Des militants LREM lors d'un meeting à la Mutualité pour les européennes, le 24 mars 2019.
Des militants LREM lors d'un meeting à la Mutualité pour les européennes, le 24 mars 2019. — ISA HARSIN/SIPA

POLITIQUE

Municipales 2020 en Bretagne: LREM annonce ses candidats à Brest et à Quimper mais pas à Rennes

C’est toujours le flou à Rennes entre Carole Gandon et Pierre Breteau

  • La République en Marche a annoncé les noms de 24 nouveaux candidats et candidates pour les municipales 2020.
  • La députée Annaïg Le Meur et le conseiller municipal et régional Marc Coatanéa ont été investis respectivement à Quimper et à Brest par LREM.
  • En revanche, Carole Gandon n’est toujours pas investie à Rennes où se pose la question d’une alliance avec le maire MoDem de Saint-Grégoire, Pierre Breteau.

Il n’y avait pas que Paris, mercredi soir. Si toute l’attention médiatique était focalisée sur le duel entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani – arbitré par Hugues Renson – dans la capitale, LREM a dévoilé au total les noms de 24 candidats et candidates investies par le parti pour les municipales 2020. Une troisième vague d’investitures scrutée avec attention en Bretagne où plusieurs villes étaient concernées.

À Quimper, Annaïg Le Meur en concurrence avec le maire Ludovic Jolivet

Les choses se sont notamment décantées à Quimper (Finistère), avec la nomination de la députée Annaïg Le Meur. Celle-ci y sera en concurrence avec le maire sortant Ludovic Jolivet, qui a récemment quitté Les Républicains pour rejoindre Agir, le parti rassemblant les élus de droite proches de la majorité présidentielle.

Deux candidats que l’on aurait donc pu imaginer dans le même camp. Mais « certains, en particulier au centre-droit, se sont affichés comme Macron-compatibles par opportunisme politique », souligne le politologue breton Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, en référence à Ludovic Jolivet.

Or, ajoute-t-il, « dans sa logique de parti, LREM a besoin d’un ancrage local et cherche à s’implanter dans les villes moyennes ». Et parmi celles-ci, Quimper a tout de la cible idéale pour les marcheurs. « C’est une ville très centriste, qui bascule souvent », précise ainsi Romain Pasquier.

Marc Coatanéa veut faire tomber Brest, bastion PS, dans l’escarcelle de LREM

À 70 km plus au nord, à Brest (Finistère), c’est Marc Coatanéa qui a reçu l’investiture du mouvement macroniste. Favori de Richard Ferrand, le conseiller municipal et conseiller régional, ancien membre du PS, entend bien faire tomber la cité portuaire, bastion socialiste depuis 30 ans, dans l’escarcelle de LREM.

Son principal atout sera « les difficultés actuelles du PS brestois, empêtré dans les affaires et les tensions internes », explique Romain Pasquier. En filigrane du scrutin municipal, poursuit-il, se dessine « la concurrence entre François Cuillandre [l’actuel maire PS] et Richard Ferrand sur l’hégémonie politique brestoise » – le président de l’Assemblée nationale est député de la 6e circonscription du Finistère.

Reste en effet une question en suspens : « François Cuillandre se représentera-t-il ? Sinon, comment fera le PS sans le maire pour incarner son bilan ? », s’interroge le politologue, rappelant que Brest a « beaucoup changé » sous ce mandat.

Carole Gandon poussée à entamer des discussions avec Pierre Breteau

Si on y voit donc plus clair à Quimper et Brest, c’est en revanche le grand flou à Rennes (Ille-et-Vilaine) où Carole Gandon n’a toujours pas été investie par LREM. Les états-majors parisiens pousseraient ainsi la référente départementale d’En Marche à entamer des discussions avec le maire MoDem de Saint-Grégoire, Pierre Breteau, qui a annoncé fin juin sa volonté de mener un rassemblement de la droite et du centre, « à condition d’être le mieux placé ».

Y aura-t-il un ticket Gandon-Breteau pour la ville et la métropole ? « Pierre Breteau a pour lui l’expérience mais je pense qu’il n’ira pas sur Rennes car c’est la meilleure façon d’apparaître comme un parachuté et d’être battu », estime Romain Pasquier. Quant à Carole Gandon, « c’est une femme jeune, qui incarne davantage le nouveau monde et peut mordre sur un certain électorat écolo bobo ».

« La seule façon de gagner pour Carole Gandon, ce serait une triangulaire avec une bisbille à gauche »

Mais pour elle, le risque d’une alliance avec Pierre Breteau serait de « droitiser le ticket », selon le politologue. « Nathalie Appéré aurait ensuite beau jeu de dire que Carole Gandon s’est alliée à la droite, affirme-t-il. Ce n’est pas un choix facile à faire. »

Rennes est-elle réellement gagnable pour LREM ? « Ça va être très difficile, pense Romain Pasquier. La seule façon de gagner pour Carole Gandon, ce serait de bénéficier d’un contexte national favorable et d’avoir une triangulaire avec une bisbille à gauche entre le PS et EELV. » Car en cas d’union de la gauche au second tour, Nathalie Appéré jouerait sur du velours.