Municipales 2020 à Versailles: Embouteillage, pollution, migrants… Quels sont les enjeux de l'élection?

POLITIQUE A un an des municipales en France, « 20 Minutes » liste les enjeux de l’élection. A Versailles, c’est l’environnement, la circulation, ou encore la solidarité qui compteront

Marie de Fournas

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Hotel de ville de Versailles
Hotel de ville de Versailles — Stéphane D/Flickr
  • Si aucun candidat ne s’est encore déclaré pour briguer la mairie de Versailles en 2020, les enjeux de la future élection municipale commencent à se dessiner.
  • 20 Minutes est allé à la rencontre des Versaillais et des associations pour faire le point sur les thématiques de la campagne à venir.

A Versailles, du côté de personnalités politiques, les élections municipales sont encore (officiellement) loin. Ni François de Mazière, réélu en 2014 dès le premier tour avec plus de 55 % des voies, ni l’opposition n’ont annoncé leur candidature. « Versailles a toujours été de droite et le maire est apprécié, je ne pense pas qu’il y aura de grosses surprises aux prochaines municipales », souffle-t-on à 20 Minutes sur le marché Notre-Dame où la plupart des gens confient avoir la chance de bénéficier d’un très bon cadre de vie dans cette ville. Cependant, quelques points soulevés par des habitants et des associations pourraient compter lors de la campagne.

Environnement

« On est assez en retard sur la question du recyclage, souligne Hélène, qui habite à Versailles depuis plus de 10 ans. Il n’y a pas assez de poubelles bleues devant les immeubles, je dois souvent marcher pour aller jeter mes ordures. » « Les consignes de tri sont assez brouillonnes. Les gens ne savent pas trop quoi faire, donc ils ne font pas », complète Béa, membre du groupe Citoyens pour le climat Versailles.

« La ville est dans une cuvette. Il n’y a pas beaucoup de vent : l’air est donc pollué, explique Anne Boisroux-Jay, présidente de l’association Versailles Environnement Initiative. Nous disposons d’une borne Airparif et lors du dernier pic de pollution, nous étions dans le rouge comme Paris. Versailles est traversée au sud par la N12 et par la D10 qui se divise en plusieurs branches dans la ville. Toute cette circulation pollue l’air, et occasionne également une pollution sonore dans les quartiers autour. »

Transport

Si tous les habitants interrogés s’accordent à dire qu’ils bénéficient d’un excellent réseau de transport en commun, les embouteillages restent le point noir. « C’est saturé matin et soir. Il faudrait que la ville se donne les moyens avec la police nationale d’empêcher la traversée de Versailles par de nombreux camions qui ne font que suivre leur GPS sans s’arrêter. Pourtant, l’entrée est interdite aux plus de 10 tonnes », souligne Claude Ducarouge, président de l’association Sauvegarde et Animation de Versailles et Environs (SAVE).

« La police ne verbalise pas les voitures mal garées ou en double file, assure Marie-Christine qui vit ici depuis près de 40 ans. Cela occasionne des embouteillages terribles les jours de marché ou à la sortie des cours par exemple. » Des places de stationnements dans les rues et parkings existent, « mais elles sont toutes payantes et ce n’est pas donné », déplore Catherine, qui habite dans un quartier excentré.

Solidarité

« En 2016, il y a eu des manifestations sur la place d’arme du château contre l’installation d’un camp d’hébergements d’urgence. Fabien Bouglé, président de la liste Versailles Familles Avenir et candidat aux municipales 2014, y avait déclaré : “Ici nous mangeons du porc, buvons du vin et nos femmes n’ont pas comme seule alternative d’être violée ou voilée” », se rappelle Philippe Demergue, membre de l’association d’aide aux migrants Voisins Solidaires. Aujourd’hui, un camp avec une centaine personnes, géré par la Croix rouge, se trouve en périphérie de la ville. « Pour l’instant, ça ne pose pas de problème, principalement parce que ça ne se voit pas, mais rien ne dit qu’il n’y aura pas de nouveaux migrants et une urgence d’accueil. Il faudrait accroître la capacité d’hébergement dans les bâtiments inoccupés appartenant à la ville ». Face au manque de logements, son association a lancé un pôle d’hébergement d’urgence pour les femmes seules ou avec enfants et les mineurs isolés.

Jeunesse

« Si vous aimez la musique classique, c’est parfait, vous trouvez un concert n’importe quel soir. Pour tout ce qui est culture alternative, c’est un peu plus compliqué ! », souligne Béa. Pour trouver son bonheur, la quarantenaire se déplace alorsvers Montreuil ou Aubervilliers.

Si des initatives pour les jeunes existent, elles ne sont pas toujours correctement relayées. « Il faut aussi que la ville améliore et modernise ses moyens de communication pour les habitants, notamment via les maisons de quartier et leur site Internet. Elles n’ont aucun moyen de publier en ligne leurs activités ou de valoriser les animations qu’elles proposent et que les associations pourraient relayer », constate Claude Ducarouge.