Municipales 2020 à Paris: « Une police n’est pas un gadget, ni un coup de com’ », estime Griveaux qui souhaite 5.000 policiers municipaux armés

SOCIETE Le candidat de LREM à la mairie de Paris, veut 5.000 policiers municipaux, contre 3.200 actuellement

Propos recueillis par Romain Lescurieux
— 
Benjamin Griveaux, le candidat LREM à la ville de Paris. le 29 août 2019.
Benjamin Griveaux, le candidat LREM à la ville de Paris. le 29 août 2019. — Jacques Witt / SIPA

La sécurité dans le viseur. Benjamin Griveaux, candidat de LREM à la mairie de Paris, veut doter la ville de 5.000 policiers municipaux – contre 3.200 actuellement – « formés », « armés d’arme de poing » et « dotés de caméras piétons », a-t-il annoncé mardi à l'AFP. Alors qu’il était favorable il y a encore quelques mois à une police avec des agents « dotés d’armes non létales », il change son fusil d’épaule, et revient pour 20 Minutes sur les contours de la mission de cette police pour laquelle il se dit prêt à mettre 100 millions d’euros « de plus qu’aujourd’hui ».

Vous souhaitez déployer 5.000 policiers municipaux à Paris, pourquoi ?

Nous avons à Paris un niveau de violence qui est plus important qu’en France et plus élevé aussi que dans les départements de la petite couronne. Dans mes réunions publiques, beaucoup de Parisiens me demandent plus de sécurité, les femmes notamment, nos compatriotes de confession juive, la communauté asiatique, les personnes LGBT, les personnes âgées. Mon objectif est de créer une vraie police municipale pour remettre de l’ordre dans l’espace public en s’attaquant aux nuisances du quotidien.

Quelle est la différence avec la police municipale que souhaite Anne Hidalgo ?

Anne Hidalgo dit que la police nationale ne fait pas son travail. Moi je dis que la police nationale fait des choses qu’elle ne devrait pas faire. Rassemblement en bas d’un immeuble, nuisances sonores, harcèlement de rue, vente à la sauvette… Tous ces sujets sont gérés par la police nationale, mais c’est à la police municipale de s’en occuper. J’assume : demain maire de Paris, j’ai ma part de responsabilité sur les questions de sécurité. Cette police sera formée durant 120 jours pour 15.000 euros par agent. C’est sérieux. Une police ce n’est pas un gadget, ni un coup de com’.

Pourquoi vouloir équiper cette police municipale d’armes de poing ?

Elle sera armée avec du 9 millimètres. Je veux protéger ceux qui protègent les Parisiens. Quand on envoie des hommes et des femmes avec marqué police sur le blouson dans la rue, avec seulement une matraque, on crée non pas une police, mais des cibles. Ma position a changé en quelques mois en discutant avec des gens de la hiérarchie policière. Elle sera également équipée de caméra piétons. Quand un citoyen est face à un policier municipal, je veux que l’intervention soit filmée car ça rassure tout le monde. Ça évite d’avoir des interventions qui peuvent déraper. Ça protège autant le citoyen que le policer municipal. Enfin, il y aura un uniforme avec marqué police municipale. Il est important qu’ils soient identifiés par les citoyens.

Vous souhaitez créer un conseil de sécurité des Parisiens. Quel est le but d’une telle instance ?

Autour du maire de Paris, il y aura les maires d’arrondissement, les chefs de secteurs de la police municipale, des commissaires, et la préfecture de police, et ce pour travailler en bonne intelligence entre police municipale et police nationale. La sécurité doit échapper aux querelles politiciennes entre la ville et l’État. Enfin, je souhaite confier la direction de cette police municipale à un ancien grand flic.

En octobre, le Sénat a rejeté la création d’une police municipale à Paris. Comment comptez-vous vous y prendre si vous êtes élu ?

Ce n’est pas la police municipale que veut créer Anne Hidalgo. Elle fait du marketing, de la communication. L’amendement qui a été rejeté a été écrit la nuit, sur un coin de table. Il n’y avait rien sur la formation, le périmètre de la mission, sur l’armement. Anne Hidalgo ment et n’est pas à l’aise avec la question de sécurité, car les communistes et les verts, ses alliés, sont contre la police municipale. Il faut des modifications des statuts, nous les porterons pour qu’ils soient votés au Parlement. Bonne nouvelle, si je suis élu maire : nous avons des relais au Parlement.