VIDEO. Municipales 2020 à Lille : Des candidats en ordre dispersé en face de Martine Aubry ?

POLITIQUE A six mois de l’échéance des municipales 2020, « 20 Minutes » fait le point sur la campagne à Lille

Gilles Durand
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Martine Aubry, maire de Lille, attend son heure.
Martine Aubry, maire de Lille, attend son heure. — Sarah ALCALAY/SIPA
  • La maire (PS) de Lille, Martine Aubry, laisse encore planer le suspense sur sa candidature.
  • La droite se présente divisée pour la première fois depuis longtemps.
  • LFI vient de dévoiler les deux chefs de file qui organiseront la campagne.

Edit : Concernant la candidature du Rassemblement National à Lille, 20 Minutes avait contacté le secrétariat de la fédération à Lille qui n’avait pas donné suite. Depuis la parution de l’article, l’actuel conseiller municipal, Eric Cattelin-Denu, nous a fait savoir qu’il avait été désigné par son parti pour les municipales 2020 à Lille.

Alors que La France Insoumise (LFI) vient de dévoiler les deux chefs de file qui vont mener la campagne des municipales à Lille, 20 Minutes fait le point sur les candidatures. En attendant la décision de la maire (PS) sortante, Martine Aubry, qui devrait tomber sous peu.

Tensions chez LREM

A six mois de l’échéance de mars 2020, un constat s’impose : l’opposition, pour l’instant, n’a guère serré les rangs. Chez La République en Marche, c’est même carrément la guerre. Depuis que Violette Spillebout, ancienne cheffe de cabinet de Martine Aubry, a été investie, le mouvement du président de la République s’est scindé en deux. Son adversaire à l’investiture, la députée Valérie Petit, avait carrément annoncé, le soir de son éviction : « Le vieux monde a donc gagné… Je pleure pour ma ville car elle est perdue ». La candidate LREM parviendra-t-elle à réunir les « marcheurs » mécontents des méthodes nordistes ?

La droite divisée

Chez Les Républicains (LR) non plus, l’union sacrée ne s’est pas faite autour de Marc-Philippe Daubresse. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a, certes, reçu l’investiture de son parti, mais contrairement aux deux précédentes élections municipales, Thierry Pauchet, élu lillois d’opposition et ex-UDI, a décidé, cette fois, de ne pas se rallier à une candidature unique de la droite.

« Les forces locales me soutiennent. Je ne désespère pas de ramener Marc-Philippe Daubresse à la raison pour rejoindre notre liste, souligne Thierry Pauchet. Après 30 ans passés à Lambersart, il ne représente pas une alternative crédible. »

« J’ai la notoriété pour moi, rétorque Marc-Philippe Daubresse. Thierry Pauchet ne dépasse pas 3 % dans les sondages que j’ai pu voir. J’ai été investi par mon parti. Né à Lille, 25 ans député notamment du Vieux-Lille, j’ai toute légitimité. » Aux dernières nouvelles, les deux hommes continuent, néanmoins, de se parler.

Incertitudes au RN

Si on pousse un peu plus à droite, personne à l’horizon. En 2014, Eric Dillies avait obtenu 18 % des voix au 2nd tour sous la bannière Front national. Depuis, le troisième homme – derrière Martine Aubry et Jean-René Lecerf (ex-LR) – a quitté le parti de Marine Le Pen lors du changement de nom. Aujourd’hui sans étiquette, Eric Dillies s’interroge. « Je n’ai pas encore pris ma décision. Lille, c’est un gros morceau. Il faut pouvoir le digérer », avoue-t-il à 20 Minutes.

Le Rassemblement national (RN) n’a pas non plus désigné de candidat pour succéder à Eric Dillies. « Le RN s’en fiche de Lille. Ce n’est pas une priorité, regrette l’ancien FN. Pourtant, il y a une possibilité de battre Martine Aubry, cette fois. »

A gauche toute

De l’autre côté de l’échiquier politique, les regards se tournent vers EELV et LFI, les deux formations capables de dépasser 10 % au premier tour. Les deux partis présentent un binôme. Stéphanie Bocquet et Stéphane Baly avaient été désignés, en juin, pour les Verts ; pour LFI, Julien Poix et Elodie Cloez ont pris la tête, jeudi, du collectif citoyen « Décidez pour Lille ».

Fort de son excellent résultat à Lille aux élections européennes, EELV rêve de renverser l’alliance avec Martine Aubry au 2nd tour. En, revanche, chez les Insoumis, le rapprochement semble aujourd’hui totalement exclu. Et sans le député Adrien Quatennens comme tête de liste, il va falloir se faire connaître. « Notre notoriété va se construire par l’action que nous menons quotidiennement dans les quartiers », annonce Julien Poix.

Aubry attendue début octobre

Enfin, à moins d’une grosse surprise, Martine Aubry annoncera sa candidature, début octobre. Le spectre de la division, qui a également plané sur le PS avec les velléités de Patrick Kanner, semble s’estomper. L’ancien ministre de François Hollande risque que se ranger derrière la maire de Lille qui briguera un 4e mandat.