Municipales 2020 à Nice: La gauche partira-t-elle unie ?

POLITIQUE Des rapprochements sur le fond apparaissent mais le choix de la tête de liste s’annonce délicat

Fabien Binacchi

— 

Patrick Allemand a été tête de liste en 2008 et en 2014 (ici, le 6 mars)
Patrick Allemand a été tête de liste en 2008 et en 2014 (ici, le 6 mars) — Archives ANP / 20 Minutes
  • Les sensibilités de gauche s’accordent à Nice sur leur volonté de créer une liste d’union pour les élections municipales de 2020.
  • Le choix de la tête de liste s’annonce compliqué.
  • Plusieurs cadres des partis voudraient écarter Patrick Allemand, déjà candidat en 2008 et 2014.

Ces derniers jours, tous ont semblé s’accorder au moins sur une chose : leur volonté de porter une liste d’union de la gauche, du PS à EELV en passant par le PCF et le PRG, aux prochaines élections municipales à Nice. Un rapprochement qui permettrait à ces différentes sensibilités d’avoir une carte à jouer face à une droite qui partirait très éclatée (avec Christian Estrosi, Philippe Vardon et peut-être Eric Ciotti).

Là où cela coince, en revanche, c’est sur la tête de cette hypothétique superliste. Et c’est Patrick Mottard qui a attaqué le premier la semaine dernière dans les colonnes de Nice-Matin. Le leader du PRG 06 préférant au socialiste Patrick Allemand (33,17 % en 2008 et 17,84 % en 2014) « quelqu’un de jeune encore » et « qui a un profil rassembleur ». Soit, selon lui, Xavier Garcia, le premier secrétaire du PS 06.

« Deux mandats c’est bien, il faut du renouvellement »

Les représentants locaux d’EELV aussi se prononcent sans équivoque pour voir un autre visage sur les affiches. « Pour nous, ce n’est pas "tout sauf Allemand", c’est juste "pas Allemand" », explique Fabrice Decoupigny, interrogé par 20 Minutes. « Deux mandats, c’est bien. La politique est en train de changer, il faut du renouvellement », poursuit le conseiller municipal qui siège aux côtés de Juliette Chesnel-Le Roux.

« C’est dans l’air du temps. C’est du dégagisme pur et simple », s’agace Patrick Allemand, en réponse, précisant qu’il n’avait encore, de toute façon, rien dit de ses ambitions pour le prochain scrutin. « Tout le monde veut son siège au sein de l’assemblée municipale et on se dit que dégager Allemand, ça fera une place de libre en plus. »

Sur le fond, Patrick Allemand, lui aussi, voit apparaître dans les premières discussions des rapprochements sur le fond. Qu’il verrait organisées selon trois axes : « l’environnement avec des actions à long terme, la justice sociale et le mieux vivre ensemble ».

EELV ne veut plus avoir une position « supplétive » sur la liste

Et le PCF, aussi, s’accorde « sur le programme » pour lequel « des points de convergence existent ». Mais « les choses se gâtent dès qu’il est question de la liste et en particulier de la tête de liste », pointent les porte-paroles niçois Robert Injey et Emmanuelle Gaziello. Selon eux, « en raison du contexte local et du faible niveau électoral de la gauche à Nice depuis 2012, une multiplication des listes pourrait faire disparaître totalement la gauche du conseil municipal ».

Alors qui pour prendre les rênes de cette union, si ce n’est pas Allemand ou encore Garcia ? EELV y verrait bien un des siens. Notamment après le score obtenu aux Européennes (11,87 % à Nice). « Tout le monde veut faire de l’écologie. Soit. Mais, nous, nous avons une vraie légitimité pour l’incarner. EELV supplétif, c’est terminé », tranche Fabrice Decoupigny.