Municipales 2020 en Gironde : « Mon vécu peut être utile pour relever les nouveaux défis qui se présentent », estime le doyen des maires de France

INTERVIEW « 20 Minutes » a demandé à Marcel Berthomé, les raisons qui l’ont poussé à briguer un dixième mandat, à l’âge de 97 ans

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
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Marcel Berthomé dans son bureau de maire à Saint-Seurin-sur-l'Isle.
Marcel Berthomé dans son bureau de maire à Saint-Seurin-sur-l'Isle. — Clément Carpentier / AFP
  • Marcel Berthomé est maire de Saint-Seurin-sur-L’Isle depuis 1971.
  • Après une longue réflexion, il a décidé de briguer un dixième mandat en 2020.
  • Il assure que « physiquement, ça va ».

A 97 ans, le doyen des maires de France, Marcel Berthomé, vient d’annoncer qu'il briguerait un dixième mandat à la tête de la commune de Saint-Seurin-sur-l’Isle (Gironde). Pour 20 Minutes, le doyen des maires de France revient sur ses motivations.

Vous venez d’annoncer que vous alliez vous représenter aux municipales. C’est une décision mûrement réfléchie ?

Oui, cela faisait plusieurs mois que j’y pensais. Je l’ai annoncé officiellement mercredi soir en séance de conseil et ensuite à mes chefs de service. Ce qui m’a motivé ce n’est pas le désir d’aventure : j’ai déjà vécu neuf mandats, j’aborde le dixième. La première des choses c’est la continuité dans l’action. Je déjeunais vendredi midi avec le président du conseil départemental et il notait que les réalisations dans ma commune ont montré une certaine anticipation sur l’aménagement urbain. Il y a aussi autre chose : de nouveaux défis se présentent : numérique, démographique, climatique, etc. Ils vont provoquer des problèmes nouveaux, et je pense que mon vécu – je ne parle pas d’expérience – peut être utile dans ces futurs engagements.

On sentait pourtant chez vous un certain ras-le-bol, notamment en début d’année au moment des « gilets jaunes »…

Ce n’était pas un ras-le-bol, mais je trouvais que cette offensive anonyme était mal venue, surtout deux ans après des élections. Dans une démocratie, on a le droit de s’exprimer, mais il y a le fond et la forme. Je trouvais qu’il aurait pu y avoir une autre manière d’exprimer le ras-le-bol et ils ne l’admettaient pas. Chacun a sa façon de penser.

Vous estimez en tout cas que vous avez l’énergie nécessaire pour repartir sur un nouveau mandat ?

Je ne me pose pas cette question. Je dois répondre quotidiennement à des engagements qui montrent que lucidité, réflexion, réaction sont toujours au niveau normal qui a été le mien durant les décennies passées. Ce n’est pas comme si j’étais déficient ou assis dans un fauteuil. Physiquement ça va !

Vous aurez une liste contre vous ?

Je verrai. Il y a des jeunes qui peuvent avoir des vues personnelles, il peut y avoir des éclosions.

On entend parler de la crise de vocation de maire, comment vous ressentez ce phénomène ?

Il y a des maires qui ne se représentent pas, peut-être parce qu’au départ ils n’avaient pas la formation voulue, l’audace nécessaire, l’imagination pour cela, etc. L’échelle locale est une petite échelle, mais pour aménager ou faire avancer une collectivité, il faut que la réflexion soit permanente et anticiper les événements… C’est ma façon de voir les choses.