Municipales 2020 à Marseille : Les écolos font le choix d’y aller seuls mais le rassemblement de la gauche veut garder espoir

MUNICIPALES 2020 A MARSEILLE Les militants d’Europe Ecologie les Verts ont décidé d’aller seul aux municipales malgré à un appel à un large rassemblement politiques et citoyens pour battre la droite en place depuis 25 ans à Marseille

Adrien Max

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Les militants d'EELV à Marseille ont voté en faveur d'une liste écologiste pour les municipales de 2020.
Les militants d'EELV à Marseille ont voté en faveur d'une liste écologiste pour les municipales de 2020. — EELV
  • Les militants d’Europe Ecologie les Vert ont fait le choix à 80 % samedi de mener une liste pour les municipales alors que les forces de gauches les appelaient à rejoindre le « mouvement sans précédent ».
  • Si beaucoup redoutent une défaite de la gauche aux municipales après ce choix, Benoit Payan du PS ou Sophie Camard de LFI, espèrent néanmoins un rapprochement avant le vote.

Le vote de 74 militants pourrait-il faire basculer le destin de milliers de Marseillais ? C’est en tout cas ce que beaucoup redoutent après le choix à 80 % des militants d'Europe Ecologie les Verts de Marseille d’aller seuls aux municipales de 2020, lors d’un vote samedi. « Au premier tour, nous partirons dans le cadre d’un large rassemblement écolo-citoyen fédérant l’ensemble des formations se réclamant de l’écologie et l’ensemble des acteurs, collectifs et organisations, qui souhaitent une rupture avec le système qui a enlisé la ville et provoqué l’état de délabrement actuel », explique EELV dans un communiqué.

Sébastien Barles, qui a été par la même occasion nommé tête de liste pour EELV, est bien sûr satisfait de l’adoption de la motion qu’il soutenait face à Michèle Rubirola dont il est l’attaché parlementaire. « L’écologie est la crise la plus forte à Marseille, et elle sera au cœur du projet pour transformer la ville. Nous avions des problèmes de méthodologie avec les forces de gauche, qui parlent d’unité avant de parler de projet », avance-t-il.

L’espoir d’un large rassemblement anéanti

Ce choix n’a pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux, bon nombre de personnes estimant que la stratégie d’EELV venait anéantir l’espoir d’un large rassemblement des forces de gauches et de collectifs citoyens sous le « mouvement sans précédent ». Un mouvement sans précédent qui avait appelé EELV a les rejoindre dans une tribune parue cette semaine dans La Marseillaise sous le titre de « vote du siècle », preuve de l’importance de cette décision.

Sophie Camard de la France Insoumise, dont les militants se sont justement prononcés pour un large rassemblement, ne cache pas sa déception. « C’était annoncé et ficelé d’avance, regrette-t-elle. On voit là l’écart entre une base militante rétrécie et les aspirations des citoyens. On est dans la situation d’un petit parti qui surfe sur un bon score aux dernières élections sans se soucier de l’ancrage réel ».

Mais elle ne perd pas espoir. « Du côté de la France Insoumise on peut garder contact avec eux, même si on ne va pas les attendre. On savait qu’il y aurait ces votes (de LFI et EELV), et on s’était préparé à ce qu’un nouveau cycle démarre après. J’ai toujours dit qu’il fallait qu’à la mi octobre on y voit plus clair. Il ne faut jamais partir perdant d’autant plus que les listes ne seront déposées qu’en février », explique-t-elle.

Une possible union malgré tout ?

Benoit Payan, nommé par le Parti Socialiste pour mener la stratégie locale, reste persuadé que l’union avec les écologistes se fera malgré tout. « Nous partageons le même constat, la même vision, je suis persuadé qu’on va réussir pour gagner. Les Marseillais ne comprendraient pas que malgré ce que l’on partage, nous ne parvenions pas à nous rassembler pour des stratégies de parti. C’est justement ce que les gens ne veulent plus », estime-t-il. Et peu importe si Anne-Levy Mozziconacci, conseillère municipale PS, s’est empressée de réclamer une réunion de son parti pour établir une nouvelle stratégie.

Sebastien Barles préfère, lui, mettre en avant un rassemblement large autour d’un pôle écologiste. « Nous reconnaissons le mouvement sans précédents comme partenaire et non comme adversaire. Il suffit de 10 % pour se qualifier au second tour et nous fusionnerons des listes si la menace du Rassemblement National se fait ressentir. Mais je reste persuadé qu’une liste d’écologiste est le meilleur moyen de ramener des déçus de la politique au vote », avance-t-il. Ou de laisser la route toute tracée au centre et à la droite.