Municipales 2020 à Strasbourg : Après deux mandats d'adjoint, Mathieu Cahn (PS) veut faire une « rénovation urbaine »

POLITIQUE A 44 ans, l’adjoint au maire Mathieu Cahn a été élu le 10 octobre tête de liste PS pour les municipales par les militants

Nils Wilcke

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L'adjoint socialiste, Mathieu Cahn, est candidat aux municipales de Strasbourg.
L'adjoint socialiste, Mathieu Cahn, est candidat aux municipales de Strasbourg. — G.Varela/20 Minutes
  • A 44 ans, l’adjoint au maire Mathieu Cahn a été élu le 10 octobre tête de liste PS pour les municipales par les militants.
  • Le candidat veut relancer une politique de la ville et rêve d'une ville  apaisée » après les deux mandatures de Roland Ries.
  • Il faudra aussi rassembler un parti divisé entre les grands élus et miné par de faibles résultats électoraux à la présidentielle et aux européennes.

Il est le candidat d’un Parti socialiste affaibli pour les prochaines municipales à Strasbourg. A 44 ans, l’adjoint au maire Mathieu Cahn a été élu le 10 octobre tête de liste par les militants.

Une victoire sans éclat, peu de militants ayant fait le déplacement pour voter, comme il le reconnaît lui-même. Pourtant, Mathieu Cahn veut croire en ses chances et faire la différence. « J’ai des choses à apporter après mes deux mandats [d’adjoint]. Je vois les sujets sur lesquels nous ne sommes pas allés assez loin », affirme-t-il à 20 Minutes.

« C'est lui qui tient la boutique »

Pas assez loin ? Ses adversaires ne se privent pas de rappeler qu’il a été aux affaires de la majorité municipale pendant les deux mandatures de Roland Ries. Né à Sarreguemines, l’élu est en effet, depuis 2008, le 3e adjoint au maire de Strasbourg en charge de la vie associative et de la jeunesse, de l’animation urbaine et de la politique événementielle ainsi que du quartier de la Meinau.

Avec 25 ans de PS au compteur, Mathieu Cahn a longtemps eu la main sur les affaires du parti en Alsace. « C'est lui qui tient la boutique, observe un cadre du parti en off. Il a longtemps fait la pluie et le beau temps au PS mais il a lié son destin politique à celui du parti qui est désormais en piteux état », poursuit notre source. « Tous les appareils politiques sont usés, pas seulement le PS », rétorque le candidat.

« Il faut une rénovation urbaine »

Lui veut relancer une politique de la ville. « 11 % des habitants de la métropole sont dans les quartiers les plus en difficulté, il faut une rénovation urbaine pour éviter d’avoir une ville qui se développe à deux vitesses », lance l’élu, qui rêve d’une capitale alsacienne « apaisée », débarrassée des « conflits » qui, selon lui, la minent. « Vélos contre voiture, centre contre grande couronne… Je souhaite que chacun se sente intégré », poursuit-il.

Son autre mission ? Rassembler un parti divisé entre les grands élus, miné par de faibles résultats électoraux à la présidentielle et aux européennes. Une nécessité, d’autant qu’il faudra faire sans les écolos, lesquels ont lancé leur propre liste de rassemblement. « J’ai une certaine expérience en la matière », soupire-t-il, rappelant que le PS strasbourgeois était déjà en miettes en 2005 quand il en prend la tête en tant que secrétaire général local. A l’époque, la droite, menée par Fabienne Keller avait remporté les élections haut la main face à une gauche empêtrée dans ses dissensions internes.

« La campagne ne sera pas un long fleuve tranquille »

Des dissensions qui prennent parfois des allures de « coups de poignard politiques », comme l’explique un observateur privilégié de la vie locale. Dernier exemple en date, une boucle de messages entre les cadres du PS sur Whatsapp qui a circulé cet été. Dans l’un des échanges, l’ancien député du Bas-Rhin Philippe Bies, son adversaire direct, déclare qu’il ne souhaite plus briguer l’investiture. Les échanges fuitent dans la presse. « Il faut toujours se méfier des entourages », glisse en off un cadre du PS local, qui confirme les faits. Philippe Bies rétropédale mais le mal est fait. Il jette l'éponge le 23 septembre dernier, indiquant qu’il ne souhaite pas à prendre part à « une lutte interne fratricide ».

Sollicité par 20 Minutes, Philippe Bies n’a pas souhaité répondre à nos questions tout en indiquant qu’il s’exprimerait « le moment venu ». Conscient du danger, Mathieu Cahn s’efforce de jouer les démineurs. « C’est un ami et un compagnon de route. Il a fait un choix responsable », fait-il observer.

Désormais, il a le champ libre pour convaincre les Strasbourgeois de la pertinence de sa candidature. L’un de ses opposants pense qu’il ne vise qu’à se placer en bonne position, quel que soit le résultat des urnes. « Je sais que la campagne ne sera pas un long fleuve tranquille », soupire Mathieu Cahn. Rendez-vous dans six mois pour savoir si les Strasbourgeois ont adhéré à son projet.