Municipales 2020 à Paris: Chez LREM, le match est-il plus serré que prévu entre Griveaux et Villani?

POLITIQUE Ce mardi, les candidats La République en marche sont auditionnés durant quarante-cinq minutes par la commission nationale d’investiture du parti pour désigner le chef de file aux municipales de 2020

Romain Lescurieux

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Quatre des six prétendants macronistes à l'investiture pour les municipales à Paris : Hugues Renson, Cédric Villani, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux.
Quatre des six prétendants macronistes à l'investiture pour les municipales à Paris : Hugues Renson, Cédric Villani, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux. — SIPA
  • Qui sera le chef de file LREM aux municipales de 2020 à Paris ? Trois hommes sont candidats à l’investiture dans la capitale.
  • Le verdict est attendu mercredi. Certains élus émettent des doutes.

L’heure du choix approche. Ce mardi, les co-présidents de la commission nationale d’investiture (CNI) Marie Guévenoux et Alain Richard, vont recevoir les prétendants de LREM afin de désigner le chef de file aux municipales de 2020 à Paris. Vendredi, ils étaient encore cinq: Antonio Duarte, Benjamin Griveaux, Anne Lebreton, Hugues Renson et Cédric Villani. Ce samedi, ils n'étaient plus que quatre Lebreton soutenant Villani. Puis trois dimanche, avec le désitement de Duarte pour Griveaux.

Au programme : 45 minutes de grand oral sur des thématiques comme « probité et éthique du candidat », « ambition de son projet pour la commune », « faisabilité du projet », « implantation locale », « capacité de rassemblement » ou encore « connaissance du territoire ». Une formalité ? Mercredi, l’ancien secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi a créé la surprise en jetant l’éponge pour rallier le député mathématicien Cédric Villani, qui a affiché de nombreux soutiens lors d’un meeting jeudi soir, rebattant ainsi les cartes d’un match pour lequel Benjamin Grivaux faisait figure de favori.

« Ils peuvent maintenant rejoindre Benjamin Griveaux »

« Je trouve ce rapprochement [Mahjoubi, Villani] très positif : c’est le début du rassemblement ! Main dans la main, ils peuvent maintenant rejoindre Benjamin Griveaux », rigole une élue parisienne En Marche, pro-Griveaux. « Benjamin Griveaux reste le candidat qui s’est, et de loin, le plus impliqué dans la vie du mouvement à Paris depuis son élection et dans la construction collective de notre projet. Il est le candidat que souhaite une très large majorité de militants et d’élus, qu’ils viennent de droite ou de gauche », fait-elle savoir. Du côté de Cédric Villani, on se sent porté par la dynamique. « Cédric Villani a une personnalité intéressante qui apporte quelque chose de nouveau à Paris », estime un autre élu de la capitale.

Le soutien de Mounir Mahjoubi « nous renforce, il est une des figures majeures du mouvement [LREM], a été secrétaire d’Etat, il est jeune, issu de la diversité, c’est un élu parisien, très attaché à sa ville, du 19e arrondissement », indiquait-t-on à 20 Minutes, mercredi, dans l’entourage de Cédric Villani. « Son soutien, c’est un symbole fort. Et ce n’est pas politicien, ça a été un cheminement des deux candidats et leurs équipes pour essayer de trouver la meilleure voie possible pour les Parisiens. Il porte l’éco-progressisme, nous la “ville douce”, on a des valeurs communes », conclut-on dans l’équipe de l’ancien mathématicien. Et de préciser : « D’un point de vue de la sociologie électorale, à deux on a vocation à parler autant aux électeurs écolos qu’aux amis de Pierre-Yves Bournazel [candidat ex-LR] ».

D’autant que les prises ne s’arrêtent pas là : l’ancien député marcheur Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a également apporté son soutien à Cédric Villani à quelques jours des entretiens. Le nom du chef de file doit être connu le lendemain, le 10 juillet. A coup sûr ?

« Pas certain qu’on ait de la fumée blanche le 10 »

« Il reste trois candidats, dont deux sérieux. Il peut y avoir beaucoup d’hésitations, des interrogations. 24 heures pour se décider c’est très rapide… Si ce n’est pas clair et net de la part de la CNI, ça peut mériter de prendre plus de temps avant de se décider. Je ne suis pas certain qu’on ait de la fumée blanche le 10. Il n’est pas exclu d’avoir de nouvelles auditions. Mais il ne faut pas que ça dépasse fin juillet pour connaître le candidat », note Jérôme Dubus, conseiller de Paris LREM et président du groupe Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI, pro-Macron).

Jeudi lors de son meeting, Cédric Villani, a fait part de sa crainte d’une « désignation trop précipitée du candidat ». A l’inverse, l’ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux souhaite une décision rapide. « Il faut un candidat avant l’été car il y a beaucoup de choses à faire en septembre », commente Julien Bargeton​, président du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris et soutien de Benjamin Griveaux. « Quoi qu’il arrive, il faudra un rassemblement derrière celui qui l’emporte. C’est indispensable. Il y a dans leur dossier d’audition, un engagement clair à soutenir le candidat choisi. J’espère que ce sera respecté », reprend Jérôme Dubus.

Du côté des élus de ces différentes formations politiques parisiennes pro-Macron au Conseil de Paris, on se tient prêts à se mettre en ordre de bataille derrière le candidat et fusionner sous l’étiquette « En Marche Paris ».