Municipales 2020 à Strasbourg : A peine investi, le candidat du Rassemblement national jette déjà l'éponge à six mois des élections

INFO «20 MINUTES» Investi ce jeudi, le candidat du Rassemblement national pour les municipales à Strasbourg, Thibault Gond-Manteaux a annoncé à « 20 Minutes » ce vendredi qu’il ne serait finalement pas candidat à la mairie

Nils Wilcke

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Le nouveau logo du Rassemblement national, ex-Front national
Le nouveau logo du Rassemblement national, ex-Front national — J.-P. Ksiazek - AFP
  • Le candidat de l'ex-FN, Thibault Gond-Manteaux a annoncé ce vendredi matin à 20 Minutes qu'il ne serait finalement pas candidat à la mairie comme il l'avait initialement annoncé.
  • L'ex-candidat, gérant d’un cabinet d’assurance, met en avant des « raisons professionnelles » et des « questions d'agenda » pour expliquer son retrait.
  • L'annonce a pris de cours ses deux soutiens et pourrait mettre en difficulté le parti, qui a du mal à faire émerger des candidatures pour la mairie de la capitale alsacienne. 

Investi le jeudi, il jette l'éponge le vendredi. A six mois des municipales, le  Rassemblement national n’a plus de candidat à Strasbourg. Annoncé tête de liste, Thibault Gond-Manteaux a déclaré ce vendredi matin à 20 Minutes qu’il ne serait finalement pas candidat au fauteuil de maire comme il l’avait initialement communiqué.

L’ex-candidat, gérant d’un cabinet d’assurance, met en avant des « raisons professionnelles » et des « questions d’agenda » pour expliquer son retrait. Le parti devrait investir « une autre personnalité », précise-t-il, sans donner davantage de détails sur la candidature qui pourrait émerger.

« C’est vous qui m’apprenez la nouvelle »

Celui qui est également délégué du parti dans le Bas-Rhin avait pourtant officialisé sa candidature auprès des médias cette semaine. Une conférence presse était même programmée le mercredi 23 octobre au restaurant S’Wacke Hiesel, à Strasbourg. Thibault Gond-Manteaux devait lancer sa campagne en présence de deux soutiens, Julia Abraham et Jean-Claude Bader, tous deux conseillers régionaux. Hier, l’ex-candidat communiquait encore sur le futur site de campagne des municipales sur les réseaux sociaux.

L’annonce a pris de cours ses deux soutiens. « C’est vous qui m’apprenez la nouvelle », avoue à 20 Minutes Julia Abraham, en séances plénières au conseil régional à Metz. « La candidature de Thibault avait émergé de façon évidente car c’est quelqu’un de compétent », fait observer l’élue, qui, pas plus que Jean-Claude Bader n’avait été informée de sa décision.

« Nous aurons quoi qu’il arrive un candidat à Strasbourg »

La nouvelle « tombe mal » pour le Rassemblement national, de l’aveu même d’un cadre du parti qui tient à garder l’anonymat. A 34 ans, Thibault Gond-Manteaux devait incarner le rajeunissement et une certaine normalisation du parti. Avec l’abandon de sa candidature, le RN va-t-il seulement pouvoir lui trouver un remplaçant ? « On est en phase de réflexion, indique Gilles Pennelle, qui pilote la stratégie des municipales tout en siégeant à la commission d’investiture. Mais nous aurons quoi qu’il arrive un candidat à Strasbourg », assure ce cadre du parti.

Avec seulement deux élus au conseil municipal pour la mandature 2014-2020, « le RN a du mal à exister », résume en off un proche de Julia Abraham. Selon nos informations, la présidente du groupe RN au conseil régional Virginie Joron aurait un temps été approchée. Mais celle qui a depuis obtenu un siège d’eurodéputée au parlement de Strasbourg aurait rejeté cette proposition. Reste « l’option Bader », selon notre source au parti, qui serait envisagée, faute de meilleure proposition. Dans l’immédiat, le conseiller régional n’était pas joignable pour répondre à nos questions.

Le salut du RN pourrait-il venir d’Andrea Didelot ? L’élu de 27 ans, qui a succédé au conseiller municipal démissionnaire Jean-Luc Schaffhauser, se verrait bien en recours pour les municipales. « J’ai lancé un appel à une liste de rassemblement et je n’exclus pas de me présenter si les conditions sont réunies », déclare-t-il. Reste à savoir si cet accord pourrait convenir à la direction. « Il n’est pas en odeur de sainteté » depuis sa défection en 2017, grince une source au sein du RN. Surtout depuis que le jeune élu a qualifié Marine Le Pen de « meilleure alliée de Macron » lors de sa conférence de presse le 5 octobre dernier. « Ce genre de petites phrases n’incite pas vraiment le parti à lui faire confiance », conclut notre source.