Municipales 2020 à Cannes: Social, football, ciné… Quels sont les enjeux de l’élection?

POLITIQUE A un an des municipales, 20 Minutes liste les enjeux de l’élection. A Cannes, on va parler de social, de cinéma, de représentation de l’opposition… et même de football

Fabien Binacchi

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La mairie de Cannes (illustration).
La mairie de Cannes (illustration). — Christophe Finot / Creative Commons
  • Aucun candidat n’est encore déclaré à la mairie de Cannes, mais des stratégies semblent déjà se dessiner.
  • Parmi les thèmes qui devraient animer la campagne près de la Croisette : social, cinéma, représentation de l’opposition et football.

Des stratégies qui se mettent en place mais aucun candidat encore déclaré. A Cannes, à un an des élections municipales de mars 2020, on préfère attendre.

Même si une nouvelle candidature de David Lisnard ne fait aucun doute et que les opposants du sortant eux-mêmes ont du mal à imaginer un autre scénario que celui de sa réélection… En attendant, des thématiques et des enjeux se dessinent déjà. Opposition, social, cinéma et même football devraient animer les prochains débats.

Amener d’autres couleurs au conseil municipal

Le principal adversaire de David Lisnard en 2014, Philippe Tabarot, ne siège plus depuis octobre 2015. Le RN (ex-FN), troisième force au conseil municipal après la dernière élection, n’est plus représenté en attendant le nouveau scrutin, ses trois élus ayant tous abandonné le parti de Marine Le Pen. « Il n’y a plus d’opposition à Cannes et ce n’est pas sain. Il peut y avoir des dérives », avance Erick Elbaz.

Nouveau venu dans la politique cannoise, ancien référant des Républicains AGIR dans les Alpes-Maritimes, il vient de créer le Mouvement initiative citoyenne. Pour se déclarer en campagne ? Même s’il « apprécie ce que David Lisnard fait pour la ville, il faut proposer autre chose », dit-il, précisant : « ce sera moi ou quelqu’un d’autre ».

Proposer autre chose, c’est aussi ce que compte faire le communiste Dominique Henrot. Tête de liste Front de gauche en 2014 (3,44 %), il aimerait changer de stratégie pour que la gauche, partie en ordre dispersée la fois dernière, franchisse au moins la barrière du premier tour. Une liste d’union va être proposée à toutes les organisations PS, EELV et France insoumise pour essayer « de retrouver une représentation au conseil municipal, une tribune », explique le responsable.

LREM aussi pourrait s’inviter dans l’élection cannoise, « si le maire sortant n’est pas favorable à une alliance », tranche Enis Sliti, le chef de file du parti présidentiel dans les Alpes-Maritimes. Une équipe travaille sur un projet.

La question sociale dans la ville des contrastes

Cannes, le faste de sa Croisette… et ses quartiers plus populaires. Terres de contrastes et de paradoxes où le prix de l'immobilier peut varier de 3.100 à 50.000 euros du mètre carré, la cité des festivals affiche aussi un taux de pauvreté parmi les plus hauts du département. Soit 18,9 % selon les derniers chiffres publiés par l’Insee en 2018, bien au-dessus de la moyenne des Alpes-Maritimes établie à 15,8 % et surtout de la moyenne nationale, à 14,2 %.

Comment renverser la vapeur ? C’est sans doute un des axes sur lesquels les candidats à la mairie auront matière à débattre. Les opposants au maire sortant ne manquent d’ailleurs pas de critiques à son égard. « Rien n’est vraiment fait pour les jeunes qui vivent dans les quartiers », tance Dominique Henrot.

Et le communiste d’ajouter : « A peine élu, David Lisnard a décidé de stopper les efforts entrepris par notre commune depuis 15 ans pour rattraper son retard en matière de logement social. Nous plafonnons donc depuis 3 ans à 17 % de logements sociaux au lieu des 25 % prévus par la loi ». En début d’année, le sortant avait prévenu : « Nous ne défigurerons pas la ville. »

Des projets pour le cinéma dans la cité du 7e art

Avec le festival du film – et désormais celui des séries, la ville est reine dans l’univers des images animées. Mais comment faire pour aller encore plus loin ? Si l’équipe de David Lisnard a concrétisé les projets d'une université, consacrée en grande partie au travail scénaristique (première rentrée cette année), et d'un multiplexe (pour juin 2020), il reste d’autres pistes que les aspirants à la marie pourront creuser.

Et notamment celle d’un musée du cinéma, véritable serpent de mer cannois. Ce dossier, dont on parle depuis années près de la Croisette, sera entre les mains du prochain maire à un stade déjà avancé, des études et des appels à financeurs ayant déjà été lancés. D’autres perspectives « 7e art » pourraient aussi s’ouvrir à l’ouest de la ville, avenue Francis-Tonner, sur les anciens terrains industriels d’Ansaldo Breda. Ce site, interdit de logements par le PLU, au grand dam de promoteurs immobiliers, pourrait accueillir des plateaux de tournages. L’idée a été lancée par le maire sortant.

« Capitale du sport en plein air »… et l’AS Cannes ?

Création d’un plan des pistes de jogging, de zones de fitness en bord de mer… Depuis 2016, la ville de Cannes se revendique « capitale du sport en plein air » et se compare même à Sydney, Rio ou encore Miami. Et le foot dans tout ça ? L’avenir de l’AS Cannes, club centenaire et formateur d’illustres champions (Zinédine Zidane en tête), en difficulté depuis les années 2000, devrait intéresser les candidats à la mairie.

Ancien de L1, tombé jusqu’en 7e division, le onze de la cité des festivals était remonté en CFA2, désormais National 3, en 2016. Mais depuis, rien. Le plan de sauvetage présenté par la ville cette année-là, propulsant un certain Johan Micoud comme président, n’a pas encore porté ses fruits. En 2018, la ville a versé une subvention de 800.000 euros à l’Association sportive de Cannes football, soit 100.000 euros de moins qu’au Racing club de Cannes, le club de volley féminin.