Municipales 2020 à Lyon : Gérard Collomb investi par LREM à la métropole

DESIGNATION Le parti présidentiel a écarté la candidature de David Kimelfeld, qui a succédé à Gérard Collomb à la métropole de Lyon quand ce dernier a intégré le gouvernement

Manon Aublanc

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Gérard Collomb, 72 ans, vise un 4ème mandat de président de la Métropole de Lyon (autrefois Communauté urbaine)
Gérard Collomb, 72 ans, vise un 4ème mandat de président de la Métropole de Lyon (autrefois Communauté urbaine) — Mourad Allili/ Sipa

Exit David Kimelfeld. La République en marche (LREM) a investi, ce lundi, Gérard Collomb pour diriger la métropole de Lyon après les élections municipales de mars, a annoncé le parti dans un communiqué.

Le parti présidentiel a justifié sa décision en invoquant la « fidélité à l’un des premiers soutiens du président de la République » et la « cohérence » d’un « grand élu local qui a porté personnellement la création de la métropole de Lyon (et) qui a contribué activement à son rayonnement ». LREM a par ailleurs indiqué « regretter » que David Kimelfeld ne se soit pas « inscrit » dans une « démarche conjointe ».

La fin du combat entre l’homme fort de Lyon et son ex-dauphin devenu rival

Selon La République en marche, « Gérard Collomb a candidaté auprès de la commission nationale d’investiture de LREM, et il a reçu le soutien du MoDem durant le week-end », alors que, longtemps, l’ancien ministre de l’Intérieur avait juré ne pas réclamer l’onction du parti, que seul David Kimelfeld briguait. La décision de la commission nationale d’investiture marque la fin d’un feuilleton de plusieurs mois, opposant l’homme fort de Lyon, élu maire en 2001, et son ex-dauphin devenu rival, et qui lui a succédé à la tête de la métropole.

« Kimelfeld s’est sorti lui-même du jeu en annonçant qu’il n’en respecterait pas la décision si elle ne lui était pas favorable », notait la semaine dernière une source au sein de LREM. David Kimelfeld, pourtant, s’était posé avec succès en outsider, plus jeune (58 ans contre 72), plus écolo, plus social et, selon d’aucuns, légitime à conserver un poste que Gérard Collomb lui avait confié en partant à Paris sans lui reprendre à son retour.

Georges Képénékian, candidat à la mairie de Lyon

La direction du parti avait longtemps considéré que les deux hommes étaient « condamnés à s’entendre », à l’un la mairie, à l’autre la métropole, les statuts de cette dernière – qui concentre les principaux pouvoirs – empêchant de cumuler les deux postes. La situation n’avait pourtant cessé de s’envenimer. Emmanuel Macron a d’abord tenté une médiation en proposant un mandat partagé aux deux hommes​, solution que David Kimelfeld a refusé au risque d’apparaître, malgré lui, en dissident. Avant d’adouber, au final, celui qui fut son premier soutien de poids et sans lequel, à ses yeux, LREM aurait du mal à conserver son fief.

Lundi, quelques heures avant l’annonce officielle de La République en marche, qui bruissait depuis plusieurs jours, Georges Képénékian, éphémère maire de Lyon lorsque Gérard Collomb était place Beauvau avant de devenir lui aussi son adversaire, a annoncé sa candidature à la mairie. Georges Képénékian se dit proche de David Kimelfeld tout en assurant qu’il « n’y pas de ticket entre lui et moi, mais une vraie complicité ». L’actuel patron de la métropole s’est alors immédiatement fendu d’un communiqué en lui assurant « tout (son) soutien et (sa) confiance dans la bataille électorale qui s’ouvre ».