Municipales 2020 à Paris : Les PME n’ont pas fait leur choix mais ont des attentes

ECONOMIE A l’approche des élections municipales, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Paris a voulu connaître les positions des dirigeants

Romarik Le Dourneuf
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Anne Hidalgo et Benjamin Griveaux sont parmi les candidats les plus «pro business» selon les entrepreneurs parisiens
Anne Hidalgo et Benjamin Griveaux sont parmi les candidats les plus «pro business» selon les entrepreneurs parisiens — Jacques Witt / Sipa/SIPA
  • 68 % des dirigeants de PME s’intéressent aux élections municipales à Paris.
  • Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME, demande aux entrepreneurs de s’engager dans la campagne, et aux candidats de les inclure dans leur liste électorale.
  • Les transports, la circulation et le stationnement sont au cœur des préoccupations des dirigeants parisiens.

« C’est une échéance importante, mais ils n’ont pas fait leur choix ». Voilà comment Bernard Cohen-Hadad, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Paris Ile-de-France, résume ce qui ressort d'un sondage Ifop sur le rapport des dirigeants de PME aux municipales de 2020 présenté récemment.

Les élections municipales à Paris ne sont en effet pas prises à la légère du côté des chefs d’entreprise, puisqu’une grande majorité d’entre eux (68 %) se dit intéressée par le scrutin à venir. Un chiffre peu surprenant au regard du nombre de dirigeants qui considèrent que l’action de la Ville a une importance dans l’attractivité économique (73 %).

Aucun candidat ne se détache

Mais l’intérêt pour les élections ne laisse pas transparaître une préférence nette pour un candidat. Si Benjamin Griveaux (LREM) est considéré par 28 % des entrepreneurs comme le plus « pro business », il est talonné par Rachida Dati (LR) sur ce point (24 %) et Anne Hidalgo (PS, 23 %). Cédric Villani (LREM), lui, est considéré comme le plus à l’écoute des besoins et attentes des dirigeants, mais il ne soulève pas l’enthousiasme et ne devance la maire sortante et son rival En marche que de deux points (16 % et 14 %). Au global, sur les 451 entrepreneurs interrogés, 38 % considèrent qu’aucun candidat n’est plus favorable aux entreprises qu’un autre.

« Tous les candidats ne sont pas déclarés et la position de Cédric Villani rend difficile la lisibilité du scrutin, ajouter Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Il prend des voix à Griveaux et à Hidalgo, et on ne sait pas encore vers quel candidat se dirigeraient ses voix en cas d’échec au premier tour. » Et la confédération, qui compte 1.500 adhérents à Paris, n’a pas l’intention de donner de consigne de vote.

Une chose est sûre, les voix n’iront pas à un candidat de la CPME, laquelle a envisagé un temps de se présenter pour faire entendre ses idées. Car selon Bernard Cohen-Hadad, se lancer dans la course demande un investissement trop important : « Le temps nécessaire est soustrait à l’activité professionnelle, et peut donc entraîner une perte de revenus, contrairement aux grands groupes qui ont les moyens de consacrer le temps de certains employés aux conseils municipaux et d’y défendre leurs intérêts. » Il encourage tout de même les dirigeants de PME à s’engager sur les listes. Car à l’heure actuelle, une seule dirigeante de PME est élue à Paris, selon le président de la confédération, alors que les PME représentent 95 % des entreprises de la capitale.

Circulation et stationnement

Autre enseignement du sondage, les dirigeants interrogés ont une image globalement positive de la Mairie de Paris et de ses actions : ils sont 81 % à considérer Paris comme une ville dynamique et 76 % à la trouver moderne et innovante. Mais ils n’en ont pas moins des attentes et des revendications. Bernard Cohen-Hadad le confirme : « Ils se préoccupent de leurs employés, de l’environnement de travail, de la sécurité, de la propreté, de pouvoir se garer et se déplacer. »

Parmi les revendications, on retrouve en tête la circulation et le stationnement. Les dirigeants demandent ainsi plus de fluidité dans les rues et une amélioration des transports en commun. Le logement tient une bonne place dans les attentes, avec la volonté d’une baisse des loyers commerciaux et privés. Enfin, les entrepreneurs souhaitent favoriser les échanges avec la mairie et améliorer la propreté de la ville. Pour se faire, la CPME de Paris proposera, dans le courant du mois d’octobre, une série de 10 mesures.