Municipales 2020 à Bordeaux : Le candidat En Marche! veut diviser par deux le prix de 7.000 logements à la vente

POLITIQUE Le candidat Thomas Cazenave, investi par La République en marche (LREM) à Bordeaux a présenté trois propositions sur l’habitat pour défendre « une ville pour tous », pointant que certaines familles, salariés et étudiants ne trouvent plus à s’y loger

Elsa Provenzano

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Thomas Cazenave, candidat LREM à la mairie de Bordeaux
Thomas Cazenave, candidat LREM à la mairie de Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le candidat LREM aux municipales bordelaises veut aider les classes moyennes à se loger.
  • Il propose de créer un office foncier solidaire, de remettre des logements vacants sur le marché et de confier au privé le contrôle de la réglementation Airbnb.
  • Sur le logement social, l’objectif légal de 25 % en 2025 n’est pas atteignable, selon lui.

Ces dernières années  les prix de l'immobilier ont explosé à Bordeaux, en en faisant l’une des grandes villes de France (hors Paris) où il est le plus difficile de se loger. Ce vendredi, Thomas Cazenave, candidat investi par En Marche à Bordeaux notamment contre le maire sortant Nicolas Florian (LR) a livré trois propositions pour débloquer une situation sous tension.

« Une partie de la population ne trouve plus sa place en ville, je pense à la classe moyenne (salariés, familles, jeunes actifs, étudiants, familles monoparentales etc.), a estimé Thomas Cazenave, haut fonctionnaire et à la tête de  Renouveau Bordeaux. Et une ville qui perd une partie de sa population se dévitalise ».

  • Un office foncier solidaire pour produire 7.000 logements à prix abordable

Il a présenté un programme d’accession chiffré à 300 millions d’euros sur six ans « qui a vocation à offrir aux classes moyennes l’équivalent de 7.000 logements à moitié prix par rapport aux prix du marché » (soit 2.500 à 3.000 euros le m2). L’office se porterait acquéreur du foncier et revendrait les appartements sans y inclure le prix du foncier à ceux qu’il appelle le « cœur de cible » du dispositif. Quand on lui demande de préciser à quelle catégorie il compte rendre éligible ces logements, il répond qu’il y aura des critères de revenus. Il pense, par exemple, qu’un couple où chacun gagne 2.500 euros par mois doit pouvoir en bénéficier. Les opérations se feraient « dans le diffus », en fonction des quartiers. Il souhaite aussi mettre un frein aux opérations de défiscalisation qui ont tiré les prix vers le haut.

  • Remettre sur le marché la moitié des logements vacants

« On a l’équivalent de Ginko, des Bassins à flot et de Bastide-Niel en logements vacants dans la ville de Bordeaux, soit 10.000 logements », souligne le candidat En Marche !. Dans le but de diviser par deux le nombre de ces logements vides, il souhaite s’adresser aux propriétaires pour comprendre à quelles conditions ils pourraient remettre leurs biens sur le marché. Il envisage par exemple des dérogations sur le plan local d’urbanisme (PLU) au bénéfice de ces propriétaires pour les aider à rendre leurs opérations rentables. Si l’incitation ne suffit pas, il compte se saisir de la majoration de la taxe sur les logements vacants qu’il est possible d’appliquer dans des secteurs tendus comme Bordeaux.

  • Confier le contrôle de la réglementation Airbnb à une société privée

Pour les locations de courte durée, type Airbnb, la loi limite la durée à 120 jours et oblige les propriétaires à se déclarer en mairie. « La réalité c’est que ce cadre-là il n’est pas respecté et il est très peu vérifié, estime Thomas Cazenave. Je veux confier à une entreprise la vérification du bon respect de la réglementation ». Le dispositif serait financé par les amendes versées à l’entreprise privée. Actuellement c’est une petite équipe d’agents municipaux qui est chargée de cette mission de contrôle.

Sur le logement social, il estime que Bordeaux (18 % de logements sociaux aujourd’hui) ne sera pas en capacité de se mettre en conformité avec la loi (25 % en 2025) d’ici la fin du prochain mandat. Il vise un équilibre comprenant un tiers de logement social, un tiers de logement dit abordable et un tiers de logement libre, contre 50 % de logement libre actuellement sur Bordeaux.