Municipales 2020 à Bordeaux : Les juppéistes pointent « les mauvaises manières » de LREM dans la capitale girondine

POLITIQUE Les juppéistes ont affiché leur soutien à Nicolas Florian (LR) qui a succédé à Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, fustigeant l’investiture par LREM de Thomas Cazenave dans la capitale girondine…

E.P. avec AFP

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L'édition 2018 des Vendanges de Bordeaux.
L'édition 2018 des Vendanges de Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • Lors des vendanges de Bordeaux, rendez-vous des juppéistes, un soutien a été apporté au maire Nicolas Florian, ancien adjoint aux finances d’Alain Juppé.
  • Les amis politiques d’Alain Juppé n’apprécient pas que la République en Marche, avec laquelle il travaille par ailleurs, ait investi un candidat sur les terres bordelaises.

L’investiture par La République en Marche (LREM) d'un candidat à Bordeaux, face à Nicolas Florian, dauphin de Juppé, passe mal auprès des Juppéistes, réunis ce week-end pour « les vendanges de Bordeaux », présentées comme un cercle de pensée. L’ex-ministre de droite Dominique Bussereau, à l’issue de deux jours de rencontres avec les amis politiques d' Alain Juppé, a critiqué dimanche les « mauvaises manières » de LREM qui a choisi d’investir un candidat face à Nicolas Florian.

« A titre personnel, je considère quelque part qu’on lui fait de très mauvaises manières, et en lui marquant aujourd’hui notre soutien, nous lui faisons de bonnes manières », a déclaré Dominique Bussereau (ex-LR) à des journalistes. « Je crois qu’il y a une mauvaise décision qui a été prise », a ajouté le président de l’Assemblée des départements de France (ADF).

L’ancien ministre (2002-2010) s’exprimait à l’issue d’une conférence de presse aux côtés de Nicolas Florian, à distance de LR et allié au MoDem, de l’eurodéputée Fabienne Keller (Agir), de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées et de l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Faire peser l’héritage d’Alain Juppé

Les Vendanges de Bordeaux, un rendez-vous politique inauguré par Alain Juppé en 2017, ambitionne d’être « une coopérative de pensées ». Son but ? « structurer le dialogue entre la droite républicaine et le centre », y compris avec les « Marcheurs », et faire peser l’héritage d’Alain Juppé, parti de Bordeaux pour le Conseil constitutionnel.

Ces rencontres, qui ont réuni une trentaine de participants, dont Alain Juppé, se tenaient toutefois dans un contexte singulier, après la décision d’investir le « marcheur » Thomas Cazenave pour affronter le successeur d’Alain Juppé sur ses anciennes terres.

Interrogés sur cette épineuse situation, les participants ont affiché leur « fidélité » à Nicolas Florian, et renouvelé, selon Jean-Pierre Raffarin, « une confiance affirmée et revendiquée » à son égard.

Membre du gouvernement d’Emmanuel Macron, Geneviève Darrieussecq a pour sa part indiqué être « aussi venue lui apporter un témoignage d’amitié et de soutien ».

« On ne change pas d’amitié par saison », a insisté Jean-Pierre Raffarin, tout en se défendant de la moindre « malice » visant La République en marche.

« On est très intéressés par le président de la République, quand il y a un sujet difficile comme celui des retraites et qu’il va en discuter avec les Français à Rodez », a glissé Jean-Pierre Raffarin, en guise de bon point.