Municipales 2020 à Marseille : « Il faut y aller », les candidats LREM pressent Paris de prendre une décision

COUP DE PRESSION Saïd Ahamada et Yvon Berland, les deux candidats déclarés pour l’investiture LREM pour les municipales de 2020 à Marseille attendent impatiemment une prise de décision à Paris

Adrien Max

— 

Emmanuel Macron, en novembre 2016 à Marseille.
Emmanuel Macron, en novembre 2016 à Marseille. — BORIS HORVAT / AFP
  • Yvon Berland, un des candidats à l’investiture en Marche pour les municipales à Marseille souhaite qu’une prise de décision du comité d’investiture national intervienne rapidement.
  • Plus tôt dans la semaine, c’est Saïd Ahamada, autre candidat, qui avait exprimé le même souhait.
  • Aucune date précise pour le choix du candidat n’est avancée par Paris, alors qu’une candidature surprise n’est pas à exclure.

Au moins une chose sur laquelle ils sont d’accord : il est temps de prendre une décision. Yvon Berland et Saïd Ahamada, tous deux candidats à l’investiture La République en Marche (LREM) pour les municipales de 2020 à Marseille ont pris la parole jeudi pour réaffirmer le besoin urgent pour leur famille politique de faire un choix quant au candidat.

« Si ma détermination est totale, il est nécessaire que les choses se clarifient rapidement. Il est temps d’y voir clair, chaque jour qui passe sans décision est un jour perdu », a prévenu Yvon Berland devant les journalistes auxquels il a rappelé le maintien de sa candidature. L’ancien président d’Aix-Marseille Université (AMU) explique avoir adressé un courrier au président de la République Emmanuel Macron le 8 août dernier. « Je lui ai présenté les grands axes à développer, et on m’a dit qu’il avait apprécié », avance-t-il. Puis il a envoyé son dossier de candidature pour l’investiture mercredi, « avec 10 pages détaillant le projet, ainsi qu’une analyse politique sur chaque secteur et une liste nominatives de candidats secteurs par secteurs », a-t-il ajouté.

« A cinq mois de l’élection, il faut y aller »

Yvon Berland attend donc dans les starting-blocks le top départ. « Chacun doit prendre ses responsabilités. Nous l’avons fait avec mon équipe en présentant ce projet, j’attends désormais que Paris prennent les siennes. La condition de la réussite est de ne pas traîner, nous avons besoin de rencontrer les Marseillais, de se faire connaître et cela demande du temps, à cinq mois des élections, il faut y aller », somme-t-il son parti.

Car à la différence de Saïd Ahamada, député des quartiers Nord, Yvon Berland ne détient aucun mandat pour rencontrer les futurs électeurs. Le député organisait une seconde « réunion publique », jeudi soir, mais sûrement pas un « meeting de candidature à l’investiture », les mots ont leur importance. Sans attendre la décision de Paris alors qu’il affirmait à l’Opinion en début de semaine : « Après la première quinzaine d’octobre, ça deviendra objectivement compliqué, nous risquons collectivement de prendre du retard pour expliquer le projet ». A l’issue de la réunion publique ayant rassemblé 200 personnes, « il faut que la décision intervienne dans les prochains jours, nous, on n’en peut plus », confiait son entourage.

Des candidats « surprises » ?

Si le nom de plusieurs autres candidats ont pu être mentionnés dans la presse, comme ceux de Jean-Philippe Agresti, doyen de la faculté de droit, de Johan Bencivenga, responsable de l’UPE 13, le Medef local, ou de Corinne Vezzoni, architecte, le référent en Marche dans les Bouches-du-Rhône, Bertrand Mas Fressinet confirme que seulement deux dossiers ont été déposés. « Je vous le confirme à ce jour mais tout est encore possible quant au dépôt d’un nouveau dossier. Il faudrait qu’il intervienne rapidement, mais une surprise est possible », avance-t-il. Quant à la fameuse prise de décision ? « Ça ne saurait tarder », esquive-t-il.

Au comité d’investiture national, le flou règne aussi. « Nous n’avons pas d’information particulière à communiquer sur la ville de Marseille », nous rétorque-t-on. Et pour cause, ce sera le président de la République qui tranchera in fine, un secret pour personne. L’option Bencivenga, que le président aurait poussée à se présenter lors d’un dîner en juin même s’il n’est pas le seul, resterait dans un coin de la tête d’Emmanuel Macron. « Si Bruno Gilles (LR) obtient l’investiture de sa famille politique face à Martine Vassal, et puisque nous ne sommes pas très hauts dans les sondages, Emmanuel Macron pourrait être tenté de débaucher un gros poisson à Martine Vassal en vue d’une alliance au second tour, voire dès le premier tour », estime un proche de LREM à Marseille. Johan Bencivenga a justement posé les jalons du programme économique de Martine Vassal. Mais avec des si...