avez-vous déjà pris le tram à Nantes ? », ironise un homme en s’adressant à la candidate LREM. « Comment allez-vous financer vos propositions si vous refusez le développement économique de la ville ? », lance un autre à Margot Medkour.

Johanna Rolland a quant à elle été épinglée par le président de l’association A la Nantaise, qui lui reprochait « l’absence de dialogue ». Laurence Garnier a dû s’expliquer quant à sa décision, en tant que vice-présidente de la région, d’avoir suspendu la subvention d’une association culturelle.

Quatre candidates sur cinq

Julie Laernoes, candidate EELV à la mairie de Nantes, était invitée mais n'a pas pu se rendre disponible. Elle animait une autre réunion à la même heure, sur le thème de la biodiversité.