Municipales 2020 à Saint-Nazaire: Après l'affaire de violences sexuelles, le PS gèle l'investiture du maire

POLITIQUE Le premier secrétaire du PS Olivier Faure estime que David Samzun aurait mieux dû gérer la crise qui secoue la mairie de Saint-Nazaire

J.U. avec AFP

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Le maire socialiste de Saint-Nazaire David Samzun.
Le maire socialiste de Saint-Nazaire David Samzun. — L.Venance/AFP
  • Depuis le mois de mai, la mairie socialiste est secouée par une grave crise, déclenchée par une affaire de violences sexuelles.
  • La procureure a décidé d'un classement sans suite mais le maire David Samzun, est épinglé.

Les municipales 2020 se lancent dans un climat agité à Saint-Nazaire. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a confirmé ce week-end le gel de l’investiture de David Samzun, comme l’a révélé Presse Océan. L’édile en place est en effet remis en cause après l’affaire de violences sexuelles qui a touché la mairie. Le point.

De quelle affaire parle-t-on ?

Depuis le mois de mai, la mairie socialiste est secouée par une grave crise après qu’une élue a accusé l’un de ses collègues de violences sexuelles survenues il y a plusieurs années, évoquant un « rapport non consenti ». Le PS avait envoyé une délégation, composée de l’ancienne ministre aux Droits des femmes Laurence Rossignol, tandis que la procureure Sylvie Canovas-Lagarde avait ouvert une enquête du chef de viol pour des faits commis en 2014, révélés en juin par le « courrier d’une élue ».

La victime présumée, Gaëlle Betlamini, avait démissionné du conseil municipal (comme deux autres élues) mais n’avait pas porté plainte. En mai, l’adjoint aux Finances Martin Arnout, visé par les accusations, avait déposé plainte pour diffamation à l’encontre de la première adjointe de Saint-Nazaire. La procureure avait classé les deux affaires sans suite, les investigations n’ayant pas permis « de caractériser les éléments constitutifs du viol ».

Qu’est-il reproché à David Samzun ?

Le patron du PS estime que le premier édile aurait mieux dû gérer les événements. « Nous ne disons pas que le maire n’a rien fait (…) Mais la seule sanction prise l’a été à l’encontre des femmes qui ont été des lanceurs d’alerte et qui se sont vues signifier qu’elles ne figureraient pas sur la liste du maire sortant à l’occasion de la prochaine campagne municipale. Ça, ce n’est pas possible », estime Olivier Faure, qui se dit même prêt à perdre le bastion socialiste.

« On ne peut pas avoir applaudi l’émergence du mouvement MeToo et agir de manière à laisser perdurer un climat qui conduirait à ce que les femmes soient considérées comme des objets ou des proies (…) A ce stade, il est acté qu’il n’y a pas de possibilité d’accorder l’investiture socialiste au maire sortant » David Samzun, a déclaré Olivier Faure à Presse Océan. « La situation sera gelée tant que des discussions ne seront pas engagées avec la ville et qu’un éclaircissement de la situation soit obtenu », a-t-il précisé.

Quelles sont les réactions ?

Dans un communiqué, le maire David Samzun affirme avoir appris par voie de presse, que la commission d’enquête du PS avait rendu ses conclusions mi-juillet. Il assure n’avoir exclu aucun élu. « Je n’ai exclu personne, ni retiré aucune délégation à aucun.e de mes adjoint.es. J’ai simplement indiqué que le candidat que je suis prendra la liberté de constituer sa liste librement », se défend-il. La section PS nazairienne, ainsi que plusieurs élus comme le président du conseil départemental Philippe Grosvalet, ont apporté leur soutien à David Samzun.

Dans les rangs des ex-membres de l’équipe municipale, on salue « les mots courageux » d’Olivier Faure. « Nous prenons aujourd’hui acte de la décision prise par le bureau national du PS » et « nous saluons le message très important qu’elle envoie aux femmes », déclarent dans un communiqué les trois élues démissionnaires Gaëlle Bénizé-Thual, Laurianne Deniaud et Régine Le Bail.