Municipales 2020 à Toulouse: Comment Jean-Luc Moudenc jongle entre pas encore candidat et candidat

POLITIQUE Bien qu’il ne le soit pas officiellement, Jean-Luc Moudenc, le maire sortant de la Ville rose, multiplie les sorties en mode candidat. Pour preuves un premier « meeting » en bonne et due forme et un livre… sur Toulouse

Helene Menal

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Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, lors de ses vœux à la presse, le 10 janvier 2019.
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, lors de ses vœux à la presse, le 10 janvier 2019. — F. Scheiber / Sipa
  • Toujours pas officiellement candidat aux municipales de 2020, Jean-Luc Moudenc, le maire sortant de Toulouse, fait tout comme.
  • Il vient de sortir un livre sur Toulouse, d’être la vedette d’un meeting et de réactiver son microparti.
  • L’ambiguïté agace déjà prodigieusement l’opposition.

Qu’on se le dise, Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse, est « au travail » et par conséquent pas officiellement candidat à sa succession. Mais c’est tout comme. Après avoir multiplié les communications sur son bilan de mandat, sous le slogan « cinq ans de progrès » et site Internet à l’appui, il a donné samedi un «meeting». Un vrai meeting avec, plaisante l’édile, « buffet CAMPAGNARD », mais aussi des fanions à son nom agités, et une entrée en musique. « Je n’ai pas été ambigu du tout. J’ai dit à mes amis [1.500 personnes] que l’on devait se préparer collectivement […], admet-il, et qu’il ne faut pas se laisser endormir par les sondages », tous favorables il est vrai à neuf mois du scrutin.

Lors de cette grande réunion, Jean-Luc Moudenc a annoncé le lancement de l’association «Pour Toulouse ». Il s’agit en fait d’une nouvelle appellation pour l’association « Toulouse Ensemble » qui recenserait déjà 10.000 membres dans ses fichiers. Dans la plus pure tradition baudisienne, ce microparti « transcourants politiques » a l’immense avantage de pouvoir recueillir les dons de particuliers et de créer une communauté de fidèles qui, en temps voulu, pourront quadriller la ville avec leurs paquets de tracts.

« Je suis de la minorité de ceux qui sont nés à Toulouse »

Jean-Luc Moudenc, le 24 juin 2019, lors de la présentation de son livre dans un bar du Mirail.

Les participants au meeting ont eu droit à une autre primeur : l’annonce de la parution ce lundi d’un livre sous la plume du maire qui n’a « besoin que de quatre heures de sommeil ». Intitulé Promenades Toulousaines*, l’ouvrage fait du trois en un. Il raconte l’histoire des quartiers de la Ville rose, fait un point sur les réalisations de l’équipe municipale puis livre la vision de l’avenir de Jean-Luc Moudenc. « Je suis de la minorité de ceux qui sont nés à Toulouse. Cette expérience, cette authenticité me donne un avantage », estime l’intéressé. Au détour de souvenirs personnels et de photos de famille en vignettes, il livre aussi, un tout petit peu de lui.

Lundi, pour la présentation officielle du livre, le maire a pris la peine d’expliquer que ses collaborateurs qui étaient présents avaient pris « une demi-journée de congé », histoire de pas tout mélanger. Trop tard. Son activisme de candidat a déjà prodigieusement agacé l’opposition municipale, en particulier l’épisode « Cinq ans de progrès ».

La commission des comptes de campagne alertée

« Ce qui me pose problème c’est qu’il dise qu’il n’est candidat alors que c’est la première fois à Toulouse qu’il y a une campagne de communication de cette ampleur sur un bilan de mandat. Il se paie une opération de communication électorale avec l’argent des Toulousains », s’insurge le socialiste François Briançon, conseiller municipal d’opposition. L’élu annonce avoir saisi sur le sujet la Commission nationale des comptes de campagne en lui demandant « d’être vigilante à l’avenir ». Car François Briançon sait que pour l’heure le maire « est dans les clous ». Ce n’est qu’à partir du mois de septembre, six mois avant le scrutin, qu’il devra scrupuleusement séparer ses dépenses de candidat de celles du maire toujours au travail. En se précipitant avant l’été pour peaufiner son image, il ne prend aucun risque. Juste une longueur d’avance sur ses futurs adversaires dont les noms ne sont toujours pas connus.

*16,90 euros aux éditions Privat