Municipales 2020 à Rennes : LREM et EELV partent à l’assaut de la forteresse socialiste

POLITIQUE Alors que la maire sortante Nathalie Appéré n’est pas encore officiellement candidate, ses adversaires écologiste et marcheur lancent leur campagne

Jérôme Gicquel

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Illustration de la mairie de Rennes.
Illustration de la mairie de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • A Rennes, bastion socialiste depuis plus de quarante ans, le scrutin municipal s’annonce très serré.
  • LREM et Europe Ecologie-Les Verts se verraient bien gagner la capitale bretonne.
  • Pour conserver son siège, la maire sortante Nathalie Appéré devra réussir à unir le bloc de gauche, estime le politologue Romain Pasquier.

En 2020, cela fera quarante-trois ans que les socialistes détiennent les clés de la mairie de Rennes. Mais les choses pourraient changer aux prochaines élections municipales. Longtemps réputée imprenable, la capitale bretonne se prépare à un scrutin indécis. Très indécis même pour le politologue Romain Pasquier qui assure que « ce sera peut-être le combat politique le plus dur pour Nathalie Appéré ».

Mais alors que la campagne s’emballe et que ses adversaires sortent tous du bois, la maire sortante semble pour l’heure assez tranquille. « Je serai candidate, ce n’est un secret pour personne, indique-t-elle. J’ai un bilan à défendre. Mais le temps de la campagne n’est pas encore venu car j’ai encore beaucoup à faire ». Quand se lancera-t-elle dans la bataille ? « Pas avant la fin de l’année », prévient-elle.

Carole Gandon (LREM) lance sa campagne

En attendant, ses challengers occupent tous le terrain en cette rentrée politique. Première à s’être déclarée candidate, Carole Gandon (LREM) réunira ses troupes ce jeudi pour le lancement officiel de sa campagne.

L’objectif est clair : mettre la main sur Rennes, une ville gagnée par la vague macroniste lors de la présidentielle et des législatives en 2017. « Rennes peut faire mieux. On a tous les ingrédients pour être une ville modèle. Or on a l’impression que c’est la ville du pas assez », a-t-elle déclaré lundi.

EELV se voit déjà « en tête au premier tour »

Le parti présidentiel n’est pas le seul à lorgner sur la capitale bretonne. Fort de son succès aux Européennes, Europe Ecologie-Les Verts ne cache pas ses ambitions. Alliés de Nathalie Appéré au sein de l’actuelle majorité, les Verts ont annoncé en fin de semaine dernière qu’ils présenteront une liste autonome aux municipales. « Nous sommes en capacité d’être en tête du premier tour. On s’y est préparé », assure Matthieu Theurier, fortement pressenti pour être tête de liste.

Déjà candidat en 2014, il estime même que les écologistes seraient « en capacité de réunir l’ensemble de la gauche » au deuxième tour, de la France insoumise au Parti socialiste. Réagissant à l’annonce des Verts de présenter une liste, Nathalie Appéré n’a pas caché sa déception. « Je le regrette. Je n’ai pas sauté de joie quand j’ai appris ça car j’estime que nous avons fait du bon boulot ensemble », a-t-elle déclaré à 20 Minutes.

La victoire passera par des alliances, selon Romain Pasquier

Dans ce contexte, Romain Pasquier estime que « personne n’est dans une situation confortable ». A commencer par la maire sortante qui va devoir « s’imposer comme le leader du bloc de gauche ». « Mais si les Verts, qui feront peut-être tandem avec les Insoumis, arrivent en tête au premier tour, cela va poser de grosses difficultés », souligne le politologue.

Dans une ville où le bloc de gauche pèse lourd, Carole Gandon devra également rassembler plus largement. « Si elle ne fait pas alliance, elle sera battue », prévient Romain Pasquier. Mais l’hypothèse d’un ticket avec Pierre Breteau, maire de Saint-Grégoire et candidat désigné par le MoDem, semble bien mal engagée. « Je ne suis pas favorable à cette notion de ticket. Il faut faire passer le projet avant les questions de personnes », a réagi Carole Gandon. A six mois des élections municipales, les tractations ne font donc que commencer.