Municipales 2020 à Lyon : Le divorce est consommé entre David Kimelfeld et Gérard Collomb

ELECTIONS Les deux hommes ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente ce vendredi après-midi lors d’une réunion qui s’annonçait déterminante

Caroline Girardon

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Gérard Collomb et David Kimelfeld
Gérard Collomb et David Kimelfeld — AFP
  • LREM n’a toujours pas donné d’investiture à Lyon.
  • David Kimelfeld et Gérard Collomb qui se sont rencontrés vendredi après-midi, ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente.
  • « Il n’y aura plus de négociations », assure-t-on dans le camp de Kimelfeld.

Cette fois, le divorce semble bel et bien consommé. A quelques mois des élections municipales à Lyon, la guerre fratricide entre Gérard Collomb, le maire de la ville et David Kimelfeld, le président de la métropole va vraisemblablement s’inscrire dans la durée. Les quelques sourires et poignées de main échangés devant les objectifs au moment de la rentrée, n’auront pas fait long feu. Les deux hommes, qui convoitent Lyon, se sont rencontrés vendredi après-midi pour tenter de trouver un compromis. Mais ni l’un ni l’autre n’ont lâché un millimètre de terrain.

« Les négociations sont désormais terminées », lance-t-on dans l’entourage du président de la métropole confirmant que David Kimelfeld reste déterminé à aller jusqu’au bout. Quitte a présenter une candidature dissidente s’il n’obtient pas l’investiture LREM comme il l’avait annoncé mercredi dans une tribune publiée jeudi dans le Huffington Post. Bien malin celui qui saurait dire qui des deux hommes obtiendra les faveurs du parti présidentiel.

Depuis la fin de l’été, les rumeurs n’ont cessé d’enfler. Le bruit courait que l’Elysée et LREM pousseraient Kimelfeld à se présenter à la mairie pour laisser le champ libre à Gérard Collomb de se présenter comme seul candidat à la métropole. « La réalité, c’est que LREM n’a toujours pris aucune décision et surtout ne sait pas quoi faire », répond un acteur local.

Un poste de directeur de campagne

Le président de la République a reçu les deux hommes au mois de juillet leur intimant de discuter et de régler le problème entre eux. Ce qu’ils ne sont jamais parvenus à faire. Les négociations ont été âpres avant de parfois (souvent ?) tourner au ridicule. Si Kimelfeld a proposé à son adversaire une « coprésidence », un poste qui lui permettrait de gérer directement les questions d’attractivité et les relations internationales, le maire de Lyon a préféré balayer cette idée de la main, suggérant de son côté un mandat partagé.

« Macron a été très clair la dernière fois. S’ils ne se mettaient pas d’accord, il n’y aurait pas d’investiture locale. Ni pour l’un, ni pour l’autre », souffle un proche du dossier. Le choix n’est-il pas déjà fait ? Les derniers échos de Paris laissent penser que David Kimelfeld se serait attiré les foudres du parti en retirant à Fouzyia Bouzerda, sa délégation. Vice-présidente déléguée à l’économie, l’élue Modem avait affirmé mercredi qu’elle soutiendrait Gérard Collomb.

« Il a franchi la ligne jaune »

« Il a perdu toute bienveillance alors que c’était sa marque de fabrique. Son attitude traduit qu’il n’a pas compris que le modèle de gouvernance lyonnais transcende les clivages politiques », estime un membre de LREM interrogé par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, allant même jusqu’à évoquer un franchissement de « la ligne jaune » de la part de David Kimelfeld.

Contactée à ce sujet, la direction du parti présidentiel n’a pour l’instant pas répondu à notre demande. Reste à savoir si la venue d’Emmanuel Macron, annoncée mi-octobre à Lyon lors de la 6e conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, permettra d’éteindre l’incendie. L’entourage de David Kimelfeld a fait savoir qu’il lancerait de toute façon sa campagne le 16 octobre.