Municipales 2020 à Toulouse : Jean-Luc Moudenc, « en discussion avec LREM », entend rester maître à bord

POLITIQUE Après l’annonce de sa candidature au cours du week-end, le maire sortant de Toulouse a expliqué qu’il comptait poursuivre les projets lancés et était en discussion avec LREM

Béatrice Colin
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Jean-Luc Moudenc (LR), le maire sortant de Toulouse.
Jean-Luc Moudenc (LR), le maire sortant de Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Après avoir fait durer un suspense relatif, le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), a annoncé qu’il briguait un nouveau mandat.
  • « Macron-compatible », il est en discussion avec LREM et indique qu’il donne jusqu’au 30 octobre aux partis pour indiquer s’ils veulent se lancer à ses côtés.
  • Dans son programme, le maire compte s’appuyer sur les grands projets déjà lancés et aborder des questions d’écologie ou encore de démocratie.

Après sa lettre distribuée dans les boîtes aux lettres des Toulousains au cours du week-end pour annoncer qu’il briguait un nouveau mandat, Jean-Luc Moudenc a choisi le cadre bucolique de l’île du Ramier pour expliquer ses motivations à la presse.

Un exercice que le maire sortant a désiré faire seul, sans adjoint, avec pour seul décorum deux feuilles A4, comme si elles avaient été imprimées à la va-vite, avec le nom de sa future liste : « Aimer Toulouse ». Pas de chichi, pas de faste pour ce lancement qu’il veut – sciemment – proche des Toulousains.

Il n'a pas sollicité d'investiture

Sachant la défiance qui existe envers les partis traditionnels, il n’a sollicité l’investiture d’aucun d’entre eux, même pas du sien, Les Républicains. Il ne s’en affranchit pas non plus totalement puisque leurs adhérents représenteront 50 % de sa liste quand l’autre moitié sera composée de citoyens non encartés.

« Les partis ont un rôle important dans notre démocratie, ils vont participer selon les règles que je fixe. Jusqu’au 30 octobre ils pourront se positionner de manière formelle pour ceux intéressés pour intégrer notre démarche. D’ici le 1er décembre, ils pourront désigner les candidats qu’ils me proposeront », indique Jean-Luc Moudenc qui présentera sa liste avant les fêtes de fin d’année.

En discussion

Naturellement, le sortant se tournera vers les partis qui composent aujourd’hui sa majorité, y compris la majorité présidentielle. « La République en marche a cinq élus dans ma majorité actuelle. Les discussions sont lancées comme LREM l’a souhaité », poursuit celui que l’on dit depuis toujours « Macron-compatible ». Il échange aussi bien avec des cadres locaux du parti, comme le députe Jean-François Portarrieu, qu’avec son délégué général, Stanislas Guérini.

Mais pas question de transiger, d’être dépendant d'une logique de partis qui pourrait donner un sentiment « de confusion générale » comme dans le camp d’en face.

Projets déjà lancés

Jean-Luc Moudenc décide donc et arbitre. Sur la composition de sa liste, tout comme sur les projets. Il y sera question de démocratie directe, de logement ou encore « d’écologie sans idéologie ». Pas de grands projets par contre comme ce fut le cas lors de sa campagne de 2014 avec la troisième ligne de métro, mais la concrétisation de ceux déjà lancés. Que ce soit la poursuite de la reconversion du site de la Grave, la transformation du Ramier en poumon vert de la Métropole ou encore la création d’un auditorium à la place de l’ancienne prison Saint-Michel que l’Etat est désormais prêt à céder pour 5,5 millions d’euros.

« Les grands projets prennent du temps, la troisième ligne de métro par exemple, je vois bien qu’elle est menacée par la coalition rouge/verte des ultras qui la remet en cause », avance l’élu qui se pose en défenseur des valeurs républicaines. Dans sa ligne de mire, Archipel Citoyen, qu’il considère dogmatique. Et pour dénoncer ce mouvement, en fin communiquant, il cite les critiques émises à propos d’Archipel par l’ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen, ou encore ses challengers socialistes, Nadia Pellefigue et Claude Raynal.