Municipales 2020 à Strasbourg : Après l’annonce de son retrait, Robert Herrmann peut-il revenir dans le game ?

POLITIQUE Un éventuel retour dans la course aux municipales du président de l'Eurométropole, Robert Herrmann, rend nerveux les candidats à Strasbourg 

Nils Wilcke

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Robert Herrmann, le président de l'Eurométropole laisse planer le doute sur une éventuelle candidature aux municipales.
Robert Herrmann, le président de l'Eurométropole laisse planer le doute sur une éventuelle candidature aux municipales. — G.Varela/20 Minutes
  • Le président de l'Eurométropole Robert Herrmann, laisse entendre qu’il pourrait revenir dans la course aux municipales après avoir annoncé son retrait de la vie publique cet été. 
  • Un retour qui pourrait s'expliquer par le « flou » au sein de la majorité municipale, selon le politologue Philippe Breton, directeur éditorial de l'Observatoire de la vie politique et sociale en Alsace (Ovipal).  
  • Pour la majorité des élus interrogés, la décision de Robert Herrmann de partir rend difficile un retour dans la campagne. 

Reviendra ? Reviendra pas ? Après l'annonce fracassante de son retrait de la vie publique cet été, le président de l’Eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg, Robert Herrmann, laisse entendre qu’il pourrait reprendre la course aux  municipales.

Ou plutôt, il affirme que ses soutiens lui demandent de revenir sur sa parole, comme l’intéressé l’a déclaré dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Une information qu’il confirme à 20 Minutes. « Oui, un certain nombre de personnes m’ont sollicité dans le cadre des municipales », indique-t-il. Sans ouvrir complètement la porte à une candidature : « Ma décision n’est pas arrêtée et je m’exprimerai le moment venu », précise l’élu.

Robert Herrmann pourrait jouer la carte du recours

Comment expliquer ce possible revirement ? Le président de l’Eurométropole avait pourtant fermé définitivement la porte à toute candidature aux municipales le 18 juin dernier lors d’une conférence de presse organisée en urgence dans son bureau au centre administratif. Il considérait alors que « le contexte politique n’était pas réuni pour sa candidature ». Le contexte aurait-il évolué en sa faveur depuis cet été ?

Pourtant, ses rapports avec les écolos sont toujours au point mort. Ces derniers ne lui pardonnent pas d'avoir fait du GCO (Grand contournement ouest) l’un des dossiers emblématiques de son mandat. « On a coutume de dire que le fossé entre les Verts et Robert Herrmann, fait 24 km, soit la longueur du GCO », glisse Jeanne Barseghian, probable candidate pour la liste de rassemblement « Strasbourg écolo & citoyenne ».

« On est dans une telle situation de flou qu’il peut avoir la tentation de se poser en sauveur, explique le politologue Philippe Breton, directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique et sociale en Alsace (Ovipal). A Strasbourg, l’espace politique s’est resserré au centre, donc Robert Herrmann pourrait jouer la carte du recours, face à une gauche divisée ».

« Il a fait le choix de partir »

Un recours éventuel qui ne passe pas à gauche. « Je suis consterné par cette bataille des ego. Je trouve cela indécent pour les Strasbourgeois », réagit l’adjoint Paul Meyer (ex-PS, Coopérative), qui entretient des relations notoirement houleuses avec le président de l’Eurométropole.

Au PS, on partage cet avis même si le ton est plus diplomatique. Le parti doit désigner sa tête de liste pour les municipales le 10 octobre après le dépôt des candidatures qui aura eu lieu entre le 9 et le 23 septembre. Un parti qui semble divisé entre l’adjoint Mathieu Cahn et l’ex-député Philippe Bies. Sollicité, ce dernier ne souhaite pas s’exprimer avant cette date. En revanche, Mathieu Cahn ne cache pas son scepticisme face à un éventuel retour du président de l’Eurométropole. « J’ai regretté qu’il se retire de manière aussi définitive mais il a fait le choix de partir », tranche l’élu. « D’autant que si je me suis lancé, c’est aussi parce qu’il ne se présentait pas », ajoute le socialiste.

« Il a réussi à faire reparler de lui »

« Robert Herrmann a été clair sur son retrait, affirme le premier adjoint Alain Fontanel (ex-PS, désormais LREM), présenté comme le dauphin de l’actuel maire de Strasbourg, Roland Ries. Il en a confirmé le caractère définitif à plusieurs reprises et je n’ai aucune raison de ne pas le croire ». En off, des élus de la majorité municipale se montrent beaucoup plus sévères avec le président de l’Eurométropole.

« C’est une question de dignité, observe l’un d’entre eux. Il est parti avec une certaine classe et maintenant, il va avoir l’air de s’accrocher à son fauteuil, c’est regrettable ». Quelle que soit sa décision finale, Robert Herrmann a au moins réussi à faire reparler de lui. « C’est une stratégie un peu usée, observe le politologue Philippe Breton. Mais de son point de vue, il doit considérer qu’il est légitime ».