Municipales 2020 à Marseille : A gauche, le Printemps marseillais veut « envoyer un autre message »

POLITIQUE Le Mouvement sans précédent présentait ce vendredi sa stratégie en vue des municipales 2020, pour un Printemps marseillais, le nom qu’il a choisi

Adrien Max

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Les membres du Printemps Marseillais, rassemblement des forces de gauche pour les municipales 2020 à Marseille.
Les membres du Printemps Marseillais, rassemblement des forces de gauche pour les municipales 2020 à Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Le Mouvement sans précédent, réunissant 10 partis politiques de gauche ainsi que des militants et citoyens, a présenté sa stratégie pour les municipales de 2020 à Marseille.
  • Si le mouvement n’a pas présenté de têtes de listes, préférant élaborer un projet, il a néanmoins trouvé son nom : le Printemps marseillais.

Un long travail de défrichage avant de pouvoir apercevoir le Printemps marseillais. Le Mouvement sans précédent s’est rassemblé ce vendredi matin à Marseille pour présenter sa stratégie en vue des municipales de 2020. Elle s’opère autour de personnalités politiques de gauche représentant dix partis, comme Sophie Camard ( LFI​), Jean-Marc Coppola (PCF), Benoit Payan ( PS) ou Michèle Rubirola (ex EELV), et de citoyens militants, ce qui en fait « quelque chose d’inédit », selon ces protagonistes.

Les enjeux de la succession de Jean-Claude Gaudin (LR), maire de la ville depuis près de 25 ans, aiguisent les ambitions. C’est la deuxième liste de gauche à se lancer, après EELV, et l’émergence du Pacte démocratique, un mouvement porté par des citoyens et militants.

« Un fonctionnement démocratique inédit »

Pour « faire une politique municipale et non pas changer de politique », il a fallu « penser et faire différemment, autour d’une énergie entre les forces politiques et les citoyens, à parité, dans le but de changer Marseille », explique Christian Brushi, de Réinventer la gauche.

« Nous ne sommes pas ici parce que nos appareils politiques l’ont décidé, mais pour l’importance de ce qu’il se passe. Nous sommes prêts à surmonter toutes les difficultés pour gagner ensemble, et renverser le système », a prévenu Sophie Camard.

Mais encore plus que pour les forces politiques traditionnelles, la définition d’une stratégie prend du temps.

« Ce n’est pas qu’une union de la gauche, nous y travaillons depuis des mois. On ne voulait pas d’une liste uniquement citoyenne qui pourrait virer au populisme, nous avons confiance dans les partis politiques et nous voulions nous réunir. Nous voulons envoyer un autre message, avec un fonctionnement démocratique inédit avec de l’empathie, du respect et de l’écoute entre les citoyens et les partis », détaille Aldo Bianchi, de l’association citoyenne Marseille et moi.

Un nom, mais pas de têtes de listes

Le tout va prendre le nom de Printemps marseillais, « le début d’une nouvelle saison, un nom qui nous oblige à élever Marseille et celui qui sonne le glas de l’hiver en politique », selon les mots de Théo Challande, de EELV. Un nom officiel pour lancer la campagne, mais toujours pas de têtes de listes.

Elles seront choisies au cours des 32 réunions publiques, deux par arrondissement, que va organiser le Printemps marseillais, dès le début du mois de novembre et ce durant plus d’un mois. « On veut convaincre autour d’un projet et non pas avec une tête de liste. On n’a pas de modèle, on va le bâtir avec les habitants. La question de la tête de liste viendra après », a prévenu Jean-Marc Coppola.

Ces réunions permettront donc de faire émerger des idées, et des candidats, qui seront ensuite sélectionnés par un « collège électoral, composé d’un tiers de politiques, d’un tiers de collectifs, et d’un tiers de signataires du mouvement », a détaillé Aldo Bianchi. Les idées s’articuleront autour de « quatre piliers » détaillés par Olivia Fortin, du collectif Mad Mars, sur les thématiques de l’égalité, de la démocratie participative, de l’écologie et de la création d’emplois. Un programme concret et les têtes de listes devraient être présentées courant décembre lors d’un grand meeting de lancement de campagne.

Les discussions se poursuivent

En parallèle, le Printemps marseillais poursuit ses discussions à la fois avec EELV, avec qui il estime que les différences relèvent plus de la forme que du fond, et avec le Pacte démocratique. « Un rassemblement des forces de gauche sera plus fort qu’une union », estiment ses têtes d’affiche.

Si la reconquête de Marseille est l’objectif central de ce Printemps marseillais, il pourrait également faire des émules. « On nous regarde, on nous observe. Il se passe quelque chose et les gens se disent que si on y arrive ici à Marseille, alors c’est possible ailleurs », avance Jean-Marc Coppola. « Imaginez la dynamique que ça peut offrir », rêve Yannick Ohanessian.