Municipales 2020 à Strasbourg : Les écolos veulent-ils avaler le PS pour gagner la ville ?

POLITIQUE Avec leur liste de rassemblement, les écolos veulent ratisser large à gauche pour les municipales à Strasbourg

Nils Wilcke

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Un électeur dépose son bulletin dans l'urne pour le second tour des municipales, le 30 mars 2014 à Strasbourg
Un électeur dépose son bulletin dans l'urne pour le second tour des municipales, le 30 mars 2014 à Strasbourg — Frederick Florin AFP
  • A Strasbourg, EELV a lancé une liste de rassemblement baptisée Strasbourg écolo & citoyenne.
  • Outre qu’elle permet de se différencier des autres partis, cette liste peut permettre aux écolos strasbourgeois de prendre des voix à gauche et notamment au PS.
  • Une stratégie qui ne fait « pas peur » au seul candidat déclaré à ce jour pour la tête de liste socialiste de Strasbourg, Mathieu Cahn.

EDIT: Dans un mail, l’adjoint au logement Philippe Bies (PS) tient à préciser que le parti socialiste désignera sa tête de liste pour les municipales de Strasbourg le 10 octobre prochain. 

Les écolos vont-ils ne faire qu’une bouchée du parti socialiste aux prochaines élections municipales à Strasbourg comme ils l’ont fait aux européennes ? Avec 20,69 % des voix pour les Verts contre 7,7 % pour le PS lors des dernières élections, les écolos strasbourgeois veulent ratisser large pour faire le plein.

« Un ou une maire écologiste à Strasbourg, c’est possible », lance Jeanne Barseghian, co-présidente du groupe EELV au conseil municipal de Strasbourg et seule candidate déclarée à la liste de rassemblement baptisée Strasbourg écolo & citoyenne. Pour se démarquer, le parti a en effet décidé de créer une liste de rassemblement il y a 6 mois, avant tous les autres candidats.

Prendre des voix de gauche ?

Objectif affiché, « aller au-delà des partis et fédérer différentes sensibilités », explique Alain Jund, adjoint au maire chargé de l’urbanisme depuis cinq ans et ancienne tête de liste en 2014. Tout en prenant un maximum de voix à gauche ? Certains membres du parti le reconnaissent à demi-mot : « Avec notre liste, nous sommes dans une dynamique plus large et rassembleuse avec plusieurs personnalités de gauche », se réjouit ainsi Jeanne Barseghian.

Plusieurs sympathisants et mouvements de la gauche strasbourgeoise parmi lesquels Alexandre Feltz (Place Publique), ainsi que l’écologiste Eric Schultz, ou encore Syamak Agha Babaei (Le Labo citoyen) ont rejoint les écolos. La tête de liste sera désignée officiellement lors du vote d’une « assemblée citoyenne » le 5 octobre. Sauf coup de théâtre, Jeanne Barseghian est d’ores et déjà assurée de l’emporter.

« Je n’ai pas peur si tout le monde fait preuve d’intelligence »

Les candidatures sont encore ouvertes jusqu’au 21 septembre et il est possible d’adhérer à l’assemblée afin de voter jusqu’au 28 septembre. « Nous voulons impulser un véritable changement écologique, social et démocratique avec ce nouveau mode de désignation », avance l’élue Jeanne Barseghian.

Les socialistes, affaiblis par leur maigre score aux dernières élections européennes, craignent-ils la stratégie de leurs alliés écolos ? « Non, je n’ai pas peur, répond Mathieu Cahn, candidat à la tête de liste PS à Strasbourg. Si tout le monde fait preuve d’intelligence pour que les différentes listes de gauche se rassemblent au second tour ». Tout en lançant une mise en garde aux écolos : « Il ne faut pas se tromper d’adversaires. »

« Le renouvellement passe aussi par des figures féminines »

Manière de rappeler que les Verts et le PS ont pris part à l'exécutif de Strasbourg pendant cinq ans. La stratégie de rassemblement des écolos peut-elle payer ? « La nature sociologique du vote vert est plus indifférente aux personnes que dans les autres partis. C’est d’abord un vote d’adhésion pour un projet. EELV et ses alliés attirent une population plus jeune et renouvelée », observe le politologue Philippe Breton.

« Leur probable tête de liste est une femme, c’est un plus qui peut faire la différence, précise-t-il. Un argument mis en avant par Jeanne Barseghian : « Le renouvellement passe aussi par des figures féminines », glisse-t-elle. « Avec mes mandats, j’ai remarqué que plus on allait dans les hauteurs du pouvoir, moins les femmes étaient présentes. Cela doit changer. » Ce sera aux électeurs de trancher.