Municipales 2020 à Marseille : Pacte démocratique, Printemps marseillais, vers quelle union de la gauche ?

MUNICIPALES 2020 Le Pacte démocratique a annoncé mercredi une certaine prise de distance avec le Printemps marseillais en vue des municipales 2020, même si les discussions ne sont pas rompues

Adrien Max

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La mairie de Marseille.
La mairie de Marseille. — Boris Horvat / AFP
  • Le Pacte démocratique de Marseille, articulé autour de citoyens et de militants, a annoncé une prise de distance avec le Printemps marseillais, une union de partis politiques de gauche et de personnes issues de la société civile.
  • Si la méthode diffère, l’objectif reste commun : battre la droite aux prochaines élections et diriger Marseille.

De la friture sur la ligne. Le Pacte Démocratique de Marseille, une union de citoyens et de militants en vue des municipales a annoncé mercredi ne pas réussir à s’accorder avec le Printemps Marseillais, une union de partis politiques de gauche et de personnes issues de la société civile. A l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire programmée lundi, « les membres du Pacte Démocratique ont solennellement pris acte et avec amertume qu’une partie bloquante du Printemps Marseillais ne souhaite pas la participation des mouvements sociaux locaux et des assemblées citoyennes à un processus électoral », écrit le Pacte dans un communiqué.

Une décision qui a vivement fait réagir dans les rangs du Pacte démocratique, comme dans ceux du Printemps marseillais, tant l’objectif final est le même. Si Fathi Bouaroua, du Pacte démocratique, a déclaré dans les colonnes de La Provence « vouloir prendre [s] es marques, on se donne rendez-vous pour l’élection municipale suivante », Kevin Vacher, lui aussi du Pacte démocratique, affirme vouloir « battre les droites, très dangereuses et antidémocratiques », dès mars 2020.

« Il manque un espace pour les citoyens »

Un point sur lequel Olivia Fortin, du collectif Mad Mars, membre du Printemps Marseillais, le rejoint. « Notre obsession est de gagner ces élections, pas celles de 2026. Bien sûr nous voulons la même chose dans le fond », estime-t-elle.

Sauf que la méthode diffère. Le Pacte Démocratique souhaite mettre le citoyen au cœur des décisions, « autour d’espaces citoyens autonomes, d’assemblées citoyennes qui seront de véritables acteurs centraux de la campagne », avance Kevin Vacher. « Sans une liste citoyenne de gauche, le pari semble perdu d’avance car pas assez novateur », estime-t-il. Il considère le Printemps marseillais comme « une union de partis politiques dans lequel il manque un espace pour les citoyens ».

Ce que réfute Olivia Fortin, bien qu’elle note certaines différences. « Dès le début, nous nous sommes rassemblés autour de forces politiques progressistes écologistes et de gauche, et de forces issues de la société civile. L’idée est de faire émerger des candidats d’une base citoyenne, tout en associant les politiques pour ne pas avoir de liste concurrente », détaille-t-elle.

Question de la représentativité

Si Kevin Vacher pointe du doigt une « frange bloquante », au sein du Printemps marseillais, Olivia Fortin se félicite d’avoir su, au contraire, fédérer toutes les forces en présence autour d’un même projet. « Nous, on s’est pardonné. On a enterré nos vieilles rancœurs qui pouvaient dater d’anciennes élections. Ce n’était pas évident mais nous avons fait un travail de réconciliation », estime Olivia Fortin.

La question de la représentation semble varier. « Depuis juillet on propose deux places au Pacte démocratique, comme pour les partis politiques, au sein du Printemps marseillais. Sauf qu’ils voulaient huit places, quand on en a donné qu’une seule à la CGT qui vient de nous rejoindre, alors qu’il y a 15.000 adhérents derrière », explique Olivia Fortin. Quand Kevin Vacher explique attendre, « une réponse du Printemps marseillais à nos propositions depuis trois mois ».

Certaines incompréhensions et quelques précipitations, qui n’empêchent pas ce militant et sociologue « de continuer à se battre pour une liste unique basée sur les citoyens, entourés de partis comme EELV et le Printemps marseillais ». Olivia Fortin « comprend que certains au sein du Pacte démocratique sont de grands brûlés de la politique, qui ont pu se voir avoir par le passé et qui ont une certaine crainte. Mais on fait tout pour travailler ensemble et j’espère que l’union sera faite bien avant décembre », souhaite-t-elle. Le printemps arrive rapidement.